samedi 31 octobre 2026

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L’honorable Mahamane Bachir Harouna Hambali, Chef de canton de Dioundiou : « La souveraineté alimentaire doit devenir une ambition partagée par tous les Nigériens »

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Mahamane Bachir Harouna Hambali
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Vice-président de l’Association des Chefs traditionnels du Niger, l’honorable Mahamane Bachir Harouna Hambali salue les orientations des autorités de la Refondation et appelle à une mobilisation collective pour la souveraineté nationale. Dans cet entretien, il souligne le rôle déterminant de la chefferie traditionnelle dans la cohésion sociale, la prévention des conflits et le développement local. Il plaide pour une agriculture productive en s’inspirant des expériences de la Chine, de l’Inde et des autres pays développés afin de réduire la dépendance alimentaire du Niger.

Honorable Chef de Canton, quelle appréciation faites-vous des principales orientations du Conseil des ministres du 9 octobre 2026 au regard des aspirations des populations et des enjeux de souveraineté nationale ?

Je voudrais tout d’abord, saluer les efforts des autorités de la Refondation, sous la conduite éclairée de SE. le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’État, pour la défense des intérêts supérieurs de notre pays et la recherche de solutions durables aux préoccupations de nos populations. De manière générale, j’apprécie favorablement cette dynamique qui place la souveraineté nationale, la dignité du peuple nigérien et la maîtrise de notre destin collectif au cœur de l’action publique. Pour nous, autorités traditionnelles, la souveraineté ne doit pas être une simple expression politique. Elle doit se traduire par des changements concrets dans la vie quotidienne de nos concitoyens, notamment en matière d’alimentation, de santé, d’éducation, d’emploi et de sécurité.

Les expériences internationales nous enseignent qu’une transformation agricole ambitieuse est possible. La Chine a notamment investi dans l’irrigation, la recherche agricole, l’amélioration des techniques de production et l’accompagnement des producteurs. L’Inde, de son côté, a engagé, à partir des années 1960, une Révolution verte fondée sur les semences améliorées, l’irrigation, les intrants agricoles et des dispositifs de soutien aux producteurs. Ces politiques ont fortement contribué à accroître la production céréalière et à renforcer leur sécurité alimentaire.

Le Niger doit s’inspirer de ces expériences en tenant compte de ses propres réalités climatiques, économiques et sociales. Nous avons des terres, des bras valides, des éleveurs expérimentés et des ressources hydriques qui méritent d’être mieux valorisées. Il faut poursuivre les investissements dans les aménagements hydroagricoles, les cultures de contre-saison, la petite irrigation, la mécanisation adaptée, la disponibilité des semences et l’accès aux engrais.

En votre qualité de vice-président de l’Association des Chefs traditionnels du Niger, comment la chefferie traditionnelle assume-t-elle sa responsabilité dans le processus de Refondation ?

Je peux affirmer que la chefferie traditionnelle mesure pleinement l’importance de sa responsabilité historique dans cette période déterminante de la vie de notre nation. Notre institution est profondément enracinée dans les communautés. Elle connaît les réalités des villages, les préoccupations des familles, les difficultés des producteurs et les aspirations de la jeunesse. Cette proximité nous confère une responsabilité particulière ; celle d’être des acteurs de dialogue, de cohésion sociale, de sensibilisation citoyenne et de mobilisation pour le développement. La Refondation ne peut réussir durablement sans l’adhésion et la participation des populations. Or, cette adhésion se construit par l’information, l’écoute, l’exemplarité et la confiance. Il appartient donc aux chefs traditionnels de relayer les messages d’intérêt général, d’expliquer les enjeux nationaux dans un langage accessible et de contribuer à faire comprendre à chacun que le développement du Niger est une responsabilité collective. Dans nos cantons et nos villages, cette prise de conscience peut se traduire par des rencontres régulières avec les chefs de village dans les zones où la sécurité n’est pas menacée, les responsables religieux, les organisations de femmes, les jeunes et les représentants des producteurs. Il faut souligner que la chefferie traditionnelle ne se substitue ni à l’administration ni aux services techniques de l’État. Elle constitue cependant un relais de proximité précieux pour rapprocher l’action publique des citoyens et favoriser la réussite des initiatives nationales.

Quel rôle la chefferie traditionnelle peut-elle jouer pour accompagner la vision de Refondation du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani et la traduire en actions concrètes dans les communautés ?

Notre rôle est d’accompagner les actions d’intérêt national en contribuant à leur appropriation par les populations. Nous sommes convaincus que la souveraineté et la dignité nationale ne se consolident pas uniquement par les décisions prises au sommet de l’État. Elles se construisent également dans les comportements quotidiens, le travail, la solidarité et dans la capacité de chaque communauté à prendre en charge ses besoins essentiels. Je souhaite particulièrement insister sur la souveraineté alimentaire qui doit devenir une ambition partagée par tous les Nigériens.

