Au cours de l’entretien
Dans le cadre de l’exercice annuel de redevabilité, la ministre de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité, Pr Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, sur la RTN le vendredi 26 juin 2026. Dans cet entretien-bilan, la ministre a passé en revue les actions menées par son département ministériel et s’est appesantie sur des questions d’actualité comme l’autonomisation de la femme, la dépravation des mœurs, l’assistance et la protection des personnes vulnérables.
Dans un langage clair, la ministre a expliqué que son département ministériel prend en compte les questions liées à l’action sociale, notamment la prise en charge des personnes vulnérables que sont les enfants et les femmes. Il prend également en charge les questions de solidarité nationale, les aspects humanitaires et la gestion des chocs, qu’ils soient humains ou climatiques.
En parlant de chocs et de prévention en lien avec la saison des pluies qui s’installe progressivement sur le territoire nigérien, la ministre chargée de la solidarité nationale a souligné qu’un comité chargé de la prévention et la gestion des inondations a été mis en place, présidé par le Premier ministre et ayant pour premier vice-président le ministre de l’équipement et des infrastructures et deuxième vice-présidente la ministre en charge de la population. Depuis le mois de mai de cette année, a-t-elle déclaré, le comité a tenu un atelier national sur les actions anticipatoires. En début juin, les activités de la cellule de prévention et de gestion des inondations au sein de son département ministériel ont été lancé. « Au niveau de toutes les régions, le dispositif est installé. Tout est stocké dans les magasins de l’OPVN de chaque région et à proximité des lieux d’intervention », a-t-elle dit.
Pr Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni a ensuite souligné que des politiques ont été mises en œuvre comme la politique nationale de la population 2019-2035 et la politique nationale du genre (PNG) et son plan d’action ont été révisés et sont actuellement dans le circuit d’adoption pour la période 2025-2028. « Il y’a également la politique humanitaire et de gestion des catastrophes et son plan d’action ; la politique nationale de protection sociale et le document cadre de protection de l’enfant », a-t-elle ajouté.
Un budget de fonctionnement proportionnel à la taille du ministère
Pour l’exercice budgétaire 2026, a dit Pr Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni les crédits alloués à son département ministériel s’élèvent à 1 770 713 481 francs CFA, dont 500 millions de francs CFA pour les charges du personnel. Ce qui suppose que 1 200 000 000 milliards de francs CFA sont consacrés à la mise en œuvre des activités. L’effectif du personnel est de 348 cadres, dont 198 féminins et 150 masculins, toutes catégories confondues et 264 appelés du service civique national.
Dans l’optique de garantir l’épanouissement des populations dans leur environnement, le ministère a mis en avant des approches réalistes et pragmatiques telles que la promotion de l’approche droit humains, la sensibilisation des communautés sur les questions de populations et de développement à travers la collaboration avec les chefs traditionnels et religieux. S’agissant de la promotion de la parenté responsable, là également, a fait savoir la ministre en charge de la Population, plusieurs activités de communication sociale pour un changement de comportement ont été initiées, notamment l’organisation des caravanes de sensibilisation, l’animation des conférences débats au niveau des universités et aussi le renforcement des capacités des acteurs sur les questions de population et de développement.
L’autonomisation de la femme, une des priorités du ministère
Encourager l’autonomisation de la femme, surtout celle rurale, est un des objectifs phares du ministère. C’est pourquoi, ce dernier appuie régulièrement les femmes avec du matériel de travail comme des décortiqueuses et des moulins à grain. Ces actions, a précisé Pr Sidikou Ramatou, ont plusieurs retombées. « Si ces femmes rurales sont dotées de machines, elles seront allégées dans leurs tâches. Du coup, leurs filles seront plus disponibles pour leur scolarisation et pourront rester plus longtemps à l’école », a-t-elle dit.
Le ministère a développé plusieurs approches concrètes en faveur de la famille tout en mettant l’accent sur la femme et l’enfant à travers la politique nationale du genre et son plan d’action. L’adoption et l’exécution d’une stratégie nationale de l’autonomisation économique de la femme, qui met un accent particulier sur l’accès et le contrôle des moyens de production, notamment l’acquisition de terres ainsi que la structuration et le renforcement des capacités des organisations des femmes rurales. « Les femmes rurales sont de plus en plus organisées. Elles reçoivent beaucoup de formations dans plusieurs domaines pour renforcer leurs capacités de transformation agroalimentaire ou autres. Nous avons également l’installation des plateformes multifonctionnelles au profit des femmes rurales pour alléger les tâches domestiques afin de mener des activités génératrices de revenus et participer activement au développement économique et social de leur communauté », a-t-elle expliqué.
