Lors de l’entretien
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, était, le mardi 30 juin, sur le plateau de la RTN pour débattre de son bilan annuel à de ministère. Durant quatre heures à l’antenne, le ministre a énuméré les performances de son département ministériel, la portée des actions entreprises, notamment les mesures restrictives dans l’exportation des céréales et du bétail, et surtout, les perspectives pour le ministère du Commerce et de l’Industrie.
Dans son entretien, M. Abdoulaye Seydou a indiqué que, en un an, l’action du ministère du Commerce et de l’Industrie a connu une profonde évolution vers un modèle économique, fondé sur la souveraineté, la transformation structurelle et l’équité sociale, qui repose sur un rôle renforcé de l’État en tant qu’orienteur et garant de la cohérence économique nationale. Ce modèle repose aussi sur la promotion de la préférence nationale et du contenu local, la priorité accordée à la valorisation locale, la transformation industrielle des produits et des ressources nationales, le développement des marchés régionaux, notamment le marché régional de la Confédération des États du Sahel (AES) et la protection des consommateurs à travers des mécanismes durables de régulation des marchés.
L’analyse des résultats de l’An 1 de la Refondation, s’est réjoui le ministre, met en évidence une efficacité opérationnelle ‘’remarquable’’ du Ministère du Commerce et de l’Industrie. Au terme de cette période, 27 attributions sur les 30 ont fait l’objet de réalisations concrètes et substantielles, soit un taux global de réalisation de 90%, relève M. Abdoulaye Seydou. Dns les détails, il s’agit d’une mise en œuvre sectorielle de 100% pour l’Industrie, 88,90% au titre de la Gouvernance administrative et 84,60% pour le Commerce.
Pour le ministre du Commerce et de l’Industrie, une économie souveraine, en plus du soutien de l’État, exige un secteur privé fort, une nouvelle génération d’entrepreneurs et une intégration régionale qui démultiplie les débouchés. « De ce fait, les interventions du ministère ont été centrées sur l’incitation à la formalisation des entreprises, l’amélioration du climat des affaires, l’appui et l’encadrement des entreprises, la promotion de l’agripreneuriat des jeunes et le renforcement de la diplomatie commerciale, notamment dans le cadre de la confédération AES », a-t-il dit.
L’incitation à la formalisation des entreprises a constitué l’essentiel des actions de sensibilisation et de contrôle des activités économiques menées par le ministère du Commerce et de l’Industrie. La mise en œuvre de ces réalisations a encouragé la création de 8 353 nouvelles entreprises créées en 2025 contre 5 967 en 2024, soit 40 % de plus, la formalisation de la vente du GAZ et de la production de Pure water, le développement en cours d’une plateforme web de création d’entreprises en partenariat avec l’ANSI et l’identification de 53 Structures d’Appui et d’Encadrement des Entreprises. Elle a également favorisé 1 327 formalités de modification, 42 formalités de radiation, la signature de 23 arrêtés pour profession d’agent d’affaires et la délivrance de 3 autorisations pour l’exercice d’activités non salariales par les étrangers.
Protection des consommateurs et mobilisation des ressources économiques
Selon le ministre Abdoulaye Seydou, l’assainissement de la gouvernance et les réformes de souveraineté ont induit un bond historique dans la mobilisation des recettes publiques par le ministère du Commerce et de l’Industrie et ses structures sous tutelle. Sur la période d’avril 2025 à avril 2026, les recettes versées au Trésor Public National ont atteint
59 408 262 295 FCFA, contre 1 862 404 328 FCFA sur la période précédente, marquant ainsi une hausse spectaculaire d’environ 57, 55 Mds de FCFA, soit 3 221 % d’augmentation par apport à 2024.
Les contrôles économiques et la veille qualité ont permis, a revelé le ministre, la réalisation de plusieurs actions positives. Il s’agit notamment de la conduite de 5 429 opérations de contrôle et 52 enquêtes sectorielles, la sensibilisation de
2 501 acteurs et la réalisation de 545 rapports d’essais et d’analyses. Dans le secteur stratégique du gaz GPL, 6 centres emplisseurs ont été visités et inspectés sur l’ensemble du territoire, 13 306 bouteilles de gaz saisies, 3 507 revendues au francs symbolique (2 000 FCFA / la bouteille de 12,5 kg et 1 000 FCFA la bouteille de 6kg, 900 bouteilles remplies remises aux FDS pour consommation du gaz, 65 dossiers des centres emplisseurs reçus et examinés avec 57 avis favorables et 8 avis non favorables et 300 demandes d’autorisation de vente du gaz GPL en cours d’examen par le comité technique mis en place à cet effet.
Pour soutenir les familles nigériennes, le ministère a procédé à la reconstitution de 1 700 tonnes de sucre pour la Reserve Alimentaire Stratégique (RAS). Pour la conduite des opérations de vente à prix modérés, 30 000 tonnes en 2025 et
34 513,73 tonnes en 2026, soit un total de 64 513,73 tonnes de céréales -dont 28 000 tonnes de céréales sèches et
36 513,73 tonnes de riz- ont été mises sur le marché. L’Etat, à travers le ministère du Commerce, a aussi mis sur le marché
2 055 tonnes de sucre pour la vente à prix modéré ainsi que la distribution gratuite ciblée de 14 300 tonnes de céréales.