Prenons l’exemple de la Chine. Son développement agricole ne s’est pas réalisé en un jour. Il a reposé sur des investissements durables, l’amélioration de la productivité, la recherche scientifique, la maîtrise de l’eau et une meilleure organisation de la production rurale. L’Inde a également renforcé ses capacités céréalières grâce à l’association de semences améliorées, de l’irrigation, des engrais et de mécanismes de soutien aux agriculteurs. Ces exemples montrent que la volonté politique doit être accompagnée d’une politique agricole cohérente et d’un effort collectif de longue durée.

Au Niger, nous devons poursuivre cette ambition en valorisant nos potentialités propres. Nous pouvons encourager l’aménagement des terres cultivables, le développement des périmètres irrigués, la production de riz, de maïs, de mil, de sorgho, de niébé et de produits maraîchers, selon les caractéristiques de chaque zone. Il faut également soutenir l’élevage, la production laitière, la conservation des récoltes et la transformation locale des produits agricoles. La chefferie doit mobiliser les communautés pour récupérer les terres dégradées, sensibiliser les jeunes aux métiers agricoles et promouvoir la consommation des produits locaux. Produire davantage est essentiel, mais il faut aussi mieux conserver les récoltes et réduire le gaspillage.

Quelles initiatives envisagez-vous dans les cantons et les villages pour renforcer le civisme, la cohésion sociale et la paix ?

La première initiative consiste à renforcer le dialogue permanent avec les populations. Un chef traditionnel doit être accessible, à l’écoute de ses administrés et attentif aux difficultés qui peuvent fragiliser la cohésion sociale. Par exemple à l’échelle du canton de Dioundiou, nous encourageons des cadres de concertation réunissant les chefs de village, les leaders religieux, les jeunes, les femmes, les agriculteurs, les éleveurs et les autres forces vives. Ces rencontres permettraient de discuter des préoccupations communes, de prévenir les tensions et de rechercher des solutions concertées aux problèmes locaux notamment l’insécurité. A ce niveau, je souhaite également que la sensibilisation porte davantage sur les devoirs civiques ; le respect des lois, la préservation des biens publics, la protection de l’environnement, le paiement des contributions légalement établies et la participation aux initiatives communautaires. Le patriotisme doit se manifester par des actes responsables et utiles à la collectivité. La chefferie traditionnelle doit combattre les rumeurs, les discours de haine et les divisions. La paix est indispensable à la production agricole, aux échanges économiques et à la réalisation des projets de développement.

Comment renforcer la collaboration entre la chefferie traditionnelle, les autorités administratives, les Forces de défense et de sécurité et les acteurs locaux pour consolider la paix et favoriser le développement ?

La collaboration entre la chefferie traditionnelle, les autorités administratives, les Forces de défense et de sécurité et les acteurs locaux est indispensable pour préserver la paix et favoriser le développement. Ces institutions ont des missions différentes, mais elles poursuivent un objectif commun. Cette collaboration doit reposer sur le dialogue, la confiance et le respect des responsabilités de chacun. La chefferie contribue à la médiation communautaire, la prévention des conflits et la transmission des préoccupations des populations aux autorités compétentes. Elle ne se substitue ni aux forces de sécurité ni à la justice. Parallèlement, nous devons soutenir les activités agricoles, pastorales et commerciales. La confiance se construit par l’écoute, la transparence et des réponses concrètes aux besoins des citoyens. En tant que chef de canton et vice-président de l’Association des chefs traditionnels du Niger, je demeure convaincu que notre institution doit continuer à jouer pleinement son rôle de médiation, de rapprochement et de mobilisation communautaire au service de la paix et du développement.

Quel message adressez-vous à vos pairs chefs traditionnels et à l’ensemble des Nigériens pour les encourager à s’engager davantage dans la Refondation nationale et la souveraineté alimentaire ?

Mon message à l’endroit de mes pairs Chefs traditionnels, des leaders communautaires et de l’ensemble du peuple nigérien est un appel à l’unité, à la responsabilité et au travail. Le Niger appartient à tous ses fils et à toutes ses filles. Au-delà de nos différences, nous partageons une même patrie, une histoire commune et un destin collectif. Nous devons donc préserver notre unité, renforcer notre solidarité et placer l’intérêt général au-dessus des considérations individuelles.

Le patriotisme doit se traduire par des actes utiles à la collectivité. Je souhaite plein succès au processus de Refondation engagé sous l’autorité du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. Nous souhaitons que les efforts entrepris se poursuivent dans l’intérêt supérieur de la nation et apportent des améliorations concrètes à la vie des nigériens. Que Dieu protège le Niger, préserve son unité, accorde la paix à nos populations et bénisse les efforts de tous ceux qui œuvrent sincèrement à son développement.

Seini Seydou Zakaria (ONEP)