À 23 ans, Aoual est devenu une figure connue de la place du Terrain Musulman à Niamey. Les clients viennent nombreux, attirés par l’odeur appétissante de son kilichi, mais surtout par la qualité de ses produits et son accueil chaleureux. « Je faisais ça avec mon patron depuis plus de 10 ans », raconte-t-il, les mains gantées de plastique. Il a dû abandonner l’école après la classe de CE2. Plutôt que d’attendre un emploi, il a pris les devants. « Le Kilichi, c’est notre fierté. Mais moi, j’ai voulu innover : varier les épices, emballer proprement pour pouvoir fidéliser les clients », affirme-t-il.
Ce jeune, achète la viande tôt au marché de Katako, la découpe finement, l’assaisonne avec un mélange maison d’arachide moulée, de gingembre et de piment, puis la sèche sur un grill suspendu. « Je n’ai pas de frigo, alors tout doit être frais et bien fumé », a-t-il dit. Il vend entre 5 000 et 10 000 F CFA par jour, assez pour subvenir à ses besoins et aider sa famille au village.
Avec ses économies, il rêve d’ouvrir une vraie boutique, avec logo et hygiène renforcée. « Les gens mangent le Kilichi dans toute l’Afrique. Moi, je veux faire une marque locale qui sera bien reconnue dans le monde », confie-t-il avec sourire au visage.
Dans un pays où l’emploi des jeunes reste un défi, le parcours d’Aoual est un exemple d’espoir qui devrait inspirer tous les jeunes Nigériens. Il montre que même un produit traditionnel peut devenir une opportunité d’avenir avec du sérieux, de la créativité et de la volonté.
Le kilichi du Niger est plus qu’un simple produit alimentaire : c’est un symbole culturel et un facteur d’autonomisation économique. Son histoire riche, son mode de production unique et sa montée vers la standardisation font de lui un exemple de valorisation des traditions dans un cadre moderne. Avec un soutien renforcé des acteurs, il peut continuer à se développer, en termes de valeur ajoutée, à contribuer à la sécurité alimentaire et à promouvoir l’image du Niger sur la scène internationale.
L’apport du kilichi dans le ‘’Produit Intérieur Brut (PIB) du Niger, bien qu’encore peu quantifié officiellement, est réel et non négligeable. Ce produit local mobilise des milliers d’acteurs à différents niveaux dont, entre autres, des éleveurs, des bouchers, des transformateurs, des vendeurs ambulants, artisans, des commerçants.
Adamou. I Nazirou (stagiaire)
