Lors de la rencontre ...
Le gouverneur de la région d’Agadez, le Général de Division Ibra Boulama Issa, a réuni, le jeudi 4 juin 2026, dans la salle de réunion du gouvernorat, l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne d’approvisionnement et de commercialisation du gaz domestique. L’objectif de la rencontre est de porter à la connaissance des acteurs les résultats issus des investigations et annoncer des mesures fortes contre les contrevenants afin de faire face à la pénurie observée dans la région, notamment dans les villes d’Agadez et d’Arlit.
Dans son intervention en face des acteurs de la filière gaz domestique, le gouverneur a indiqué que malgré les approvisionnements réguliers des centres emplisseurs, les consommateurs continuent de subir les effets d’une pénurie persistante caractérisée par la rareté du produit, la spéculation sur les prix et un manque de transparence dans sa commercialisation. Il a rappelé que le gaz est aujourd’hui indispensable dans de nombreuses activités économiques car étant la principale source d’énergie disponible dans la région.

Les enquêtes intervenues suite à cette crise du gaz domestique, les autorités ont relevé que de nombreuses bouteilles destinées aux centres urbains sont parfois orientées vers les zones d’orpaillage et les sites maraîchers, où les prix pratiqués sont plus élevés. Cette situation alimente ainsi la spéculation et aggrave les difficultés rencontrées par les ménages. Au niveau des centres emplisseurs, les constats font cas d’un ravitaillement irrégulier de certains points de vente, la non-opérationnalisation de points de vente pourtant annoncés, l’insuffisance de l’approvisionnement des revendeurs et l’absence de dépôts dans plusieurs départements de la région, entre autres. Du côté des revendeurs, les services de contrôle ont constaté une rétention délibérée de stocks, des refus de vente malgré la disponibilité du produit, le non-respect des prix officiels, le transvasement du gaz d’une bouteille à une autre et le stockage de bouteilles destinées à la vente dans des habitations.
Pour les autorités régionales, ces pratiques contribuent largement à désorganiser le marché et à accentuer les difficultés rencontrées par les consommateurs. Face à cette situation, le gouverneur a annoncé une série de mesures impliquant l’ensemble des services de l’État dans la gestion de cette situation. Ainsi, la Direction régionale du Commerce et de l’Industrie a été chargée de renforcer l’encadrement du dispatching du gaz à chaque arrivée de citerne afin de garantir une répartition plus équilibrée entre les différentes localités. Les Forces de défense et de sécurité sont chargées d’accompagner les équipes de contrôle dans leurs missions de surveillance et de lutte contre la fraude. Les responsables de l’administration du territoire doivent, de leurs côtés, renforcer le suivi de la distribution dans les zones de forte consommation, notamment les sites aurifères et les périmètres maraîchers.
Le gouverneur a également annoncé que les autorités régionales engageront un plaidoyer auprès des instances compétentes afin d’obtenir une augmentation des quantités de gaz destinées à la région. Concernant les revendeurs, il a rappelé l’obligation de respecter les prix officiels de revente du gaz domestique qui sont de 3 750 FCFA pour la bouteille de 12,5 kg, 1 800 FCFA pour 6 kg et 900 FCFA pour la bouteille de 3 kg. « Aucune augmentation de prix ne saurait être justifiée », a-t-il notifié, tout en ajoutant que les pratiques dangereuses comme le transvasement du gaz ou le stockage de bouteilles destinées à la vente dans les habitations demeurent strictement interdites. « L’État consent d’énormes sacrifices pour subventionner le gaz afin de faire profiter la population. Il serait inconcevable que l’on laisse des gens s’enrichir sur le dos du peuple, au mépris des lois et règlements de la République », a-t-il averti, avant d’inviter la population de dénoncer auprès des services compétents les manquements constatés à la réglementation.
Ali Maman, ONEP Agadez
