Dans le domaine pétrolier les autorités attachent du prix à un partenariat équilibré
Nationalisation ou création de sociétés, toilettage des textes encadrant le secteur des mines, comme pour le secteur pétrolier, l’objectif affirmé par les autorités de la refondation est la protection de l’intérêt national. Une ambition traduite entre 2024 et 2026 par plusieurs mesures. Il s’agit entre autres du retrait de permis miniers attribués, quelques années auparavant, aux entreprises Areva (devenue ORANO) et Goviex ; la création de deux sociétés d’Etat, notamment « Mazoumawa National Gold Company » pour l’exploitation de l’or, et « Timersoi National Uranium Company » pour l’exploitation d’uranium ; la nationalisation de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAIR) et de la Société des Mines du Liptako (SML) ; l’adoption d’une Ordonnance relative au Contenu Local, etc.
Concernant la nationalisation de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAIR) et de la SML, a rappelé le ministre des Mines lors de son entretien bilan sur le plateau de la RTN au début du mois de mai 2026, l’Etat du Niger a pris ces décisions pour défendre la souveraineté économique du pays, maîtriser ses ressources stratégiques et protéger l’intérêt national. « Pour la SOMAIR, l’exploitation de l’Uranium se poursuit normalement grâce aux dispositions prises par l’Etat du Niger », a déclaré le Commissaire Colonel Abarchi Ousmane.
Quant à la SML, le gouvernement justifie sa nationalisation par le non-respect des engagements contractuels et les faibles performances dans la production. Après la nationalisation, l’Etat œuvre pour la reprise effective de la cadence de production.
L’adoption dans ce contexte d’une Ordonnance relative au Contenu Local vise à promouvoir l’utilisation des biens et services locaux ainsi que la formation et le développement des capacités, compétences locales, le transfert de technologie, etc.
Concernant l’apport du secteur minier au Niger, les recettes, a précisé le ministre des mines, ont été dominées par la Redevance Minière. Le secteur minier nigérien, a-t-il indiqué, peut-être un véritable levier de croissance économique du pays à condition de bénéficier d’un minimum d’investissement. Ce qui est visé à travers l’adoption du Fonds de développement minier devant être alimenté par les recettes minières afin de servir au développement de la recherche géologique et minière et d’industrialiser ainsi le secteur.
Le ministre des Mines se réjouit des résultats tangibles du MOU et du nouveau dispositif fiscal et non fiscal-redevance initiale forfaitaire- de l’ordonnance 2024-37 modifiant la loi minière. Aussi, s’agissant de la gouvernance du secteur des mines, d’importants efforts sont cours pour la modernisation de l’administration avec la mise en ligne du cadastre minier. Désormais, les acteurs miniers n’auront pas à se déplacer pour avoir toutes les informations nécessaires car, ils ont la possibilité de faire leurs demandes et d’effectuer les paiements en ligne. Ce qui permettra à l’application de générer automatiquement l’arrêté, de renforcer la transparence dans le secteur minier et de réduire les temps d’attente.
En perspective, le ministre des Mines a évoqué l’octroi du permis d’exploitation du charbon pour le projet Salkadamna et les demandes de permis d’exploitation de charbon pour MCC pour le besoin de la cimenterie. « Les sociétés nationalisées et les nouveaux permis d’exploitation octroyés auront des résultats à court terme. Les sociétés nationales créées et les permis de recherche octroyés auront des résultats attendus à long terme. Les actions entreprises permettront in-fine de garantir notre élan de souveraineté sur les substances minières de notre pays », a déclaré Commissaire Colonel Abarchi Ousmane.
Souley Moutari (ONEP)
