samedi 31 octobre 2026

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Entretien exclusif du Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani : « Aucune puissance ne saura venir à bout d’un peuple    déterminé, d’un peuple prêt à se battre pour sa dignité»

· ONEP NE
Lors de l’entretien
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M. le Président de la République, le 18 juin dernier, l’aéroport international Diori Hamani de Niamey a été attaqué pour la deuxième fois en l’espace de six mois par une horde de terroristes. À cela, il faut ajouter les attaques répétées et coordonnées dans la région de Tillabéri, notamment dans les localités de Kirtatchi, Diagourou, Say, Torodi et Ouallam. Qu’en est-il exactement et comment expliquer cette situation ?

Avant de répondre à votre question, j’aimerais une fois de plus féliciter le peuple résilient de la Confédération, le peuple résilient nigérien qui, depuis notre arrivée le 26 juillet 2023, n’a cessé de lutter, lutter pour sa dignité, pour sa survie et pour sa souveraineté. Cette lutte qui donne des résultats malgré l’adversité féroce et acharnée de certains pays occidentaux, particulièrement européens. Également aux forces de défense et de sécurité, qu’elles trouvent ici, notre plus grande gratitude pour les sacrifices multiples et multiformes consentis. À tous nos martyrs, qu’ils soient civils ou militaires, nous prions Allah soubhanahou wa ta’ala qu’Il leur accorde sa Rahma, à nos blessés, qu’Il leur accorde un prompt rétablissement. Et je dirais au peuple nigérien affligé qu’il reçoive à travers vous le soutien permanent et indéfectible de la République.

Relativement à l’attaque qui s’est passée le 18 juin dernier à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, il ne faut pas se limiter à la horde comme vous l’avez annoncé, parce que le problème, ce n’est pas la horde des mercenaires que nous voyons, le problème c’est les sponsors. Ceux qui sponsorisent ces hordes de mercenaires qui endeuillent le Sahel à dessein. C’est eux qu’il faut d’abord décrypter. C’est ce qui m’amène à vous demander toujours de ne pas vous arrêter à la peinture superficielle. Il faut gratter pour savoir qu’est-ce qui se cache en dessous. C’est cela l’analyse critique et c’est ça l’esprit d’analyse également.

Pour un peu rappeler des faits ou des propos tenus pour que ce que je vais dire et ceux que je veux désigner ne tombent dans aucun doute, je dirais aux Nigériens de se rappeler, quand nous étions arrivés le 26 juillet 2023, Emmanuel Macron -les gens vont dire : «Ah, encore Emmanuel Macron». Mais encore Emmanuel Macron et toujours Emmanuel Macron, et avec Emmanuel Macron, la France, bien sûr-, il était en déplacement en Outre-mer, précisément en Guadeloupe. C’est de la Guadeloupe qu’il a présidé un conseil de défense sur le Niger. Dans leur mentalité, le Niger était une colonie et le Niger est toujours une colonie française. Ils ont décidé pour la France et contre le Niger, que nous avons une semaine, je dis bien nous avons une semaine, pour rétablir Bazoum. Au cas contraire la foudre va s’abattre sur nous. Mais nous avons vu de quel côté la foudre s’est abattue. Non satisfaits, ils ont actionné la marionnette CEDEAO qui déjà le 30 juillet, donc à peine 4 jours après notre intervention, avait également et dans le même sillage intimé l’ordre de rétablir l’ordre constitutionnel. Quel ordre constitutionnel y a-t-il dans une colonie ? puisque le Niger était une colonie jusqu’au 26 juillet 2023. N’en déplaise, nous avons gardé notre choix parce que c’est un choix responsable et assumé. Et ce n’est pas à une CEDEAO soumise et inféodée à la France de nous dicter les choix pour notre souveraineté.

La même période, en août 2023, vous vous rappelez du fameux Sylvain Itté, ambassadeur auprès de Bazoum, pas auprès de la République du Niger, qui avait ouvertement défié les autorités nigériennes. Nous étions surpris de son attitude, parce que nous avons été naïfs ; parce que pour lui, le Niger était la continuité de la France donc il n’y a rien d’exceptionnel qu’il ne reconnaisse les changements que nous avons opérés et qu’il applique la ligne de conduite qu’Emmanuel Macron et sa suite lui ont dictée.

Toujours 2023, en août, il y a eu plusieurs débats en France. Je fais ce rappel et je le fais parce que le rappel sauve, et ceux qui ont tendance à s’assoupir se réveilleront. Il y a un certain Vincent Crouzet, un agent de renseignement, parce qu’il disait que c’est un ex-agent. Mais en termes de services, il n’y a pas d’ex. Ils sont actifs jusqu’à la mort. Il est intervenu ouvertement sur une télé française pour dire que, compte tenu du fait que leurs troupes sont en train de se désengager du Niger, c’est l’occasion pour organiser et conduire des opérations de déstabilisation subversives contre le Niger. Mais il n’y a pas que Vincent Crouzet. Rappelez-vous du fameux général qui avait dit que dans un mois, dans deux ans, dans dix ans, ils seront obligés de traverser la Méditerranée, avec les armes et ensemble avec les autres pays de l’Union Européenne ou des autres pays de l’Europe -parce qu’il y a des pays qui ne font pas partie de l’Union européenne et qui sont actifs dans ces manœuvres de déstabilisation-pour défendre leurs intérêts. Le mot « armé » a tout son sens. Ce n’est pas diplomatiquement qu’ils vont venir. Et quand on dit de façon armée traverser la Méditerranée pour rétablir des privilèges perdus, ça nous rappelle et il faut qu’on ait de la mémoire, la colonisation.

La colonisation s’est faite en deux phases. Une première phase avec ce qu’ils ont appelé des explorateurs, mais ce ne sont, en termes militaires, que des éclaireurs. Et la deuxième phase qui a consisté à l’utilisation de la force pour massacrer des Africains. Parce que la colonisation n’a pas concerné que le Niger ou les pays du Sahel. Les Européens ont envahi nos États africains, ont massacré nos populations et ont pillé allègrement pendant des siècles nos richesses et nos ressources. Donc, c’est à ça que ce général faisait allusion.

Un autre homme politique, également français bien sûr, vous vous rappelez de Thierry Breton, avait ouvertement dit, et je le cite, je l’ai cité une fois ici, mais on ne le citera jamais assez pour que ceux qui continuent à somnoler se réveillent, donc je le cite : « c’est la stupidité d’un certain Emmanuel Macron qui a ouvert les yeux des Africains. Si les colonies africaines de la France nous échappent, j’ai dit si les colonies, je n’ai pas dit les anciennes colonies, si les colonies de la France échappent, l’immigration va changer de direction. Nos enfants, nos petits enfants vont chercher leur subsistance en Afrique. Le Mali, le Niger et le Burkina seront considérés comme un exemple pour l’Afrique. Et l’Europe, unie, doit combattre cette vision. Un de ces trois putschistes doit tomber. Les autres vont se raviser. L’Afrique n’a pas d’histoire. L’Afrique ne peut diriger le monde », fin de citation.

Je prends ce temps parce que rien que cette citation est suffisante pour tout esprit doté de sagesse, de dignité et d’indépendance pour comprendre que le combat ne fait que commencer, que le combat sera long, difficile, pénible. Mais c’est un combat entre ceux qui défendent leur dignité, ceux qui défendent leur statut tout simplement d’être humain, être humain sacré, être humain ayant des droits et ça, quelle que soit la race. Je le dis et je le répète parce que nous constatons avec regret qu’il y a certains compatriotes, certains Africains qui ont malheureusement perdu cet esprit de dignité, cet esprit d’indépendance, cet esprit de souveraineté. Donc, c’est un combat pour la dignité, pour la souveraineté, pour l’indépendance, pour l’être humain tout court contre l’autre volonté, celle de soumettre, de coloniser qui est une volonté conduite, sous-tendue par la cupidité sans égal et qu’on ne retrouverait nulle part ailleurs qu’en Occident. Que les gens comprennent que ce combat sera long et difficile. Ce combat n’est pas que le combat de Assimi Goïta, de Ibrahim Traoré ou de Tiani : c’est un combat de l’espèce africaine. Ce n’est pas seulement un combat des peuples du Sahel, c’est un combat de race que nous menons pour la survie de notre race. Je le dis et je le répète, cette citation a plein de sens.

