Les officiels à l’issue de la cérémonie d’ouverture
Les festivités consacrées au centenaire de la capitale Niamey se poursuivent sous diverses formes. A cet effet, un colloque scientifique international a démarré hier mardi 13 octobre 2026 à Niamey. Ce colloque, qui durera trois jours, réunit des acteurs de divers horizons, notamment des universitaires, des décideurs, des acteurs de la société civile, etc., qui axeront leurs réflexions sur le thème central « Niamey, 100 ans d’histoire, de résilience et d’avenir ». L’objectif visé par ce colloque est de s’inspirer du passé pour éclairer le présent et dessiner l’avenir.
Lors de la cérémonie de lancement officiel de ce colloque, les initiateurs et principaux acteurs de l’événement, à savoir l’administrateur délégué de la Ville de Niamey et président du comité ad hoc d’organisation du centenaire, le Colonel Soumana Boubacar Garanké, le président du comité scientifique, Dr Hamani Issaka, et le gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, ont invité les participants à mettre à profit ces jours de travaux pour mener des réflexions pointues pour une capitale prospère.
Procédant au lancement officiel, le ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales, M. Oumarou Abdourahamane, a, au nom des autorités nigériennes, salué les acteurs ayant contribué à l’organisation de cet événement. Selon lui, l’histoire de la capitale Niamey est celle d’une résilience remarquable. Du modeste village riverain du fleuve Niger au choix initial de 1903 qui en fit le chef-lieu du territoire militaire, Niamey a connu une trajectoire singulière. « Les hésitations de l’administration coloniale et les mutations qui en ont découlé ont façonné son visage, modifié la configuration de ses quartiers et redéfini le panorama du hameau d’antan. Le transfert du chef-lieu à Zinder en 1911, puis le retour à Niamey initié en 1922 et devenu effectif le 28 décembre 1926, ont joué un rôle essentiel tant dans la transformation physique de la cité que dans l’extension de ses fonctions administratives. Depuis cette date charnière et le plan d’aménagement qui jetait les bases d’un premier brassage cosmopolite, Niamey n’a cessé de grandir, que dis-je, de s’étaler souvent de manière incontrôlée. Devenue dès 1952 le premier centre urbain du pays, notre capitale a vu sa trajectoire jalonnée par de grands choix d’urbanisme : le plan HERBÉ de 1952, l’extension de 1964, l’ouverture décisive sur la rive droite grâce à l’inauguration du pont Kennedy en 1970, le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de 1984 et la décentralisation de 1996 », a expliqué le ministre.
Aujourd’hui, avec près de 2 millions d’habitants répartis dans cinq arrondissements communaux, Niamey, précise le ministre en charge de la Refondation, est devenue une métropole sahélienne dynamique, confrontée à d’immenses défis, à savoir la maîtrise de l’étalement urbain, la gestion des risques climatiques et sanitaires, la fourniture des services essentiels et la valorisation de son identité culturelle et linguistique. « C’est pour répondre à ces enjeux que la communauté scientifique s’est mobilisée autour de huit axes de réflexion majeurs, allant de l’histoire et du patrimoine aux savoirs endogènes, des risques urbains à l’économie informelle, et de la gouvernance à la dynamique des langues au cœur de la cité », a déclaré le ministre.
C’est dans cette dynamique refondatrice que s’inscrit le grand projet national d’écriture de l’Histoire Générale du Niger. « Une fois achevée, cette œuvre monumentale sera déclinée dans l’ensemble de nos curricula éducatifs afin d’ancrer chez nos jeunes générations une conscience historique libérée, fière de ses racines et de son patrimoine. De la même manière, nous attendons des travaux et communications de ce colloque des propositions d’aménagement originales et audacieuses. Elles devront servir de modèles d’urbanisme adaptés à nos réalités sahéliennes, capables de revitaliser nos cités, de promouvoir l’autosuffisance et le civisme, et de faire de nos villes des espaces attractifs, durables et rayonnants au sein de l’espace de notre Confédération AES, de la sous-région et du monde », a indiqué le ministre Abdourahamane Oumarou.
Le premier jour de ce colloque est consacré à une conférence inaugurale, des sessions plénières et des panels parallèles. Ces activités se poursuivront les deuxième et troisième jours avec des acteurs venus de divers horizons, pour aboutir à l’élaboration d’un document scientifique qui servira de référence, prenant en compte tous les contours de Niamey d’aujourd’hui et de demain, pour en faire une capitale moderne, résiliente et inclusive.
A tout point de vue, ce colloque est l’une des activités phares du centenaire de la capitale. En célébrant ce siècle de trajectoire institutionnelle, politique, sociale et spatiale sous l’angle scientifique, les acteurs n’accomplissent pas un simple devoir de mémoire. Ils posent un acte majeur de souveraineté scientifique qui permettra à Niamey de poursuivre sa marche vers un avenir radieux. Pour réussir l’aspect scientifique de cet événement, le comité d’organisation a lancé un appel à propositions de communication scientifique. Ainsi, 164 propositions ont été enregistrées. Au final, ce sont les 102 propositions qui ont été retenues.
A la fin de ce colloque, un document sera produit sous la forme d’un livre du centenaire, et servira d’un ouvrage de référence précieux pour les générations actuelles et futures.
Abdoul-Aziz Ibrahim (ONEP)



