La défense des droits humains est à géométrie variable au Parlement de l’Union Européenne (P.U.E). C’est du moins ce que révèle la fameuse résolution RC10-0159/2026 dudit parlement adoptée le 12 mars pour, dit-on, ‘’exiger la libération immédiate et sans condition’’ du président déchu Mohamed Bazoum.
Et, les eurodéputés n’ont eu aucun scrupule à l’assumer. En effet, dans leurs déclarations respectives, ces élus européens disent exiger la libération de Mohamed Bazoum parce qu’il est un ‘’partenaire clé de l’Union Européenne au Sahel’’. Voilà qui est très clair. Il ne s’agit pas de demander la libération de la personne en question, mais plutôt de l’allié.
Une drôle d’approche au regard du contexte sécuritaire de la région. En effet, les massacres de populations civiles au Niger, et au Sahel en général, perpétrés depuis plus d’une décennie par les groupes armés terroristes financés, équipés et entretenus par un pays membre de l’UE (la France) n’ont jamais suscité une résolution du P.U.E, ni même la moindre expression de compassion.
Plus récent encore, le P.U.E n’a pipé mot lorsque les USA ont kidnappé un président tout aussi ‘’démocratiquement élu’’ au Venezuela ou lorsque les USA et Israël assassinent le Guide de la Révolution iranienne et une quarantaine de dirigeants de ce pays. Le parlement de l’UE n’a fait aucune déclaration sur le bombardement de la coalition américano-israélienne sur une école ayant tué plus de 160 fillettes. Tout cela est normal du point de vue des eurodéputés.
En clair, pour le P.U.E, les dirigeants du Venezuela et de l’Iran ainsi que les civils massacrés à Gaza, à Beyrouth et à Téhéran, n’ont pas le statut de ‘’personne humaine’’. De cette logique du P.U.E, on déduit que les droits humains ne sont applicables qu’aux alliés, aux dirigeants qui font le jeu de l’UE et qui préservent les intérêts européens. Dès lors, le parlement européen n’a aucune autorité morale, aucune leçon d’humanisme à donner au Niger.
Il est plus qu’évident que l’objectif de cette fameuse résolution ne vise ni plus ni moins qu’à mettre la pression sur le Niger dans l’espoir d’un retour de la France pour continuer le pillage de l’Uranium nigérien et fournir aux pays de l’UE de l’électricité bon marché. Cela, à un moment où Trump et Netanyahu ont installé la chienlit au Moyen-Orient, compromettant ainsi l’approvisionnement mondial en énergie.
Incapable de prendre une position responsable face à la guerre injuste et stupide menée contre la République Islamique d’Iran, le P.U.E se résout à s’acharner sur le Niger, sur l’Afrique noire. Sauf que le P.U.E, assurément manipulé par la France, se trompe d’époque. Cette résolution aux relents racistes ne prospérera pas. Les dirigeants actuels du Niger et le peuple nigérien dans son ensemble ne sont plus l’image qu’une certaine classe politique servile a longtemps présentée à l’Europe.
Au lieu de suivre aveuglement la France dans ses menées subversives contre le Niger, l’UE aurait mieux à gagner en cherchant à établir un partenariat sincère, fondé sur le respect mutuel avec le Niger. Toute autre démarche n’aura aucune chance de prospérer, parce que le peuple nigérien est un peuple fier et digne, déterminé à s’émanciper et prêt à assumer son histoire.
Siradji Sanda (ONEP)