Mais on ne s’arrête pas à ça. On cite d’autres hommes politiques français, notamment Jean-Noël Barraud., ministre des Affaires étrangères. Allez-y voir ses déclarations lorsqu’il intervenait devant le Sénat français le 9 avril, je crois, et le 20 mai. Vous comprendrez ce que vous devez comprendre. Écoutez Emmanuel Macron lors de ses multiples sorties dont la plus récente, je ne la répéterai pas parce que je ne suis pas un perroquet, qui s’est tenu au Kenya, à Nairobi plus précisément, où il s’est levé pour encore rappeler à l’ordre les Africains comme ils ont toujours fait et comme ils pensent être en devoir de faire parce qu’ils sont en face d’être inférieurs dont le statut et le rang n’ont aucune importance. Mais comme l’a dit un Nigérien, effectivement, ils ont le droit de le faire parce que c’est les Africains et les responsables africains qui ont permis que ce comportement, que cette attitude de condescendance perdure et perdure face aux Africains.

Emmanuel Macron, dans sa dernière intervention, avait tout simplement rappelé que nous n’avons pas d’autre choix que d’être les esclaves des salons comme nous l’avons toujours été. Mais Emmanuel Macron se rappelle : lui-même sa présence accidentelle en France ne date pas de plus de 50 ans, au moment où nous, nous étions en France il y a des milliers d’années. Nous sommes des êtres humains, même s’ils pensent que l’ingratitude n’est pas transmissible à l’homme, nous sommes des êtres humains avant l’accident climatique qui a conduit à l’apparition de la deuxième race. Allez-y lire ou écouter Cheikh Anta Diop pour vous en convaincre.

Les politiques ne sont pas les seuls. J’avais parlé du général Lecointre, pour ne pas le citer, mais je parlerai d’autres généraux encore plus récents ; il s’agit du général Thierry Bourcard qui était le chef d’état-major des armées françaises auquel a succédé le général Fabien Mendon, ou bien le général Pascal Yanni, ou bien les responsables des renseignements français notamment Émié qui a été remplacé par Lerner qui est actuellement le chef des renseignements français, la DGSE. Écoutez leurs interventions, écoutez leurs propos, vous comprendrez ce que j’avais dit au départ. J’ai jugé nécessaire de faire tout ce rappel pour que les gens comprennent quand je vais dire la horde de ceux qui sont venus la deuxième fois à l’aéroport sont des mercenaires à la solde de la France, mais de façon plus générale à la solde de l’Union européenne ou de l’Europe ou de l’Occident plus généralement. Et ça également, ce n’est pas moi qui l’ai dit, écoutez le sénateur belge Marc Botinga, vous comprendrez ce que l’Europe a cotisé en termes de milliards d’euros pour équiper leurs mercenaires qui pullulent au Sahel pour nous faire la guerre. Même les plus naïfs comprendront que quand on mobilise 12 000 hommes sur des motos pour chercher à envahir le Mali, ce n’est pas l’œuvre de vendeurs de vaches volées, de vendeurs de poules ou de coqs volés. Ce n’est pas non plus quelques prélèvements illicites de zakats qui ont permis de financer 12 000 hommes à moto et d’autres à bord de pickups. On l’a vu et le monde est témoin de cet état de fait. Mais le monde ne bouge pas. Nous, nous allons bouger parce qu’il y va de notre survie.

Donc, ceux qui sont venus à l’aéroport sont des marionnettes. C’est comme quelqu’un qui vous indique le soleil et que vous concentrez votre regard sur son doigt. Croire que ceux qui sont venus à l’aéroport sont des terroristes qui combattent pour une cause, c’est être extrêmement naïf et ne rien comprendre ce que je viens de citer. L’aéroport a été attaqué une deuxième fois parce que c’est de la survie de la France qu’il s’agit. Et la France va utiliser tous les moyens comme Emmanuel Macron l’a dit, et je le cite, qu’il ne quittera pas le pouvoir la queue entre les jambes. Avant de partir, il va régler les comptes aux ‘’Putschistes’’ du Niger prioritairement, ensuite ceux du Sahel, c’est-à-dire Assimi Goïta et Ibrahim Traoré. C’est de ça qu’il s’agit. C’est la France qui a financé. Nous avons des éléments de preuve et je vous le dirai.

Donc après, l’assaut contre l’aéroport, la nuit du 28 au 29 janvier, celui du 18 juin, toujours de la même année 2026 est une attaque au cours de laquelle ils ont reçu l’ordre de brûler intégralement l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, de tirer sur tous les passagers qui seraient présents à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Ils sont venus essentiellement de la rive droite, du Gourma. A la différence du conglomérat de l’attaque du 28 au 29 janvier qui avait regroupé des mercenaires du JNIM, de l’EIGS, de Lakurawa et autres ou anciens militaires, l’attaque du 18 juin 2026 était conduite par des mercenaires issus spécialement des rangs du JNIM, ce qu’ils appellent Nusra. C’est les Français qui les ont regroupés, qui les ont entraînés et qui ont donné des consignes claires, comme je l’ai dit, de détruire intégralement et totalement l’aéroport international Diori Hamani de Niamey.

Après leur formation, ils ont commencé leur mouvement, pour certains le vendredi 13 juin, pour d’autres le samedi et le dimanche. L’attaque a été planifiée pour être conduite sur trois sites simultanément. Le premier site, c’est l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Le deuxième site, c’est le palais de la Présidence et toutes les annexes. Et le troisième site qui devait être attaqué est Tondibia, le centre d’instruction des Forces Armées Nigériennes et l’école de formation des officiers. Pour cela, ils ont été dotés par les renseignements français en moyens de communication : chaque combattant avait reçu deux types de téléphone. Il y a une marque qu’ils appellent Techno pour ceux qui sont amateurs ou professionnels dans le domaine Techno 30, Spark 30 et il y a une autre marque IT 5606. Les spécialistes de la communication sauront de quelle marque je parle. Ils avaient reçu l’ordre de mener cette attaque sur ces trois positions. Mais nous ne sommes pas aussi, comme on le dit en langue, « Kanwa Lassa ».

Nous avons cessé d’être « Kanwa Lassa » qu’ils ont connu parce que nous avons pris notre destin en main. Ils ont leur planification, mais nous, nous avons aussi notre planification. Face à ce choix stratégique que nous suivons, bien sûr, que je ne vous dirai pas pour des raisons tout simplement stratégiques, nous avons conçu, comme toujours, et comme on sait bien le faire, une riposte. Cette riposte a permis d’interpeller déjà le commando qui était censé conduire l’attaque du palais et du centre d’instruction de Tondibia. Nous les avons interpellés le 16 et le 17 juin. Donc, un ou deux jours avant l’attaque.

L’autre commando dont on va retrouver le repère à 1 km à l’est de l’aéroport international Diori Hamani, nous connaissons sa composition exacte et nous connaissons ceux qui ont survécu à l’attaque du fait qu’ils ne soient pas neutralisés ou arrêtés, mais tout simplement parce que c’était les plus intelligents qui donnaient les ordres à partir de certaines résidences à la périphérie de Niamey et qui ont eu le temps de fuir quand ils ont découvert que l’attaque a échoué, bien sûr au grand dam de leurs sponsors français dont on a vu toute la déception.

Donc, l’attaque du 18 juin a été conduite par des mercenaires à la solde de la France, et cette attaque visait des objectifs et c’est pourquoi j’ai dit qu’il faut toujours poser des questions pour comprendre les enjeux. La première raison qui a conduit à cette attaque, vous vous rappelez, nous avons chassé au moins 4 000 militaires occidentaux de notre aéroport, de la base aérienne de Niamey. Particulièrement pour ce faire, la France voulait par tous les moyens montrer que tant qu’ils seront chez nous, nous serons en sécurité mais, tant qu’ils ne seront pas chez nous, nous serons en insécurité permanente. Mais nous, nous savons que ce semblant d’insécurité, ou cette insécurité permanente justement a pour but de montrer aux Africains que le « Seigneur français », le « dieu français », est le seul capable de les protéger.

