Mme Réki Moussa Hassane Djermakoye, présidente du Comité de gestion du FSSP
Créé dans un contexte marqué par la volonté des autorités de renforcer la résilience du Niger, le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP) s’est progressivement imposé comme un instrument de mobilisation nationale. Grâce à l’adhésion croissante des citoyens, des entreprises et des institutions publiques, il dispose aujourd’hui de ressources en constante progression qui lui permettent de soutenir prioritairement les Forces de Défense et de Sécurité tout en accompagnant des projets structurants dans les domaines de la souveraineté alimentaire, du développement économique et de la mobilisation citoyenne.
Au total, le FSSP a mobilisé 61 795 379 852 de francs CFA de sa création à la date du 24 juillet 2026. Les recettes sont passées de 5 581 647 279 de francs CFA en 2023 à 17 835 417 341 en 2024, avant de s’établir à 15 020 097 919 en 2025. En seulement sept mois, l’exercice 2026 affiche déjà 23 358 217 313 de francs CFA, soit le niveau annuel le plus élevé depuis la création du Fonds. Une progression que la présidente du comité de gestion du FSSP Mme Réki Moussa Hassane Djermakoye attribue à l’entrée en vigueur des nouvelles mesures de mobilisation des ressources introduites par l’Ordonnance n°2025-35 du 22 octobre 2025. « L’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures de mobilisation a constitué un véritable tournant. Les ressources du Fonds ont connu une progression de plus de 300 %. Cette dynamique nous permet aujourd’hui de disposer de moyens beaucoup plus importants pour répondre aux besoins du pays. Mais au-delà des mécanismes de financement, cette progression reflète surtout l’engagement patriotique des Nigériens qui continuent d’adhérer à la vision portée par les plus hautes autorités du pays en matière de souveraineté nationale », souligne Mme Réki.
Des investissements au service de la sécurité et de la souveraineté alimentaire
Pour la présidente du comité de gestion du FSSP, dans le contexte que connaît le Niger, il est essentiel de mettre à la disposition des FDS les moyens nécessaires pour accomplir efficacement leurs missions de protection des populations et du territoire national. Ainsi, plus de 95 % des dépenses du Fonds sont orientées vers le renforcement des capacités des Forces de Défense et de Sécurité. Les projets de développement représentent 4,2 % des investissements, tandis que 0,8 % sont consacrés à la mobilisation des ressources et au fonctionnement.
Les investissements réalisés ont permis l’acquisition de nombreux équipements au profit des Forces de Défense et de Sécurité. Notamment des véhicules, des motos, des matériels techniques et de transmission, des infrastructures ainsi que des dépenses urgentes liées aux opérations de sécurité. « En prenant en compte les dernières commandes en cours de réception, nous sommes à plus de 900 véhicules Toyota mis à la disposition des Forces de Défense et de Sécurité. Pour les motos, nous avons déjà livré plus de 3 000 unités et plus de 2 280 autres sont en cours de réception », précise la présidente du FSSP. L’institution participe également au financement de la sécurisation des convois de marchandises, ainsi qu’à la mise en place de plusieurs dispositifs destinés à renforcer la protection des populations et du territoire national.
Au-delà de la sécurité, il y a des investissements au service de la souveraineté alimentaire. Le FSSP accompagne également des projets qui répondent aux défis de la souveraineté alimentaire et du développement économique. Pour Mme Réki, ces investissements participent à une même ambition, celle de permettre au Niger de produire davantage, de créer des emplois et de mieux valoriser ses propres ressources.

C’est dans cette logique que le Fonds contribue au programme Grande irrigation. Les financements portent notamment sur l’aménagement des terres agricoles et la réhabilitation de sites, en particulier dans les zones affectées par l’insécurité. À travers ces actions, le FSSP accompagne les efforts engagés pour développer les filières riz, maïs et blé. « Nous participons au programme Grande irrigation parce qu’il contribue à la souveraineté alimentaire. Il ne s’agit pas seulement de produire davantage, mais aussi de créer des emplois et de permettre aux populations de retrouver une activité économique durable », explique la présidente du comité de gestion du FSSP.
