Le gouverneur Bana a planté un arbre et lancé un appel à la responsabilité collective pour l’entretien des arbres
A l’instar des autres régions du pays, la région de Dosso a célébré la 3è édition de la Journée Nationale de l’Arbre, instituée par le décret n°2024-468 du 31 juillet 2024. La cérémonie s’est tenue sur le site de Sandi Dey, dans la commune rurale de Garankeday, en présence du gouverneur de la région, du préfet du département de Dosso, de son Altesse le Sultan de Dosso, des autorités locales, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des populations venues nombreuses.
Le site régional de la JNA porte le nom de ‘’Bankadey Mousso Seyni Kadi, surnommé le « lion de Bankadey » qui fut une figure héroïque de la tradition orale zarma. Il est célébré dans les poèmes et chants épiques (Zammu). Sa bravoure légendaire incarne la force et la résilience des communautés de Dosso. « Lion de Bankadey tu es, Seyni Kadi ! », chantent encore les animatrices des aires de danse, perpétuant un héritage qui relie l’histoire guerrière à la vitalité culturelle.
Dans son allocution solennelle, le gouverneur de la région de Dosso a rappelé que le thème retenu, « la restauration des bases productives, pilier de la refondation », traduit la volonté des autorités de bâtir un développement durable fondé sur la terre et ses ressources. Le Colonel-major Bana Alhassane a détaillé les richesses forestières et écologiques de la région dont les forêts classées et protégées ; les rôneraies du fleuve Niger et du Dallol Maouri ; les parcs agro-forestiers riches en espèces locales comme le Gao ou le Boulanga, ainsi que les quatre zones humides classées sites RAMSAR. « Ce potentiel productif apporte une contribution importante à l’économie et améliore fortement les revenus des communautés locales », a-t-il déclaré. Cependant, il a reconnu les défis persistants qui sont le changement climatique, la dégradation des terres, la perte de biodiversité, une insuffisance de régénération naturelle et la prolifération d’espèces envahissantes. Face à ces menaces, l’Etat et ses partenaires déploient des efforts considérables pour inverser la tendance. Le Colonel-major Bana Alhassane a également insisté sur les retombées socio-économiques des actions de restauration : création de milliers d’emplois directs et indirects, amélioration des revenus et renforcement de la souveraineté nationale. « Planter des arbres est une bonne chose, mais entretenir ce qu’on plante est la seule manière de tirer profit de nos efforts », a-t-il exhorté, lançant un appel à la responsabilité collective.
Le préfet du département de Dosso, le commandant Boubacar Alichina Goga, a rappelé que le Néré, arbre choisi pour l’édition 2026, est lié à l’origine du nom Dosso. Selon la tradition, les premières familles zarma s’établirent à l’ombre d’un Néré, appelé Dossa en langue zarma, donnant ainsi naissance au village devenu Dosso. « Planter un arbre le 3 août est un geste républicain salutaire. Mais abandonner ce plant le 4 août, c’est manquer à notre devoir », a-t-il dit, appelant à une vigilance quotidienne dans la protection des arbres.
Auparavant, l’administrateur délégué de la commune rurale de Garankeday, Adjudant Mamane Hassane Guigm, a insisté sur l’importance de restaurer les terres dégradées et de promouvoir des pratiques durables telles que la régénération naturelle assistée (RNA), le reboisement et la gestion durable des pâturages. « Restaurer les bases productives, c’est investir dans l’avenir en redonnant à la terre sa capacité de nourrir les populations », a-t-il affirmé.
Au cours de la cérémonie, le gouverneur de la région de Dosso a distingué plusieurs structures et organisations pour leur collaboration exemplaire dans la réussite des actions de restauration et de protection de l’environnement. Par ailleurs, la cérémonie a été marquée par un élan de solidarité. Une somme de 148 350 FCFA a été collectée et versée au Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie.
La Journée Nationale de l’Arbre, édition 2026 aura conjugué engagement écologique, mémoire historique et mobilisation citoyenne. Entre la refondation politique et économique, la valorisation des traditions et la lutte contre la désertification, Dosso s’affirme comme un espace où l’arbre devient symbole de vie, de souveraineté et d’avenir durable.
Abdoul Moumouni Mahamane
ONEP-Dosso