Le deuxième objectif à travers cette attaque, c’est de donner une forme à leur guerre informationnelle qu’ils avaient développée à travers, vous vous rappelez, la cellule Sahel de l’Elysée qu’ils avaient conçue et mise en place en août 2024. Et, je l’ai rappelé parce que c’était un certain Jean-Marie qui était le responsable de cette cellule Sahel de l’Elysée et qui avait cette composante de guerre informationnelle, où il disait qu’il allait doter l’Elysée et le Quai d’Orsay d’une force de frappe informationnelle. Donc, il fallait montrer, à travers cette guerre informationnelle que les pays du Sahel particulièrement, qui sont aujourd’hui l’objet de tous les tirs groupés de la France, l’incapacité des Africains à s’auto-conduire, à s’auto-déterminer.

Une autre raison, vous savez que le Niger est un pays continental. Le Niger n’a pas de port. Donc, l’aéroport international Diori Hamani de Niamey est un point stratégique qui relie le Niger au reste du monde. Parce que les couloirs qui conduisent nos convois vers les ports sont soit systématiquement visés, là également, c’est à dessin, ou fermés. Et là également, nous savons les raisons qui nous ont conduits à prendre ces décisions-là ou à maintenir, acter les décisions et à tirer profit en tant qu’être humain des avantages que ces actes irréfléchis posés nous ont donnés. Ceux qui savent lire entre les lignes sauront de quoi je parle.

Donc, l’attaque du 18 juin n’est pas une surprise et ne doit pas être une surprise pour les Nigériens. Cette attaque n’est pas la dernière, parce que l’objectif n’étant pas atteint, les renseignements français sont actuellement à pied d’œuvre pour tenter une troisième attaque. Je le dis ici et je le répète, nous les avons à l’œil. Et pour ça, pour réussir cette attaque, la France d’Emmanuel Macron, qui nous qualifie toujours de putschistes, alors que s’il y a un putschiste au monde aujourd’hui, il n’y a pas plus qu’Emmanuel Macron. Il m’arrive, il arrive à Assimi Goïta et à Ibrahim Traoré de signer des ordonnances. Mais nous signons également des décrets parce que nous sommes des chefs d’État et des présidents de nos pays. Emmanuel Macron, depuis qu’il est là, qui ne se souvient pas de l’article 49.3 ? Il a toujours signé des ordonnances par 49-3. Même le budget d’avant-hier a été voté par 49-3. Donc, où est le putschiste ? Posez-vous la question et donnez-vous la réponse.

Cette même France ne va jamais abandonner. Ils n’ont jamais abandonné au Vietnam. Ils ont été contraints d’abandonner par le courage, le sacrifice des Vietnamiens. Ça sera la même chose en Afrique et au Sahel dont, je suis sûr, ils seront contraints d’abandonner parce que nous avons fait un choix, un choix de nous sacrifier pour nos États, pour nos pays ; un choix de nous sacrifier pour notre Confédération et un choix irréversible qui va au-delà de nos personnes : C’est un choix de tout un peuple. Et aucune puissance ne saura venir à bout d’un peuple déterminé, d’un peuple prêt à se battre pour sa dignité. Que le Nigérien ne se laisse pas traumatiser par le tapage médiatique qui a pour objet de montrer notre incapacité à nous auto-déterminer, notre incapacité à nous comporter en homme digne et souverain, notre incapacité à diriger nos États, notre incapacité à sécuriser nos États. Nous savons d’où vient la menace. Nous savons quels sont les sponsors de la menace et nous savons que ceux que nous confrontons, que nous tuons malheureusement, sont des frères africains parce qu’ils ne sont pas tous de l’espace du Sahel. Il y a d’autres qui viennent d’horizons lointains. Mais l’un dans l’autre, c’est des Africains que nous tuons. Et, c’est entre Africains, malheureusement, que nous nous entretuons au plaisir des puissances coloniales et néocoloniales, malheureusement et je le regrette.

De façon synthétique, même si je n’ai pas été synthétique, je dirais que l’attaque de l’aéroport international de Diori Hamani a été conduite, comme je l’ai dit d’ailleurs lors de la première attaque, par Emmanuel Macron qui est le défenseur des intérêts de l’Europe, une Europe qui s’est alignée systématiquement derrière lui et qui mobilise des milliards d’euros pour acquérir du matériel adapté au Sahel et conduire la destruction des peuples sahéliens, tout simplement pour préserver leurs intérêts. Ce n’est pas moi qui le dis. Allez-y encore écouter une fois de plus l’intervention le 12 juillet passé du sénateur belge, l’un des derniers lucides en Europe, et qui avait dit qu’il découvre après l’intervention de Gomart, que les milliards qu’ils cotisent servent à payer un armement et de l’équipement militaire adapté au Sahel, alors qu’on leur dit que c’est pour conduire une guerre contre la Russie. Il dit découvrir à travers l’intervention de Gomart la destination de ces milliards qu’ils sont contraints de prélever sur leurs frais d’hôpitaux, ce n’est pas moi qui le dis, sur leurs impôts et sur leurs fonds de l’éducation. Donc comprenez ce qu’il y a à comprendre. Le reste, c’est des commentaires et nous ne sommes pas pour les commentaires.

Voilà la réponse que je porterai à votre question, de savoir ce qui s’est passé, ce qui va se passer, parce que c’est notre choix qui gêne, c’est notre esprit d’indépendance qui gêne, qui perturbe, qui conduit à ces attaques que vous observez au Niger, au Mali et au Burkina.

Monsieur le Président vous avez bien expliqué les raisons des deux attaques au niveau de l’aéroport international de Niamey. Alors, la question qui revient régulièrement au sein de l’opinion publique, après toutes ces attaques, est-ce qu’aujourd’hui, il y a une stratégie pour contrer ces attaques ? Les gens se posent des questions sur cette stratégie militaire, que ce soit au Niger, au Burkina ou au Mali, parce que ces attaques sont courantes et répétées.

Mais s’il n’y a pas de stratégie, vous ne serez pas là en train de me poser la question. S’il n’y a pas de stratégie, les Nigériens qui se posent cette question-là ne seraient pas là à se poser cette question. Ils n’auront même pas le temps de se poser ces questions parce qu’ils seraient des esclaves soumis à la France. C’est ça la vérité. Donc, poser cette question, c’est faire preuve d’ingratitude face aux Forces de défense et de sécurité qui se sacrifient chaque jour. Je viens de le dire, apparemment vous ne m’écoutez pas. Ce n’est pas à ceux qui portent les armes que nous avons affaire. C’est face à l’Occident que nous combattons et que nous sommes débout. C’est face à l’Occident qui cumule toutes les richesses, qui fabrique toutes ces armes, qui développe toutes ces stratégies de colonisation, de néocolonisation, que nous nous battons.

Donc, que les Africains, ou plus particulièrement les Nigériens, se posent des questions, c’est parce que justement il y a cette stratégie qui leur permet de respirer et de poser des questions. La France a enregistré, de mars 2013 au 24 novembre 2024, plus de 100 attaques terroristes. S’il y a un champion en attaques terroristes c’est bien Paris, la capitale française. En un mois Paris a connu plus de 15 attaques terroristes. Ayez de la mémoire, rappelez-vous de la marche républicaine, où certains chefs d’État ont fait le déplacement de Paris, pour soutenir la France, la grande France ! C’est de là que nous sommes sortis, c’est de cet esprit-là que nous sommes sortis. Ça s’est passé à Paris, ça ne s’est pas passé à Niamey. Le 13 novembre 2015, quand la ville de Paris a connu en une nuit sept attaques terroristes, en une nuit, rappelez-vous, le président français était au stade. Il a été exfiltré. La même nuit, ils ont attaqué le Bataclan. Il y a eu 91 tués sur place. Après, le bilan est remonté à 135 morts en 30 minutes dans l’attaque du Bataclan. Rappelez-vous la boutade du président américain Donald Trump quand il avait dit -Bon, je ne vais pas le répéter en anglais, mais c’est en anglais qu’il l’avait dit- eux, aux États-Unis, ils ne sont pas comme la France, où on met « boum » et on dit « laisse », « Boum », on dit « laisse ». La maire de Paris a porté plainte contre Donald Trump. Bon, ça c’est pour se faire voir.