Pour Pr Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, pour accompagner la résilience des femmes rurales, il suffirait de contribuer à alléger leurs tâches quotidiennes en les dotant de machines et d’autres moyens de travail essentiels à leur épanouissement. Elle a rappelé que, même si la femme rurale n’a pas de moyens de production, sa production continue d’alimenter les industries de ses paires entrepreneures. La ministre rappelle que 44 799 adolescents dont l’âge varie entre 10 et 19 ans ont été accompagnés à travers le programme « illimi zaman douniya » entre 2023 et 2025. En matière de kits de travail, elles ont bénéficié de matériel aratoire et d’intrants agricoles. Au total, 15 825 femmes et filles dans les huit régions ont bénéficié de ces kits d’autonomisation.
Dans le même ordre d’idée, 25 000 adolescentes des régions de Maradi et Zinder ont bénéficié d’une formation en AGR. « Nous avons la formation au métier de 2 100 filles et femmes dont l’âge varie entre 15 et 25 ans à travers le projet Lafiya iyali. Nous avons la formation de 2 222 femmes en AGR. Nous avons la formation de 816 femmes en leadership et l’appui de 52 groupements féminins en AGR », a-t-elle mentionné.
Dans le cadre de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité, les actions menées par le ministère ont permis d’aboutir à des avancées significatives, parmi lesquelles la création d’une direction nationale de l’inclusion de la femme en paix et sécurité et l’élaboration du troisième plan d’action, Femmes, Paix et Sécurité 2026-2030. La ministre a également souligné la mise en place de dispositifs institutionnels comme le Comité national du pilotage, le Secrétariat national permanent, les antennes régionales, le réseau de points focaux, le renforcement des capacités des femmes leaders, des organisations féminines et des relais communautaires sur la médiation, la prévention des conflits, ainsi que la résolution 1325. Elle a également mentionné la tenue de 630 séances de sensibilisation sur la cohésion sociale, le règlement de 2 346 conflits familiaux entre couples, l’accès prioritaire des filles déplacées et vulnérables aux espaces sûrs et le renforcement de la cohésion sociale à travers la médiation, la prévention et le règlement des conflits.
Des initiatives pour valoriser et promouvoir la dignité humaine
Depuis quelques mois, la question des relations homosexuelles et ses extensions résonne sur toutes les bouches. Pour pallier ce phénomène qui tourmente la population, le gouvernement a pris une décision majeure en adoptant une ordonnance interdisant ces pratiques contre nature. Dans ce sens, la ministre a rappelé que bien avant l’adoption de ce texte, toutes les politiques et stratégies se sont démarquées de cette notion de LGBT en signe de leur attachement indélébile aux valeurs sociales, culturelles et religieuses. Cette ordonnance, a-t-elle attesté, est nécessaire pour le bien-être des populations. « Au Niger, le terme genre n’a rien à voir avec les questions de LGBT. Le terme genre, c’est tout simplement masculin ou féminin. Deux, pas plus. Il n’y a pas de troisième possibilité. Où la personne est femme, où la personne est homme. En tant que ministère de la population, notre rôle est d’accompagner les mesures coercitives et punitives avec des actions de sensibilisation et de valorisation de nos mœurs », a-t-elle fait savoir.
Le ministère a mis en œuvre plusieurs initiatives, parmi lesquelles l’autonomisation des groupes vulnérables et la préservation des droits des enfants à travers le rappel des textes et lois qui répriment le phénomène de la mendicité. Sur cet aspect, 30 225 talibés ont été recensés au niveau de 601 lieux d’hébergement dans les grands centres urbains et retournés dans leurs familles ou placés dans des centres d’apprentissage. 1 550 mendiants ont été rapatriés du Burkina Faso, du Sénégal, du Tchad et du Togo, entre autres, à travers le comité technique multisectoriel chargé du rapatriement des Nigériens à l’extérieur et en collaboration avec le ministère en charge des affaires étrangères. Toutes les personnes rapatriées ont été sensibilisées sur plusieurs thématiques, notamment sur les méfaits de la mendicité.