Pour ce qui est du suivi du prix des denrées sur les marchés, le SIMA a produit 165 publications dont 15 bulletins mensuels céréales/produits de rente, 15 bulletins conjoints sécurité alimentaire, 67 bulletins hebdomadaires céréales et 67 bulletins hebdomadaires fruits/légumes, entre autres.
Toutes ces interventions, a poursuivi le ministre Abdoulaye Seydou, ont permis une baisse significative des prix de certaines denrées tel que le riz dont le prix du sac de 25 kg est passé de 14 000 et 18 000 FCFA en 2024, à 10 000 –
12 000 FCFA en 2025, puis à 9 750 – 11 000 FCFA en 2026, soit −30 à −38 % de baisse cumulée comparer à 2024.
Relance des filières industrielles et intégration au sein de la Confédération AES
Le ministère du Commerce et de l’Industrie, a affirmé M. Abdoulaye Seydou, révélé l’existence d’une batterie de mesures visant à booster les filières industrielles au Niger. Il s’agit notamment de l’élaboration et la validation du Projet de Politique Industrielle Nationale (PIN) qui définit les ambitions de transformation structurelle de l’économie nationale, la création de l’Agence de Promotion de l’Actionnariat Populaire pour l’Entrepreneuriat Communautaire du Niger (APAPEC-NIGER) et la conduite d’opérations de recensement exhaustif des unités industrielles existantes dans le pays.
Dans le cadre du développement d’infrastructures industrielles, le ministre a annoncé le démarrage des travaux de construction du parc industriel de coopération Chine-Niger à Guessel Bodi, commune rurale de N’Dounga, ainsi que l’accélération des démarches pour l’aménagement de la seconde Zone Industrielle de Niamey à Bougoum, arrondissement communal V de Niamey. « Ces initiatives s’appuient sur des partenariats stratégiques solides. En effet, d’ores et déjà, le parc Chine-Niger abrite quatre (4) unités industrielles. En outre, douze entreprises tunisiennes (dont SCIPP, Al Baraka et les Laboratoires Médis) ont déjà manifesté leur intention ferme de s’installer dans la seconde zone industrielle de Niamey. Ces coopérations bilatérales témoignent de l’attractivité retrouvée du Niger pour les investisseurs internationaux », s’est réjoui le ministre Abdoulaye Seydou.
Sur le plan du renforcement de l’intégration économique au sein de l’AES, le Niger a organisé la première Foire Commerciale AES à Niamey en marge de la 3è réunion des ministres chargés de l’industrie et du commerce et le secteur privé des Etats de la Confédération AES sous le thème « Produire, Transformer et Consommer Local pour une Souveraineté Économique dans l’Espace AES ». En plus des trois (3) pays de l’AES, des exposants venus du Ghana, du Sénégal, du Togo, du Tchad et du Maroc ont exposé leurs produits.
Aussi, le ministre du Commerce et de l’Industrie a indiqué que des contrats de partenariat majeurs avec les opérateurs maliens (via la SONIDEP) ont permis l’enlèvement de 3 794 669 litres de gasoil et 1 212 457 litres d’essence super pour une valeur globale de 2 034 505 170 FCFA. De même, 34 autorisations d’exportation ont été délivrées à destination du Burkina Faso (26 autorisations) et du Mali (8 autorisations). « Concernant le Burkina Faso les autorisations couvrent des produits céréaliers (niébé surtout) et du bétail. Le niébé domine largement avec plus de 21 235 tonnes autorisées sur la période, auxquelles s’ajoutent 5 000 t de mil et 5 000 t de sorgho accordées en 2026. À noter également le transfert humanitaire du PAM de 780,65 tonnes de niébé vers le Burkina en avril 2026 », a poursuivi le ministre.
Des perspectives heureuses en vue
Au terme de cette première année de la Refondation, se félicite le ministre Abdoulaye Seydou, le Ministère du Commerce et de l’Industrie affiche un bilan « très satisfaisant », matérialisé par un taux global de mise en œuvre de ses attributions de 90 %. L’analyse comparative avec l’exercice 2024, a-t-il affirmé, révèle des progrès substantiels et quantifiables sur presque tous les indicateurs de performance de son département ministériel.
« Toutefois, ces succès ne sauraient occulter l’ampleur des chantiers restants ; ils posent au contraire les jalons des défis futurs pour l’An 2 de la Refondation. La période à venir exigera notamment la consolidation des acquis du secteur du Commerce (84,60 % de réalisation) et une accélération marquée des initiatives de souveraineté économique », a-t-il insisté.
Les mois à venir, a ajouté le ministre, seront prioritairement consacrés à l’opérationnalisation effective des zones d’activité économique, au renforcement continu du cadre institutionnel et juridique ainsi qu’à l’intensification de la diplomatie commerciale, en particulier au sein de l’Espace AES. Plus spécifiquement, les perspectives retenues au titre de l’année 2026 s’articulent autour des volets Industrie et Commerce et Intégration.
Selon le ministre Abdoulaye Seydou, ces perspectives ambitieuses réaffirment la trajectoire ascendante du Ministère du Commerce et de l’Industrie pour l’An 2 de la Refondation. « En transformant les acquis de cette première année en leviers de croissance durable, le ministère du Commerce et de l’Industrie se positionne comme le moteur central de la souveraineté économique et du rayonnement du Niger au sein de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) », a-t-il déclaré.
Souleymane Yahaya (ONEP)