Donc, rappelez-vous, c’est des faits. Nous ne sommes pas dans l’imaginaire, nous ne sommes pas dans l’invention. Nous sommes dans la réalité. Nous ne sommes pas dans le virtuel. Donc, s’il y a une capitale qui a connu autant d’attaques, c’est bien Paris. Et Paris, ce n’est pas la capitale du Niger, ce n’est pas la capitale du Mali, ce n’est pas la capitale du Burkina Faso, c’est la capitale de la France. C’est pour vous dire que, aucun pays n’est à l’abri des attaques terroristes. Surtout, nous, qui faisons face à une guerre de néocolonisation. Ce n’est pas une guerre contre les terroristes, non. C’est ce qu’on veut vous faire croire. Mais quand je dis que c’est toute l’Union européenne, c’est toute l’Europe, c’est tout l’Occident qui cotise, qui participe à la levée des fonds pour mener ces guerres-là au Niger, au Mali et au Burkina, vous croyez que je le dis pour juste la volonté de dire ? Non. C’est des faits.

Rappelez-vous, il n’y a pas trois semaines, ces mêmes terroristes dont vous parlez, que nous appelons des mercenaires, avaient mis à prix la tête de Assmi Goïta, la tête des Généraux Diaw, Diallo et Lassina au Mali. Mais d’où leur vient l’argent ? Nous, nous le savons. L’argent leur vient à travers un dépôt qui a été fait en Côte d’Ivoire du 28 au 29 janvier. C’est un cargo qui transportait des fonds qui a fait un atterrissage forcé dans un pays de l’Afrique de l’Ouest que je ne dirai pas. Il transportait des dizaines de milliards. On connaît le montant exact. Quand ce pays, sur l’aéroport duquel le cargo a fait l’atterrissage forcé, a cherché à savoir qu’est-ce qu’il transportait, ils ont dit non, il n’y a rien. Les autorités du pays en question ont dit bon, vous convenez avec nous comme il n’y a rien, mais nous allons fouiller le cargo. Et c’est là où ils ont dit non, ils ne peuvent pas leur permettre de fouiller le cargo. Les autorités ont alors dit : ‘’ce n’est pas votre autorisation qu’on demande, on va fouiller le cargo’’. Et c’est là où, maintenant, ils ont reconnu que c’est des fonds qu’ils transportaient avec pour destination un pays qu’ils ont voulu incriminer. Les autorités du pays, où l’avion a fait cet atterrissage forcé ont donc appelé le pays supposé destinataire pour lui demander s’il reconnaît effectivement un convoyage de fonds. Ce pays contacté a dit non. Il n’attend aucun franc de la BCEAO. Maintenant, c’est là où les convoyeurs ont changé de pays pour dire, bon, on va en Côte d’Ivoire. Et c’est Abidjan notre destination.

Donc, il faut écouter, il faut vous renseigner pour ne pas vous limiter à la peinture qui couvre le mur. Il faut gratter pour savoir ce qui se cache en dessous de cette peinture et c’est ça le drame : nos gens aiment trop se limiter au superficiel. Ceux qui nous attaquent ou qui attaquent la Confédération c’est parce qu’ils sont superficiels pour tout être humain qui a encore un reste de dignité, un reste d’humain. Donc, que les Nigériens se posent des questions, je suis surpris. Parce que ça fait la énième intervention que je fais, je me dis qu’ils ont eu suffisamment d’éléments d’appréciation pour qu’ils utilisent cette faculté que Allah a placée dans leurs têtes pour analyser les événements et réfléchir surtout. Donc, justement, les attaques vont se répéter.

Il n’y a que notre détermination, notre volonté à contraindre les Français et les Européens, à changer de regard vis-à-vis des Africains qui pourraient mettre fin à ces attaques-là, comme d’autres peuples l’ont réussi en Asie, et à côté de nous, en Algérie. Vous croyez que les Algériens se sont couchés pour attendre la clémence des Français ? Les Algériens se sont battus. Mais je suis surpris que les gens pensent que la liberté s’obtient en se couchant sur le lit. La liberté, c’est des sacrifices, et des sacrifices sans limites. La souveraineté, c’est des sacrifices, et c’est des sacrifices sans limites. Et ce sont ces sacrifices là que nous sommes prêts à consentir pour réfléchir en hommes libres, nous promener en hommes libres, échanger avec toute autre civilisation en hommes libres. Nous sommes le départ, c’est ce que beaucoup ignorent. Rien que le Niger a plus de 10 000 ans d’organisation sociale. Tizilaouane, c’est dans le Ténéré, a aujourd’hui 10 000 ans. Des archéologues ont découvert des villages qui pratiquaient l’agriculture au moment où le Ténéré était humide. Donc, nous sommes au départ ; avant même que d’autres races n’apparaissent sur terre, notre race vivait, était organisée. Le premier roi du monde, près de 4 000 ans avant Jésus-Christ, c’est en Afrique, ce n’est pas en France ! Le premier roi français, vous savez, c’est en quelle année ? 466 après Jésus-Christ, pas avant, 466, et il avait quel âge ? Il avait 15 ans : Clovis Ier, le roi des Franciliens. C’est lui à 20 ans qui va coloniser par les armes les petites principautés françaises pour former le premier royaume français. Et le royaume qu’il a constitué, lui-même Clovis Ier a régné de 481 à 511 après Jésus-Christ. Nous, on vous parle de 4 000 ans avant Jésus-Christ, que l’Afrique avait le premier roi.

Il ne faut pas que les gens soient complexés. Lisez, instruisez-vous. Vous n’aurez de complexe face à qui que ce soit. Nous n’aurons de complexe face à qui que ce soit. C’est le choix que nous avons fait. Parce que nous avons connaissance de notre passé. Un passé glorieux. Et ce n’est pas des tout-venants, des pieds nus qui vont changer cette donne. C’est une vérité historique. On a tout fait pour la maquiller. Mais la vérité ne se maquille pas. Comme on le dit, le mensonge a beau courir, la vérité finira par le rattraper. Le mensonge a beau courir, la vérité historique finira par le rattraper. Donc, que les Nigériens ne se posent pas des questions face à la multiplication des attaques. Les Nigériens et les peuples de la Confédération doivent se poser les bonnes questions : pourquoi la multiplication de ces attaques et que devons-nous faire pour mettre fin à la multiplicité de ces attaques comme l’ont fait certains avant nous, notamment les vietnamiens et nos frères algériens en 1962.

Monsieur le Président pour changer de registre, la visite du nouveau président élu du Bénin a suscité un réel espoir pour la rouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin qui est fermée depuis bientôt trois (3) ans. Un comité ministériel a été mis en place pour faire une proposition dans cette optique. Ce comité qui a eu un délai de deux (2) semaine pour travailler a effectivement déposé son rapport. Comment évolue ce dossier ? Qu’en est-il aujourd’hui de la réouverture de cette frontière ?

Vous parlez de la réouverture de la frontière. Quand j’intervenais lors de ma réponse à la première question que vous avez posée, j’avais dit que ce n’est pas nous qui avions fermé cette frontière. Mais nous avons réfléchi, du fait qu’on soit quand même des êtres humains dotés de bon sens, au moins on ne peut pas nous le refuser, que nous soyons dotés de bon sens, d’un esprit d’indépendance et d’un esprit critique, que nous tirions les conséquences de ce qui a été posé comme acte ayant conduit à la fermeture unilatérale de la frontière entre un même peuple de l’autre côté Malanville, et de ce côté Gaya. Vous vous rappelez que suite à la fameuse rencontre de la CEDEAO, le 30 juillet 2023, il a été décidé, et je le rappelle ici, de fermer toutes les frontières de la CEDEAO avec le Niger. Bien sûr, il pouvait fermer certaines frontières, mais vouloir fermer la frontière entre le Burkina et le Niger ne serait que pure utopie, même si les deux pays font partie de la CEDEAO. Vouloir fermer la frontière entre le Mali et le Niger ne serait que pure utopie, même si les deux pays font également partie de la CEDEAO. Et d’autres pays dont les autorités ont fait preuve de sagesse et que je me tairai de citer, sinon ce serait même faire signe  d’ingratitude, parce que je n’ai pas besoin de les citer. Tous les Nigériens les connaissent. Donc cette fermeture de frontières sous l’injonction de la CEDEAO, nous a permis de tirer des leçons, de nous dire que les États africains doivent se convaincre une fois pour toutes que la France, l’Europe, ne feront jamais leur bonheur.