Cette volonté de soutenir la production nationale se retrouve également dans le projet de promotion du riz local. Le Fonds achète le riz paddy directement auprès des producteurs, le fait transformer avant de le remettre sur le marché à un prix accessible aux ménages à faibles revenus. « Cette approche permet de maintenir la valeur ajoutée au niveau national tout en soutenant la production locale et l’accès des populations à une alimentation de qualité » indique Mme Reki avant d’annoncer qu’un nouveau contrat vient d’être signé pour étendre cette opération à l’ensemble des régions du Niger
Le développement de la filière poisson s’inscrit dans la même dynamique. En partenariat avec des partenaires techniques et financiers, le FSSP investit dans la chaîne de conservation et de commercialisation afin de réduire les pertes après la capture et d’améliorer les revenus des pêcheurs. Des comptoirs sont en cours de réalisation ou déjà opérationnels à Bosso, N’Guigmi, Diffa, Zinder, Maradi et Niamey. L’objectif est de maintenir la qualité du poisson tout au long de son acheminement vers les marchés de consommation et de renforcer la contribution de cette filière à l’économie nationale. Pour la présidente, ces investissements doivent avant tout servir les intérêts stratégiques du pays. « Notre mission est de contribuer à la souveraineté du Niger sur les plans sécuritaire, alimentaire et économique. Tous les projets que nous finançons doivent créer de la richesse et des emplois au profit des Nigériens », affirme-t-elle.
Au-delà du financement des projets, le FSSP mène également un travail de mobilisation sociale
L’action du FSSP ne se limite pas au financement de projets. Une part de son intervention est consacrée à la mobilisation sociale, un volet que la présidente du comité de gestion du FSSP Mme Réki Moussa Djermakoye considère comme essentiel.
Selon elle, la contribution financière n’est que l’aboutissement d’un processus plus large fondé sur le patriotisme, le civisme et le sens de l’intérêt général. « Nous expliquons toujours que le Fonds n’est pas seulement une question d’argent. Il y a un esprit derrière ce mécanisme. Avant de demander une contribution, nous parlons du pays, de ses défis, des valeurs de la Refondation et de la responsabilité de chaque citoyen. » C’est dans cet esprit que le FSSP finance le projet ‘’Illimi da Nasiha’’, consacré à la sensibilisation sur la citoyenneté, la solidarité, la civilité, la lutte contre la désinformation et les dangers liés à la consommation de stupéfiants. Selon les responsables du Fonds, plus de deux millions de Nigériens ont déjà été touchés par ces campagnes.
Parallèlement, pour répondre à l’appel de Tillabéri du Président de la République, Chef de l’Etat, un dispositif a été déployé à travers la mise en place d’un vaste réseau de Comité de Gestion des Collectes dans chaque village administratif dans des communes rurales et chaque quartier des communes urbaines sur l’ensemble du territoire national. Aujourd’hui, 10 885 comités couvrent environ 92 % des villages et 92 % des communes du Niger. Chaque comité est chargé d’organiser une journée mensuelle de solidarité. Ces rencontres offrent aux habitants un espace d’échange sur les préoccupations de leur localité, les enjeux nationaux et les valeurs citoyennes avant toute collecte de contributions. « Ce n’est qu’après ces discussions que la caisse est présentée. La contribution reste volontaire. Nous voulons avant tout renforcer la cohésion sociale et faire comprendre aux Nigériens que le Fonds est un instrument construit par eux et pour eux », insiste Mme Réki Moussa Djermakoye. La présidente salue également l’implication des administrateurs délégués, dont l’engagement a permis d’étendre rapidement ce dispositif sur l’ensemble du territoire.
Des perspectives tournées vers la production nationale
Le FSSP entend poursuivre cette dynamique au cours des prochaines années. Le soutien aux Forces de Défense et de Sécurité restera au cœur de ses priorités, tout en renforçant les investissements destinés à favoriser le retour à la terre et le développement des filières agricoles porteuses. L’ambition est également de créer, selon les besoins de chaque région, des unités de transformation capables de conserver sur place la valeur ajoutée des productions nationales.
Dans le domaine de la sécurité, l’institution envisage aussi d’encourager la fabrication locale de certains équipements actuellement importés, à travers la mise en place d’ateliers de production. Pour Mme Réki, cette orientation s’inscrit dans une ambition claire. « Nous voulons que les investissements du Fonds contribuent durablement à la souveraineté du Niger, en renforçant la sécurité, en créant des emplois et en développant nos capacités de production ».
En 2026, la progression des ressources mobilisées permet au FSSP de renforcer ses capacités d’intervention et de poursuivre sa mission. Au-delà des chiffres, l’institution met en avant une démarche fondée sur la solidarité, la responsabilité citoyenne et des investissements dans des secteurs stratégiques pour l’avenir du pays.
Aminatou Seydou Harouna (ONEP)
