jeudi 5 novembre 2026

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Hindou Boubacar Soumana: Une jeune slameuse nigérienne qui transforme les mots en arme de sensibilisation

· ONEP NE
La slameuse Hindou Boubacar Soumana
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Agée de 25 ans, Hindou Boubacar Soumana est étudiante en troisième année de Licence en administration et gestion des organisations à l’ETEC, ainsi qu’en lettres, arts et communication à l’Université Abdou Moumouni.

Passionnée d’écriture, son parcours dans le slam a commencé de façon personnelle. « J’ai commencé à écrire pour me libérer, pour mettre des mots sur ce que je ressentais : les blessures, les jugements, l’amour, la peur, l’espoir. Le slam m’a attirée parce qu’il ne demande pas de masque. On parle vrai, avec le cœur et la voix », a-t-elle révélé.

Au-delà de son caractère artistique, Hindou Boubacar Soumana considère le slam comme un puissant outil de dénonciation et de sensibilisation aux réalités sociales du Niger. « Les injustices, la pauvreté, les inégalités, le poids de certaines traditions, le silence imposé aux femmes et aux jeunes figurent parmi les préoccupations que je souhaite porter devant le public. Je m’intéresse également à des problématiques telles que le mariage précoce, le chômage des jeunes, la corruption, la violence et le manque d’opportunités », a-t-elle indiqué.

À travers ses textes, la jeune slameuse raconte sa propre histoire, mais aussi celle des autres. Elle cherche à transformer les souffrances en messages porteurs de sens et à faire de l’intime une réalité dans laquelle chacun peut se reconnaître. « Le slam est désormais bien plus qu’un simple moyen d’expression : c’est une manière d’exister, de résister et parfois même de guérir », a-t-elle ajouté.

Comme de nombreuses femmes qui évoluent dans le milieu du slam, Hindou Boubacar Soumana est confrontée à plusieurs défis. « En tant que femme artiste, je rencontre beaucoup de problèmes notamment la nécessité de prouver constamment ma crédibilité, les préjugés liés au genre et les pressions familiales », a-t-elle souligné.

Pour cette artiste, le développement du slam au Niger nécessite un soutien plus conséquent de la part des autorités, surtout en termes de financement et de reconnaissance des artistes. Selon elle, il est important de créer des espaces pour la performance et d’encourager les initiatives culturelles. « Pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans le slam, je les invite à s’exprimer librement, à partager leurs histoires. Le slam est une arme de mots qui dénonce sans violence, sensibilise sans imposer quoi que ce soit à qui que ce soit et transforme la douleur sociale en message porteur de conscience. », a-t-elle conclu.

Abdoussalam K. Mouha (ONEP)