Eux, quand ils se battent entre eux, ils ont la lucidité de faire la part entre le politique et l’économique. Ils se battent, avec des milliers de morts. Mais ils préservent toujours les intérêts économiques communs. Prenez un exemple qui a cours actuellement, où l’Ukraine, qui est le prolongement de toute l’Europe et de l’Occident de façon générale, fait la guerre par procuration à la Russie. Par contre, malgré ces milliers de morts, les intérêts économiques sont préservés. La France envoie discrètement ses résidus d’uranium, puisque l’uranium à bon marché ou gratuit n’est plus disponible. Ils envoient en Russie pour retraiter. Or, s’il y a un champion pour maintenir cette guerre, même si nous savons pourquoi il le fait, c’est Emmanuel Macron le Chef d’État français. Et qui est le plus acharné pour maintenir cette guerre vivace contre la Russie ? C’est Emmanuel Macron. Donc allez-y, comprenez quelque chose. On avait découvert, si vous vous rappelez, un bateau qui avait fait escale en Allemagne, chargé d’uranium enrichi en provenance de la Russie, en partance vers un pays de l’Europe ou de l’Occident. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’ils sont intelligents pour dissocier la politique de l’économie et que nous, nos Chefs d’État de la CEDEAO, en marionnettes achevées, en marionnettes finies, ne peuvent pas faire la différence entre le domaine politique et le domaine économique pour épargner à leurs peuples des souffrances inutiles. Mais il faut réfléchir, il faut poser des questions, et poser de bonnes questions. Donc pour nous, l’ouverture de la frontière en tant que telle n’est pas l’acte fondamental. Qu’est-ce qu’il faut poser comme jalon pour que cette frontière, une fois ouverte, soit une frontière des peuples et non une frontière d’un individu ? C’est ça la différence. Parce que quand la frontière appartient au peuple, un individu marionnette ne peut pas se lever pour dire « fermez ». Le peuple va s’opposer à cette fermeture-là. Et ce sont ces dispositions que nous voulons prendre pour qu’à l’avenir, que ce soit un président nigérien ou un président béninois, ne puisse se lever pour dire « fermez-moi cette frontière ». Parce que quand il le dira, il va trouver en face de lui tout le Dendi mobilisé pour s’opposer à la fermeture de cette frontière. Et c’est pour ce faire que nous avons mis un comité qui a réfléchi, qui nous a fait des propositions en respectant le canevas. Et c’est pourquoi nous avons accueilli avec, je dirais, conscience de l’énorme défi auquel le nouveau président Béninois fera face, Son Excellence Wadani. C’est pourquoi nous l’avons accueilli au Niger pour montrer que le lien entre les peuples est au-dessus du lien entre les Chefs d’État. Et c’est pourquoi nous faisons tout pour qu’une fois que cette frontière sera ouverte, aucun individu, si puissant croit-il être, ne puisse la fermer selon ses humeurs.

Vous conviendrez avec moi que beaucoup d’eau a coulé sous le pont, il y a des traces, il y a des plaies qu’il va falloir penser et correctement soigner avant de prendre la décision irréversible de l’ouverture de la frontière. Les deux parties ont fait preuve de disponibilité, d’engagement, mais il y a des préalables et ces préalables c’est au président beninois Wadani et à moi-même qu’il revient de leur donner une signification, une réponse pour que la frontière soit définitivement et de façon irréversible ouverte.

Pour l’heure, M. le Président, il n’y a pas une date précise pour l’ouverture de cette frontière ?

Je vous ai dit qu’il y a des préalables. Tout ce que nous faisons, nous le faisons après mûre réflexion, en nous assurant que les intérêts du Niger seront préservés, comme les intérêts du Bénin ne seront pas méconnus. En nous assurant que notre frontière commune ne sera plus soumise à des états d’âme d’individus ou des états d’humeur ou des sautes d’humeur d’individus, pour que cette frontière soit la propriété d’un même peuple, d’un peuple frère depuis des milliers d’années. J’espère que les Nigériens comprendront ce que je vais dire ou ce que je viens de dire de même que les Béninois. Nous comprenons bien sûr le souhait de part et d’autre de voir immédiatement ouverte la frontière, mais je le dis et je le répète c’est pour ça que nous œuvrons et nous profitons pour féliciter Son Excellence le président Wadani qui a fait ce premier pas historique puisque vous le savez, contrairement à son prédécesseur qui s’est distingué par sa volonté de détruire le Niger tout simplement. Donc ne remuons pas le couteau dans la plaie, nous consolidons ce que les deux comités ont réussi et faisons en sorte que cette ouverture soit irrévocable.

Monsieur le Président, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie a aujourd’hui trois ans. Le Niger, depuis cette date, est résolument engagé dans un processus de refondation du pays. Qu’en est-il exactement des chantiers de cette refondation ? Qu’est-ce qui a fondamentalement marché durant ces trois années et qu’est-ce qu’il reste à faire ?

Mais tout a fondamentalement marché. Qu’est-ce qui n’a pas fondamentalement marché ? Pour un peuple à qui on a donné deux semaines, et là vous êtes en train de me poser des questions sur trois ans, trois ans de combat, trois ans de lutte. Je peux comprendre que vous dites ‘’trois ans de combat’’, ‘’trois ans de lutte’’, mais dire ‘’trois ans’’, c’est oublier. Et c’est ce que nous voulons que les Nigériens ne fassent pas. L’oubli, il tétanise l’esprit créateur. L’oubli tétanise la dignité humaine. L’oubli tétanise la volonté de s’affranchir.

Rappelez-vous, je l’ai dit le 26 juillet, quand nous étions arrivés en 2023, la CEDEAO nous a mis sous un embargo pendant près d’un an. Rien ne rentrait au Niger, si ce n’est la sagesse, cette fois-ci, je le citerai, le Président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé Eyadema. Parce que c’est lui qui a été sage pour dire que l’embargo ne doit pas être la première étape. L’embargo, les sanctions doivent être l’étape ultime quand toutes les autres solutions ou possibilités de solutions auraient ou auront échoué. C’est le seul qui a eu cette sagesse. En dehors de lui, dites-moi, un seul Président ouest-africain qui ne répondait pas au garde-à-vous, aux ordres de Macron. Avant même la reconduction de l’embargo contre le Niger, c’était Emmanuel Macron à partir de la Belgique qui avait dit que l’embargo contre le Niger ne sera pas levé. Et effectivement, on l’a constaté quand ils s’étaient réunis pour le folklore, les Chefs d’Etat africains ont maintenu l’embargo. Donc, nous savons d’où venait l’embargo. Ce n’est pas de la CEDEAO. Le fait de poser toujours ces questions sans tenir compte des progrès énormes que nous avons réussis en ‘’vase clos’’, c’est fouler aux pieds les sacrifices des Nigériens. Ce que nous avons réussi, c’est d’abord de garder ce pays-là debout malgré les oiseaux de mauvais augure qui disaient que nous ne tiendrons pas deux semaines. Du 26 juillet 2023 à aujourd’hui, nous sommes à trois ans. Trois ans que nous respirons, trois ans que nous nous défendons, trois ans que nous choisissons nos lignes politiques, trois ans que nous choisissons nos partenaires et trois ans que nous choisissons ce qui peut être utile au peuple nigérien. Rien que ça, c’est un progrès qu’on ne saurait sous-estimer.

