Abdoul Latifou Souley, promoteur de NP Consulting
L’entrepreneuriat est devenu un véritable refuge pour de nombreux jeunes au Niger. Conscients des enjeux de cette démarche, de plus en plus de jeunes s’y investissent dans l’espoir de trouver une stabilité financière. C’est le cas de Abdoul Latifou Souley, promoteur du cabinet Niger Progrès Consulting (NP Consulting).
Titulaire d’une licence en géographie, il choisit d’entreprendre « pour être indépendant », dit-il. C’est ainsi qu’il crée Niger Progrès Consulting, un cabinet basé à Dosso et orienté vers la formation professionnelle, l’assistance technique et l’accompagnement des initiatives de développement, en plus d’autres prestations. Son cabinet offre des formations pratiques en agriculture moderne, élevage amélioré, métiers de l’artisanat, programme d’alphabétisation, etc. À travers cette structure, Abdoul Latifou cherche avant tout à répondre à des besoins locaux, notamment en matière de renforcement de capacités et d’appui à l’auto-emploi. « Nous voulons que chacune de nos actions ait un impact réel en tenant compte de notre responsabilité sociale », explique-t-il.
L’activité du cabinet repose en grande partie sur les moyens du bord. Le promoteur s’appuie sur ses compétences et sur un réseau encore limité. Progressivement, Niger Progrès Consulting parvient à fonctionner avec une petite équipe de sept (7) travailleurs appelés «collaborateurs», y compris le fondateur, participant à des formations, des ateliers et des actions de sensibilisation communautaire.
Pour Abdoul Latifou Souley, l’accès aux partenariats constitue l’une des principales difficultés. Les jeunes entrepreneurs peinent à établir des partenariats durables avec les ONG, les institutions et les entreprises déjà installées. Les démarches restent souvent sans réponse, malgré les sollicitations répétées. « Personnellement, j’ai adressé beaucoup de demandes de collaboration et de partenariat stratégique avec des ONG nigériennes des domaines d’intervention communs avec mon cabinet, sans avoir un retour favorable », déplore le promoteur. Malgré ces contraintes, il refuse de baisser les bras. Bien qu’exigeant, il estime que l’entrepreneuriat offre une forme d’autonomie et permet de valoriser des compétences souvent sous-exploitées.
Pour lui, entreprendre ne s’improvise pas. C’est pourquoi, M. Abdoul Latifou attire particulièrement l’attention des jeunes initiateurs et créateurs, sur l’importance de la formation et de la maîtrise du domaine choisi, rappelant que l’échec guette ceux qui se lancent sans préparation. « Dans un contexte économique incertain, la persévérance et l’adaptation restent des qualités indispensables pour tenir sur la durée », rappelle-t-il.
L’initiative portée par Abdoul Latifou Souley illustre une réalité largement partagée au Niger, de nombreux jeunes tentent de construire leur propre voie. Si les obstacles structurels demeurent, ces initiatives témoignent néanmoins de leur volonté de ne pas céder au découragement et de participer, à leur échelle, au développement local.
Yacouba Moumouni (Stagiaire)



