Abdoul Malik a remporté 41 médailles et reçu des distinctions, preuve de son envie ...
Dans le milieu du taekwondo nigérien, rares sont ceux qui ne connaissent pas Salifou Bachirou Abdoul Malik. Lors des grandes compétitions de taekwondo du Niger, souvent ce nom résonne. Considéré comme l’un des meilleurs combattants de sa catégorie -68 kg, ses performances et son tempérament de guerrier font aujourd’hui la fierté de son club, l’AS Police.
Mentalement solide, explosif dans ses déplacements, rapide dans ses enchaînements et très souple, Malik est un compétiteur hors pair. Sur le tatami comme à l’entraînement, il ne laisse rien au hasard. Son quotidien est rythmé par le travail, la rigueur et la recherche permanente de la perfection. Il est très attentif aux consignes de ses entraîneurs et il s’applique à les exécuter avec précision.
Abdoul Malik est né le 4 mars 2004 à Niamey, il est ceinture noire 1er Dan et mesure 1,87 m. Il évolue dans la catégorie des -68 kg dont il est actuellement le champion national depuis le 31 décembre 2024 lors de la 25è édition. Désormais, toute son énergie est consacrée à sa carrière sportive, avec un objectif clairement affiché : décrocher une médaille olympique. Son amour pour le taekwondo est né de sa passion pour les combats, les coups de pied spectaculaires, l’esprit de compétition et l’ambiance qui règne autour des tournois. « Quand je monte sur le tatami, j’oublie tous mes soucis. C’est la magie du taekwondo », confie-t-il.

Malik raconte que très jeune, son premier entraîneur, qui est son oncle, feu Maître Ali Ndiaye, ceinture noire 3è Dan, l’obligeait à aller s’entraîner dans son club. À cette époque, il préférait surtout jouer au football. « Il m’emmenait de force au club. Avec le temps, j’ai fini par abandonner le football pour me consacrer entièrement au taekwondo », raconte-t-il.
Après le décès de son oncle, Malik a poursuivi son apprentissage au club Al-Itkan, avant de rejoindre le club Ilmi. C’est au sein de ce club qu’il franchit un nouveau palier jusqu’à intégrer l’équipe de taekwondo de l’AS Police, où il a été accueilli chaleureusement. Sous la direction des techniciens expérimentés du club de la Police nationale, il perfectionne sa technique, aiguise sa tactique et améliore sa lecture des combats. « À l’AS Police, les séances d’entraînement sont particulièrement exigeantes. Préparation physique, travail technique, tactique et intensité sont au programme de chaque séance. Rien n’est laissé au hasard », souligne-t-il.
L’absence d’emplois stables, le manque de soutien financier, les entraînements intensifs, les blessures à répétition ainsi que la gestion rigoureuse de son poids afin de rester dans la catégorie des -68 kg constituent ses obstacles, mais sa détermination reste intacte. « Mon objectif est de devenir encore meilleur, de remporter une médaille d’or au prochain championnat d’Afrique, de me qualifier pour les Jeux olympiques et offrir au Niger une médaille olympique à Los Angeles en 2028 », a-t-il souhaité.
Sa dernière consécration remonte au championnat régional, le 15 août 2026, où il a remporté la médaille d’or dans sa catégorie -68 kg. Auparavant, le 12 juillet 2026 lors de la 1ère édition de l’Air Taekwondo OPEN, il a remporté la médaille d’or et a été nommé meilleur combattant de cette compétition ; et le 26 avril 2026, il avait remporté la médaille d’or lors de la première édition de la Warrior’s Cup.
Il totalise ainsi 41 médailles, sans oublier deux distinctions de meilleur combattant lors des championnats. Le taekwondo lui a également permis de découvrir le monde. En 2019, il décroche sa première médaille d’or internationale au Bénin. Puis, en 2025, il a représenté le Niger au Championnat du monde en Chine.
Parmi les combats qui ont marqué sa carrière, celui disputé au Bénin en 2019 contre le combattant burkinabè Ouédraogo reste gravé dans sa mémoire. « C’était ma première compétition internationale. En remportant ce combat et cette médaille d’or, j’ai compris que je pouvais aller très loin », a-t-il conclu.
Assad Hamadou (ONEP)