Rappelez-vous, c’est ce même Niger où ces mêmes individus qui posent ces mêmes questions que vous venez de répéter ; depuis que nous avons croisé le malheureux chemin de la France en 1800, c’est ce même Niger qui a souffert de l’humiliation, qui a souffert le martyre, qui a souffert du pillage de toutes ses ressources. C’est dans ce même Niger que vous demandez aujourd’hui « qu’est-ce qu’on a fait depuis le 26 juillet 2023 ? », c’est ce même Niger, rien que si vous prenez 2022, je ne parlerai même pas du pillage systématique de notre uranium et autres ressources, c’est ce même Niger où les Français, pour avoir cassé un rétroviseur d’un camion porte-char à Téra, ont tiré à vue sur des Nigériens. Qui s’est levé pour dire non ? personne ! Vous pensez qu’aujourd’hui un français va oser venir tirer sur un Nigérien et s’en sortir ? C’est pourtant le même Niger et vous me dites qu’il n’y a aucun progrès, aucun changement. C’est le même Niger à la sortie de Ayorou un vieil homme s’est fait écraser par un camion d’un convoi français. Le convoi ne s’est même pas arrêté, il a continué sur Niamey. Le convoi venait de Tabaraybaray. C’est un Nigérien qui a été écrasé. Même si c’est une chèvre, le convoi devait s’arrêter pour demander le propriétaire de la chèvre et envisager le dédommagement. C’est un humain qui a été écrasé, âgé de plus de 70 ans. C’est ce même Niger, pourtant, qui n’est plus le même.

Depuis le 26 juillet 2023, c’est ce même Niger où, je le dis, il y a plus de 5 000 militaires des forces étrangères sur notre territoire. On vous cache les chiffres, on vous cache les données. Il y avait plus de 5 000, dirai-je, militaires français et autres sur notre territoire. C’est ce même Niger. Pourquoi les gens ne se sont pas posés la question ? Et c’est à ce même Niger qui a pris son destin en main depuis le 26 juillet 2023, qu’on pose des questions de savoir qu’est-ce que nous avions fait, qu’est-ce que nous avons réussi ? Non. Une fois de plus, au risque de me répéter, poser ce genre de questions, c’est fouler aux pieds le sacrifice, pas seulement des Forces de défense et de sécurité, mais des Nigériens dans leur ensemble. Nous le voyons tous les jours, les populations qu’on massacre dans les mosquées, dans les villages ou dans les champs. Mais ce sont des Nigériens qui n’ont rien demandé à la France. Ils se sont levés non seulement pour assurer leur subsistance sans devoir tendre la main à qui que ce soit, ce sont ces Nigériens-là qui ont fait le choix de leur culte qu’on massacre. Et aujourd’hui, ce sont nos Forces de défense et de sécurité qui ont l’initiative de notre sécurité et de notre défense du territoire national. Ce ne sont pas les Français qui sont là et qui ont su convaincre même des Nigériens, même des responsables nigériens, que sans eux, le Niger sera envahi par la horde.

Malheureusement, dès qu’un Chef d’État de l’Afrique tente de s’affranchir, on crée les conditions de le détruire. Ça fait trois ans, ils n’ont pas pu nous détruire. Aucune lutte de libération ne peut se faire sans perte, sans sacrifice. Je viens de vous rappeler le cas récent de l’Algérie. Vous savez combien de millions de personnes que les Français ont massacré en Algérie ? Ce que nous avons fait depuis le 26 juillet a été suffisamment abordé par les différents ministres qui se sont succédé, chacun dans son domaine, dans son secteur, mais je citerai seulement deux à trois grandes réalisations. La première réalisation, c’est celle-là qui a consisté à nous prendre en charge, à prendre notre destinée en charge dans le domaine de la défense, à nous convaincre que la défense du territoire national est de notre responsabilité et nous ne nous attendions pas que la France le fasse à notre place. Les Français ont fait 13 ans au Niger. Citez-moi le nom d’un seul militaire français mort au Niger, pour le Niger. Un seul ! Je vois Emmanuel Macron qui fait le fanfaron pour dire qu’on n’a pas eu un peu de compassion pour les 58 morts. Mais les 58 morts dont il parle, même au Mali, ils ne sont pas morts au combat. Emmanuel Macron n’a qu’à sortir pour dire aux français que les 13 morts, les 13 prétendument morts au Mali dans le crash ou la collusion des hélicoptères, ils sont morts exactement où parce que le Niger était au Mali dans le cadre de l’organisation des Nations unies, mais des Nigériens étaient parmi les troupes qui ont organisé cette mission de recherche. Ça s’est passé dans le secteur de Indélimane situé entre Ménaka et Gao. Les Nigériens étaient basés à Ménaka. Une collusion qui s’est passée avec deux hélicoptères armés, avec des militaires armés à bord, avec les explosifs à 3 heures du matin et aucun habitant n’a entendu la moindre détonation. Les Nigériens ont fait une semaine de recherche avec des Français. Justement, sachant que ce qu’ils ont fait est un montage, les Français n’ont pas permis aux Nigériens d’être sur le même site qu’eux. À qui on a montré les carcasses. Donc, il faut que les gens réfléchissent.

Emmanuel Macron peut faire son fanfaron pour dire que nous avons une dette. Nous, nous savons que nous n’avons aucune dette. Ils récoltent le fruit de leur turpitude et ils paieront, incha’Allah, le résultat de leur turpitude. Comme l’a dit Malcolm X, les poules finiront toujours par revenir au poulailler. Et nous regretterons pour les Français, le jour où les poules vont revenir au poulailler. Donc dans le domaine de la défense, c’est ce que nous avons réussi. Nous ne devons être coupables de quoi que ce soit. Aucun Français n’est mort pour le Niger et nous ne souhaitions jamais qu’un Français meurt pour le Niger, parce que la mort d’un Français pour le Niger révèle notre incapacité. Mais nous, nous savons que nous sommes capables de mourir pour notre pays comme tous les peuples ont été capables de mourir pour leur patrie.

Nous ne sommes pas comme les Français. Nous connaissons l’histoire. La France, lors la deuxième Guerre mondiale, il a fallu 18 jours à l’Allemagne pour soumettre la France. 18 jours, soit du 10 mai au 28 mai, une seule colonne de blindés à travers les Ardennes, les Allemands étaient à Paris. Nous, ça fait 3 ans que nous luttons contre l’Occident et nous sommes debout, et nous resterons debout, inch’Allah. Donc, c’est ce que nous avons réussi, à être debout, mais pas debout pour figurer, non. Debout, en homme digne, un homme responsable et un homme indépendant, qui décide pour lui-même, par lui-même. C’est ça que nous avons réussi dans le domaine de la défense et de la sécurité. Dans le domaine de l’énergie, depuis notre arrivée, nous avons fait face, vous vous rappelez, à la coupure de la seule ligne du Nigeria. Pourtant, c’est une ligne qui avait une histoire. Je ne reviendrai pas là-dessus. Mais nous avons réussi, en deux ans, à installer 118 mégawatts. Les besoins du Niger, c’est 420 mégawatts. Nous avons réussi à installer 118 mégas. Un quart de notre capacité en 65 ans d’indépendance. Nous avons payé pour 100 autres mégawatts où tout est financé et qui seront installés. Ce qui portera nos réalisations installées et à installer parce que le financement est acquis, à 218 mégawatts. La moitié de ce que le pays a fait en 65 ans d’indépendance. Et cela, ce n’est rien ! On peut nous convaincre que ce n’est rien en deux ans, réaliser 50% de ce qu’un pays a réalisé à travers les différents régimes qui se sont succédé en 65 ans. Et tout ça, ce n’est rien ? Mieux, avec celle qui est en bonne voie, c’est 600 mégawatts qui seront réalisés à travers une première phase pilote. Parce que notre objectif à terme, c’est de produire 5 200 mégawatts. Beaucoup de Nigériens ont crié que ce n’est pas possible. Il n’y a rien qui soit impossible. Et pour nous, rien n’est impossible. Et pour le peuple nigérien depuis le 26 juillet 2023, rien n’est impossible et rien ne sera impossible Inch’Allah.

Dans le domaine de l’agriculture, l’embargo qu’on nous a imposé, le sac de riz de 25 kilos qui se vendait à 10 000 en une semaine, sans raison, a bondi à 19 000 FCFA. A Niamey, c’était 16 000, 17 000 Fcfa. A l’intérieur du pays, c’était parti jusqu’à 22 000 francs CFA. Un pays comme le Niger, détenteur de la plus grande réserve en eau douce du sous-sol du monde. Un pays avec 1 267 000 km². Même dans le sous-sol du désert qu’on vous dit que c’est un désert aride, il y a des réserves d’eau qui permettent de reverdir ce désert-là et de faire de la production. Et nous le voyons, ce n’est pas une chimère.