Assistance et protection des personnes vulnérables
Dans le cadre de l’assistance aux personnes vulnérables, plusieurs initiatives ont été mises en œuvre, parmi lesquelles l’adoption de l’ordonnance 2024-20 du 29 mai 2024 relative aux principes fondamentaux de protection sociale des personnes âgées, dont le décret d’application est en cours d’adoption. Il y a aussi la délivrance en cours de 5 000 cartes d’égalité des chances au profit des personnes handicapées, donnant droit à des avantages dans le domaine du transport, de la santé, de l’éducation, des loisirs, des urgences humanitaires, allant de la réduction des tarifs à la gratuité des services. « Nous avons l’affectation par l’État d’un bâtiment abritant le siège du Conseil supérieur des personnes âgées. Nous avons l’attribution d’un terrain d’un hectare pour la construction d’un centre multifonctionnel de prise en charge des personnes âgées. Nous avons l’appui financier à 174 filles handicapées scolarisées pour une valeur de 25 millions de francs CFA afin de favoriser leur maintien dans le système éducatif. Nous avons des appuis en produits alimentaires et non alimentaires aux écoles spécialisées pour aveugles, sourds et des déficients intellectuels. Nous avons le processus de mise en place d’un fonds national autonome de soutien aux personnes handicapées qui est en cours de finalisation », a-t-elle expliqué.
S’agissant de la gestion des personnes déplacées internes à cause de l’insécurité et des inondations, la ministre a souligné deux volets dont le premier concerne l’aspect des déplacées internes. A ce niveau, elle a déclaré que son département ministériel dispose des structures de prise en charge, tant au niveau central qu’au niveau deconcentrés. Ces structures sont en charge de l’accueil, du suivi, de la subsistance et de la bonne cohabitation avec les communautés hôtes. Par rapport au volet inondations, a-t-elle dit, tous les acteurs doivent intervenir. Pour ce qui est du ministère de la Population, une cellule de prévention a été mis en place afin d’appuyer le comité. Dans ce sens, les travaux de la cellule au titre de l’année 2026 ont d’ores et déjà commencé. D’après les données, les actions menées dans le cadre de la gestion des inondations ont permis de toucher 76 538 ménages, soit 574 111 personnes ayant bénéficié de vivres et biens non alimentaires. 7 653,8 tonnes de céréales ont été mis à disposition au niveau des régions. « Nous avons un taux de couverture de la réponse de l’État de 100% en vivres aux sinistrés des inondations 2025. Nous avons 29 500 ménages sinistrés assistés, soit 206 941 personnes sinistrées assistées en kits abris et biens non alimentaires. Depuis l’avènement du CNSP au pouvoir, on constate un changement notable dans la prise en charge des impactés des inondations à travers une réponse essentiellement sur fonds propre », a-t-elle ajouté.
Des efforts et projets réalisés dans le cadre de la Confédération AES
Depuis la création de la Confédération AES le Niger, le Burkina Faso et le Mali cheminent ensemble dans l’ensemble des secteurs. Cette vision commune a conduit à une rencontre des ministres de l’AES en charge des femmes en juillet 2025 qui a abouti à la déclaration de Niamey, avec une feuille de route qui prend en compte les actions à mettre en œuvre pour l’épanouissement des femmes et des populations. « Nous avons l’organisation d’un symposium au Niger sur l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées dans l’espace AES. Nous avons récemment lancé un projet de création du réseau des femmes scientifiques de l’AES qui a pour objet de promouvoir et de renforcer la participation des femmes dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation au sein des États membres de l’AES », a-t-elle notifié.
Dans chacun de ces trois pays, il existe une structure étatique, un réseau de femmes scientifiques en charge de la science avec des missions bien précises. Selon elle, prochainement se tiendra la deuxième réunion des ministres en charge des questions de la femme au Burkina Faso, en juillet 2026. La rencontre verra l’opérationnalisation du cadre de concertation des ministres, de même que celui de la coordination régionale de la plateforme de l’AES. « Nous avons le renforcement de la coordination et de la mise en œuvre des politiques humanitaires et de solidarité. D’ores et déjà, des dispositions sont prises pour la création d’un comité en charge des questions de redevabilité et de localisation sur les aspects humanitaires », a-t-elle annoncé.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
