Au cours des échanges
Le gouvernorat de la région d’Agadez a accueilli, le vendredi 13 mars 2026, une rencontre d’échanges consacrée au suivi de l’opérationnalisation de l’approche basée sur les routes de mobilité. Cette réunion entre les autorités régionales, les services techniques de l’État et les partenaires du Niger, s’est tenue sous la présidence du gouverneur de la région, le Général de Division Ibra Boulama Issa, en présence du sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, de la Haut-Commissaire assistante chargée de la protection au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Mme Ruvendrini Menikdiwela, et de plusieurs cadres concernés par les questions de mobilité.
Dans son discours d’ouverture, le gouverneur de la région d’Agadez a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de renforcement de la gestion des mouvements mixtes et de la protection des personnes en mobilité. Le Général de Division Ibra Boulama Issa a souligné que la région d’Agadez demeure un carrefour migratoire majeur où se croisent différents flux, notamment les migrations descendantes, les flux ascendants, les retours ainsi que les expulsions massives. Cette situation, a-t-il expliqué, exerce une pression croissante sur les communautés locales, les services sociaux de base et les mécanismes de protection.
Face à cette réalité, le premier responsable de la région a souligné la nécessité de renforcer la coordination entre les acteurs et d’adapter les réponses aux dynamiques migratoires actuelles. « L’approche basée sur les routes n’est plus seulement une option, mais une nécessité stratégique », a-t-il déclaré, estimant que la gestion efficace des mobilités humaines nécessite une action concertée impliquant les institutions publiques, les agences des Nations Unies, les organisations non gouvernementales et les communautés locales. Le gouverneur a également rappelé que, depuis 2017, le Niger, avec l’appui du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et de l’Organisation internationale pour les migrations, a enregistré des progrès notables dans ce domaine.

Prenant la parole à cette occasion, le directeur général de l’État civil, des migrations et des réfugiés a rappelé que le Niger occupe aujourd’hui une position centrale dans la gestion des mobilités humaines dans la sous-région, avec plus de 400 000 personnes nécessitant actuellement une assistance au Niger. Il a précisé que le pays joue un rôle déterminant dans la coopération internationale en matière de protection des réfugiés et des migrants. Selon lui, le système national d’asile existe depuis près de trois décennies, ce qui confère au pays une expertise reconnue dans la région. Le directeur général a par ailleurs insisté sur la nécessité de concilier l’action humanitaire avec les impératifs sécuritaires.
De son côté, Mme Ruvendrini Menikdiwela, Haut-Commissaire assistante chargée de la protection au HCR, a salué la générosité et l’hospitalité dont fait preuve le Niger envers les réfugiés et les demandeurs d’asile depuis plusieurs décennies. Elle a également souligné l’importance de la coopération entre les autorités nationales, les agences des Nations Unies, les organisations non gouvernementales et la société civile afin d’apporter des réponses efficaces aux défis posés par les mouvements mixtes. Mme Ruvendrini Menikdiwela a enfin réaffirmé l’engagement du HCR à soutenir durablement le Niger dans ses efforts de protection des réfugiés et des demandeurs d’asile.
La rencontre a été sanctionnée par la présentation du directeur régional de l’INS Agadez, M. Issoufou Tinguidi, sur la Synthèse de l’évaluation conjointe et multisectorielle des besoins des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile dans la région d’Agadez. Il a ainsi relevé que la dynamique migratoire dans la région soulève des enjeux humanitaires majeurs en matière de protection pour les migrants nigériens et non nigériens, les réfugiés et les demandeurs d’asile, mais également des défis de cohésion sociale avec les communautés hôtes. Les refoulements massifs en provenance des pays voisins, a regretté M. Issoufou Tinguidi, ont conduit les autorités régionales et les partenaires humanitaires à élaborer un plan de réponse à la crise migratoire en 2025.
A travers cette rencontre, les autorités nigériennes et leurs partenaires entendent consolider les acquis, renforcer la protection des personnes en mobilité et améliorer la gouvernance migratoire dans un contexte régional marqué par des dynamiques migratoires de plus en plus complexes.
Ali Maman, ONEP Agadez