Le riz de Talamses est sorti sur le marché. Nous avons décidé que plus jamais, l’embargo ne sera synonyme de famine au Niger. L’embargo ne sera pas synonyme de la surenchère au Niger. Nous allons produire pour nous-mêmes et par nous-mêmes. Et, c’est ce que nous avons montré et démontré à travers la grande irrigation. A la date où je vous parle, le sac de maïs est à 13 500, je dis bien 13 500F. Depuis combien de décennies qu’on n’a pas connu de sac de maïs à 13 500 sur le marché ? Le riz à 8 000 sur le marché. C’est dans les marchés, ce n’est pas dans des cases où on va dire non, ce n’est pas un montage. C’est dans les marchés, les foires, c’est ouvert et c’est les paysans qui viennent échanger leurs produits. 8 000, 9 000, 10 000 F, le sac de riz de 25 kg. Même le riz de la qualité supérieure ne dépasse pas 12 000. Et c’est au Niger, ce n’est pas ailleurs.

Pourtant, on a cru que ce n’était pas possible. Mais, le 26 juillet 2023 a montré que c’est possible. Il suffit que les Nigériens décident, ils peuvent. Et c’est ce qu’on a démontré. Rien que ces trois exemples suffisent. Pour le reste, je ne reviendrai pas là-dessus. Parce qu’il y a des choses où, quand on voit un être humain censé être raisonnable, rationnel, pragmatique, poser des questions ou douter, on doit se poser des questions plus tôt sur lui. Donc, c’est ça que nous avons réussi en trois ans, entre autres. Pour le reste, les gens n’ont qu’à se référer aux interventions que vous-mêmes vous avez supervisées avec Abari Amitti et Ibrahim Yéro. Ce n’est pas caché, c’était ouvert, très ouvert au public et au peuple nigérien.

Monsieur le Président, la Confédération AES a célébré ses deux ans le 6 juillet dernier. Quel bilan peut-on dresser de la marche de cette Confédération et quelles sont les perspectives à venir ?

On a célébré le deuxième anniversaire comment ? Dans les défis, dans les tentatives multiples de nous détruire, de nous déstabiliser. Et je n’ai pas besoin de répondre à cette question. Nous étions du 22 au 23 décembre 2025 à Bamako. Tout le monde a suivi. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’être à Bamako, ils ont vu les réalisations de la Confédération. Et ça, c’est en deux ans.

Deux ans de défis, deux ans de déstabilisation acharnée, deux ans de guerre, parce que c’est souvent ça que les gens ne comprennent pas. Nous sommes en guerre et face à une puissance qui est l’Europe, conduite par Emmanuel Macron. C’est ça qu’il faut retenir, définitivement. Et c’est malgré tout ça que nous avons réussi dans le domaine des 3D : Dééfense, Diplomatie, Développement, à réaliser ce que nous avons réalisé. La force unifiée, ce n’est pas une chimère ; c’est 5 000 hommes dont l’état-major est à Niamey. Dites-moi où se trouve l’état-major de la CEDEAO. Quand nous avons créé cette première phase, puisque lors de la dernière rencontre des ministres de la Défense de nos trois pays, nous avions décidé de porter cette force-là à 18 000 hommes. Mais ça ne veut pas dire que les 18 000 hommes sont présents, c’est une planification.

Dans les années à venir, nous voulons atteindre 18 000 hommes, parce que nous avons conscience de l’acharnement de l’Europe, conduite par Emmanuel Macron. Leur volonté manifeste et manifestée c’est de nous ramener dans les rangs. Donc nous avons une force unifiée avec un état-major opérationnel qui avait eu en dehors de l’opération conduite le 25 avril, lorsque le Mali avait été attaqué par 12 000 hommes équipés par l’Union européenne ou par l’Europe, avec leur marionnette ukrainienne, nous avons conduit des opérations.

Mais nous sommes des spécialistes de la défense, nous sommes des spécialistes du secret. Il ne faut pas que les gens s’attendent à ce qu’on sorte pour dire bon nous avons planifié, nous allons faire mouvement sur Gao, nous allons faire mouvement sur Sévaré, nous allons faire mouvement sur Kidal. Non, ça ce n’est pas de la communication. Nous sommes dans la réalité, nous ne sommes pas dans le virtuel. Nous avons réussi cette force unifiée qui est présentement à 5 000 hommes et dont les pays contributeurs sont le Niger, le Mali et le Burkina. C’est quelque chose que nous avons réussi, même si la CEDEAO a voulu répliquer en annonçant 30 000 hommes. Ensuite, ils sont revenus, ils ont dit bon on va faire 2000 hommes. Ensuite ils sont revenus, ils ont dit bon maintenant chacun va désigner 200 hommes, mais ils seront chez eux.

La comparaison est nette, je l’espère, pour tout esprit lucide. Nous avons créé la banque confédérale dans le domaine du développement économique. La banque confédérale pour l’investissement et le développement est une réalité, réussie en deux ans malgré la guerre et les fonds de cette banque-là proviennent dans un premier temps de la participation qui est connue de chaque Etat. Ça, c’est le domaine des finances, je laisserai le ministre des Finances vous faire les détails.

Nous avons réussi dans le domaine de la diplomatie à parler d’une même voix face à des puissances qui riaient sous cap quand nous nous présentions comme Confédération. Aujourd’hui, ils ont cessé de rire sous cap parce qu’ils savent que la Confédération est une réalité. Et, ça, c’est un combat diplomatique qui a été conduit par nos trois Etats pour aboutir à ce résultat. Aucun pays de la Confédération ne sera plus de côté pour l’opposer aux deux autres. Que le peuple de la confédération se rassure, la devise : ‘’Un peuple, Un espace, Un destin’’ est portée par chacun des trois Chefs d’Etat de la confédération. De la même façon que c’est une conviction pour moi, c’est une conviction pour Son Excellence Assimi Goïta, c’est une conviction pour Son Excellence Ibrahim Traoré. Et nous voulons que le peuple soit convaincu de cet état de fait.

La guerre informationnelle ne va jamais rater la moindre occasion pour nous diviser. Mais que ceux qui s’adonnent à cette basse manœuvre se détrompent. Le Sahel qu’ils ont connu, n’est plus le Sahel d’aujourd’hui, n’est plus le Sahel de la confédération. Et que par rapport à ça, notre détermination est sans limite. Donc, dans le domaine diplomatique, nous parlons d’une voix, nous réalisons de grands programmes et nous réalisons de grands projets dans le domaine diplomatique pour défendre nos intérêts sur la scène internationale. Sinon comment comprendre que l’Union européenne soit l’invité d’honneur de premier rang à une rencontre de l’Union Africaine alors qu’il y a des peuples africains qui ont fait l’histoire de l’Afrique qui sont mis à l’écart tout simplement parce que le financement vient de l’Occident. C’est ce que nous devons arrêter. Finançons nos projets et nos programmes par nous-mêmes et nous serons réellement libres et nous pouvons dire que nous sommes Africains et que nous pouvons nous regrouper dans des structures comme l’Union Africaine, comme la CEDEAO. Sinon ce n’est que baliverne et poudre aux yeux ! Mais nous, nous avons cessé de nous mettre la poudre aux yeux et de raconter des balivernes.

Donc voilà ce que la Confédération a réussi en quelques phrases. Cela a également été dit par les différents ministres qui se sont succédé lors des multiples entretiens que vous avez eus dans le cadre de la reddition des comptes du gouvernement : Un peuple, Un espace, Un destin.

Pour finir cet entretien, sur quoi voulez-vous bien conclure ?

J’aimerais conclure en invitant toujours les Nigériens à maintenir et à faire ce que nous avons su bien faire et qui nous a permis de tenir trois ans au moment où on nous prédisait deux semaines. Prions pour notre pays, pour notre espace. Travaillons pour notre pays, pour notre espace.

Les défis ne sont pas imaginaires, ils sont réels. Le Mali a fait l’objet d’une attaque sauvage le 25 avril. Cette attaque a été conduite avec la complicité des pays africains voisins au Mali, et c’est ça que nous devons combattre. Ils ont attaqué le Mali par trois axes. Un axe qui sortait du nord Bénin, en passant dans notre Gourma et le Burkina, trois colonnes pour faire jonction et aller attaquer soit Gao, soit Sevaré. Un autre axe est sorti de la Côte d’Ivoire. Il y a une forêt où les Ukrainiens qui viennent former ces mercenaires-là atterrissent en Côte d’Ivoire avec des visas pour visiter la Côte d’Ivoire qu’ils obtiennent à partir d’un pays qui est non loin de l’Ukraine, voisin à l’Ukraine, que je tairai le nom, avec comme destination la Côte d’Ivoire. Il y a une forêt qui s’appelle Yelli, c’est là-bas que tous ces terroristes-là sont formés en Côte d’Ivoire. C’est le deuxième axe. Et le troisième axe est venu de la Mauritanie. C’est ce que je dis. Et vous vérifiez sur toutes ces positions là que je viens de citer dans tous ces pays-là, s’il n’y a pas de forces françaises qui sont à l’œuvre. Les services français sont dans ces pays que j’ai cités et ces services français, peut-être à l’insu ou au-dessus de ces autorités, organisent ces actions contre nos pays.

Le 25 avril 2026, les sept ou huit attaques simultanées qui se sont produites au Mali viennent de ces trois axes. Les Français vont vous dire qu’ils ont quitté la Côte d’Ivoire. Mais c’est une chimère, je l’ai dit. Au 43ème BIA, même le 30 mars passé, le 30 mars 2026 là, ils ont formé des gens sur l’utilisation des drones. Les drones kamikazes, les drones que vous voyez utilisés sur nos positions. Donc, c’est ce que j’aimerais dire aux peuples de la Confédération : les défis sont énormes, l’adversité est animale, irrationnelle, Emmanuel Macron est devenu fou. Il faut que les Africains comprennent : la France n’est l’amie de personne. De Gaulle l’a dit, la France n’a pas d’amis, elle a des intérêts. Toi, petit Africain, tu vas croire le contraire parce que tu es l’ami des Français. Il faut que les gens soient rationnels, qu’ils soient lucides. Avant d’attaquer le Mali, il y a un centre d’instruction à côté de Bingerville, à Akakro, les gens n’ont qu’à aller voir le registre du 15 avril au 22 avril le matériel qui est sorti de ce centre d’instruction, ils viendront nous donner la réponse. Qu’est-ce qu’on a fait courir aux soldats ivoiriens ? Que le Burkina va les attaquer. On les a mis en alerte. C’était juste pour couvrir une manœuvre et c’est ce qui me convainc que les autorités ivoiriennes sont au courant de tout ce qui se tramait contre le Mali, contre le Niger, contre le Burkina. Mais, nous avons d’autres preuves de réunions et de budgets à millions de dollars. Au moment opportun, nous allons, si l’occasion nous est offerte, les confronter avec ceux qui disent que ce que nous disons n’est que baliverne.

Nous faisons face à une adversité et à un acharnement de l’Europe qui soutient de façon consciente Emmanuel Macron puisque l’Europe voit ce qui se passe. Et qui est derrière tout ça ? C’est la France. Mais comme les intérêts sont convergents et que de toutes les façons, ce sont des peuples africains qui seront massacrés, ça ne leur dit rien. Pour eux, c’est juste perte et profit. Mais, nous avons dit que c’est fini et c’est fini. C’est ce que je dirai aux Nigériens et de façon plus large aux peuples de la Confédération.

Le combat que nous menons est un combat de longue haleine. L’adversité à laquelle nous faisons face ne va pas s’estomper de sitôt ou par juste une prise de conscience de quelqu’un qui n’a pas de conscience. Il faut que nous soyons convaincus de ça pour ne plus nous laisser manipuler. Parce que, malheureusement, c’est ça. Tous ces mercenaires qu’ils manipulent, c’est de la pure manipulation. Ils leur font croire qu’ils font du djihad. Mais à qui on va faire le djihad ? Au Niger ou bien à la France ? Au Niger, 99% musulmans. La France, 2 à 3% musulmans. À qui on doit faire le djihad ? Où est-ce qu’on doit faire le djihad ? Là où il y a 2 ou 3% de musulmans, ou bien là où il y a 99% de musulmans ? Le Niger, c’est 1 400 ans d’islam, sixième califat. Partez en France, portez le hijab parce que vous êtes musulmans. On verra bien où est-ce que vous allez partir. Même dans votre chambre, si vous portez le hijab, vous serez arrêtés. Au Niger, où est-ce qu’on ne rentre pas avec le hijab ? C’est de la diversion. S’il y a bien quelqu’un qui mérite le djihad, ce n’est pas le Niger, ce n’est pas le Burkina, ce n’est pas le Mali. Donc cette histoire du djihad s’arrête. Le dernier djihad a été conduit par le prophète, paix et salut sur lui.

Mais depuis lors, de quel djihad parle-t-on encore particulièrement quand on connaît la moralité de ceux qui sont censés exécuter ce djihad ? Des gens, qui volent, qui violent, qui pillent, qui tuent, qui brûlent. C’est ça le djihad ? Non, il faut arrêter. Vous défendez les intérêts de l’Europe et particulièrement de la France, la France d’Emmanuel Macron, l’homme qui règne à l’article 49-3 et vous ne défendez que ses intérêts. Le reste n’est que chimère, vous ne faites pas du djihad. Je vis pour l’attaque de l’aéroport, ils disent à leurs combattants, citez les noms d’Allah, même si vous êtes mort, vous allez partir au paradis et vous ne sentirez pas la souffrance. Mais ils vont souffrir plus que la souffrance, ces gens-là. Et leur itinéraire les conduit direct en enfer, ce n’est pas au paradis Firdwaous. Donc il faut que les gens se réveillent.

A ceux qu’on manipule, réfléchissez, sachez que la France est en train de vous manipuler pour ses intérêts. Elle a perdu l’uranium gratuit au Niger, elle a perdu l’or gratuit au Burkina, elle a perdu l’or et le lithium du Mali, elle a perdu la soumission et elle a perdu le privilège de nous humilier sans qu’on puisse dire non. Comme ils l’ont fait avec Voulet-Chanoine, où ils sont rentrés justement par le Mali. Ça fait longtemps qu’on partage les souffrances avec le Mali : Labzenga, ils étaient là-bas le 25 décembre 1898.

Ensuite ils sont rentrés à Sorbone Hausa, à Sansane Hausa d’abord, le 3 janvier 1899. C’est là-bas qu’on a surnommé Sarasara. Ça veut dire battre à mort Voulet-Chanoine. Depuis Sansane Hausa, il a pris en otage 1 100 Nigériens, 800 porteurs et 300 femmes, esclaves sexuels. 300, ça c’est encore leur chiffre. Et depuis lors, il n’a fait que massacrer des Nigériens jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés par des tirailleurs qui ont eu un éclair de lucidité et de patriotisme à Dan Kori, 4 kilomètres de Dan Kori, à coté de Tessaoua, c’est là-bas qu’il a été arrêté. Et là même, ce n’est pas à cause des Nigériens qu’il a massacré.

Tout le parcours, plus de 1300 kilomètres, il n’a fait que massacrer des Nigériens. C’est quand il a tué le colonel Klobb qui était parti le relever, le 15 juillet 1899 que les tirailleurs, avec certains officiers français, ont abattu d’abord Julien Chanoine le 16, ensuite Voulet le 17. Et c’est en ce temps que la France a senti que c’est un drame. Et c’est ce qu’on nous faisait écrire dans les dictées et les livres d’histoire : ‘’le drame Dan Kori’’. Et c’est avec ça que les gens pensent que ce que nous avons dans nos manuels, c’est notre histoire. Ce n’est pas notre histoire, c’est l’histoire des Français. C’est de ça que nous avons décidé de sortir. Donc, continuons les prières, continuons les invocations, travaillons de façon acharnée, consentons d’autres sacrifices parce que nous n’avons pas d’autre choix. Si nous voulons rester des hommes libres, il n’y a pas d’autre voie.

C’est la seule voie, celle de la victoire. Et Inch’Allah, cette victoire-là, nous verrons le bout du tunnel. Inch’Allah. Enfin, je souhaite bonne année, bonne campagne agricole et joyeux anniversaire de l’an 3 au CNSP.

Script : ONEP