Assemblée nationale : Clôture de la première session extraordinaire au titre de l’année 2021

Politique
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Le président de l’Assemblée nationale a présidé hier matin à l’hémicycle, Place de la concertation, la cérémonie de clôture des travaux de la 1ère session extraordinaire au titre de l’année 2021. Dans son discours de clôture, le président de l’Assemblée nationale a souligné que la législature de 2016-2021 qui prend fin ce 16 mars a atteint tous les objectifs qu’elle s’était assignés à son installation. SE. Ousseini Tinni a souhaité le meilleur pour le Niger et pour son peuple ainsi que la chance pour la prochaine législature. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, SE. Brigi Rafini, des membres du gouvernement et de plusieurs invités.

Durant la législature présidée par Ousseini Tinni, 355 lois dont de nombreuses ratifications d’accords de prêt de financement, d’opérations de développement et surtout des textes structurants ayant vocation à accompagner le gouvernement à exécuter ses missions ont été adoptées. A l’attention des futurs députés, M. Ousseini Tinni a souligné que cinq ans est un espace temporel assez court. «Il ne faut donc différer aucune réforme, il faut s’entendre assez vite sur un programme législatif minimum et s’engager dans son exécution, sans tarder», a-t-il conseillé. Dans cette optique, il a suggéré aux futurs parlementaires de donner toute la priorité aux lois de réformes sociales. «Il me semble, en effet, que de nombreuses pesanteurs liées à notre histoire et à nos cultures constituent un véritable frein à notre épanouissement social», a martelé SE. Ousseini Tinni. (Lire ci-dessous, l’intégralité du discours prononcé par SE. OusseiniTinni).

 Seini Seydou Zakaria(onep)

«Je souhaite de tout cœur que le climat de respect mutuel qui a prévalu dans l’hémicycle pendant ces cinq années puisse devenir la culture de référence de l’Assemblée nationale du Niger», déclare SEM. Ousseïni Tinni

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Honorables collègues Députés,

Mesdames et Messieurs,

Voici venu le temps des aux revoir, peut-être même celui des adieux ! En effet, avec la session extraordinaire qui prend fin aujourd’hui, la deuxième législature de la septième République tend vers son terme.

Mais, chers collègues, nous partons le cœur léger ! Car, comme je l’avais naguère dit, cette législature a atteint tous les objectifs qu’elle s’était assignés à son installation ; ainsi, elle a considérablement renforcé l’arsenal législatif nigérien, elle a créé les conditions ayant permis de rapprocher davantage l’Assemblée nationale des citoyens de base à travers l’organisation régulière de missions de terrain et elle a amélioré l’efficacité du contrôle parlementaire.

Elle aura également démontré, de la plus belle des manières, que l’on peut être d’opinions politiques différentes et travailler en harmonie, avec courtoisie et responsabilité, chaque fois que l’intérêt supérieur du pays le commande !

Pour ma part, je souhaite de tout cœur que le climat de respect mutuel qui a prévalu dans l’hémicycle pendant ces cinq années puisse devenir la culture de référence, le signe de reconnaissance de l’Assemblée nationale du Niger.

Après tout, l’on peut d’être d’avis opposés et conduire des débats avec sérénité et civilités, surtout lorsque les objectifs poursuivis par chacun sont réputés s’inscrire dans la recherche du bien commun pour le pays et ses citoyens. A cet égard, il revient à l’équipe de direction de l’institution de savoir et d’accepter que le pouvoir législatif est un pouvoir collectif. Ni le député pris isolément, ni aucun démembrement du Parlement ne saurait en avoir la plénitude, seule la plénière, après que les opinions se soient croisées, peut décider en dernier ressort, au nom de la Nation tout entière. Toute l’organisation du travail parlementaire découle de cette évidence.

 Je souhaite que nos remplaçants dans cette auguste maison acceptent cette évidence dès leur installation et qu’ils s’engagent à entretenir une saine contradiction au sein de toutes les instances de l’institution. Il ne s’agit pas de cultiver une béate unanimité mais, plutôt de garder constamment à l’esprit le nécessaire point de convergence de l’attention de tous les citoyens à savoir le bien commun des Nigériens.

Je voudrais également dire à nos successeurs que cinq ans est un espace temporel assez court ! Il ne faut donc différer aucune réforme, il faut s’entendre assez vite sur un programme législatif minimum et s’engager dans son exécution, sans tarder. Dans cette optique, je me permets de leur suggérer de donner toute la priorité aux lois de réformes sociales, il me semble, en effet, que de nombreuses pesanteurs liées à notre histoire et à nos cultures constituent un véritable frein à notre épanouissement social.

S’agissant de la mission de représentation de l’Assemblée nationale, je recommande vivement à la Chambre élue de préférer les déplacements à l’intérieur du pays aux missions à l’étranger, plus coûteuses et beaucoup moins utiles. En effet, il nous était rapidement apparu que les missions de terrain que nous avions initiées comblaient une attente de nos concitoyens, soucieux de se voir impliqués dans le cycle législatif, comme des observateurs concernés par la finalité de l’exercice législatif. Comme je l’avais dit à une autre occasion, il s’agira, à terme, de faire en sorte que la loi s’élabore de manière moins verticale.

  Pour ce qui est de la mission de contrôle, j’encourage la nouvelle législature à continuer encore à innover avec pour finalité de donner plus de vie à notre démocratie, d’intéresser davantage les citoyens aux débats parlementaires et surtout   de faire exercer à l’Assemblée nationale la plénitude de tous ses pouvoirs.

Distingués invités chers collègues, sur tout un autre plan, je voudrais recommander aux nouveaux élus nationaux et locaux de travailler à aplanir tous les clivages afin de rassembler les Nigériens autour des questions essentielles qui transcendent les différences d’opinion, qui transcendent le fait politique. C’est notamment la sécurité nationale, la mise en valeur des ressources naturelles et minières, les choix sociaux essentiels, l’éducation nationale, la santé publique, le Développement rural…

La Représentation nationale souhaite qu’ils soient les premiers à agir pour montrer à tous nos concitoyens que les élections sont terminées et bien terminées et qu’il est temps de se retrouver autour des chantiers majeurs de l’Etat. Conséquemment, la Représentation nationale leur demande d’employer notre capital humain avec la rationalité qui sied à un pays en développement.

Avec les malentendus voire les dérapages constatés çà et là pendant la campagne électorale, seules des actions volontaires et énergiques des nouvelles autorités peuvent redonner au tissu national toute sa solidité, toute son étanchéité, conditions a priori de la consolidation du sentiment patriotique, première arme contre les ennemis extérieurs.

En effet à l’heure où de graves menaces nous préoccupent à certaines de nos frontières, il est impératif de résoudre à l’interne toutes nos contradictions. Il ne faut pas laisser s’installer d’irréconciliables antagonismes.

Il reste donc entendu que chacun de nos compatriotes est interpellé. Qu’il s’agisse d’acteurs politiques, d’animateurs des forces sociales ou même de citoyens ordinaires, tous doivent travailler au renforcement de la quiétude, travailler à la culture de la fraternité véritable afin de contrecarrer les plans de ceux qui nous agressent avec le dessein de nous déposséder de notre pays.

Il faut que chacun d’entre nous se dise que la compétition politique est un travail saisonnier et qu’une fois la saison passée, il faut revenir à son métier habituel, à son occupation de tous les jours, dans le respect du vivre-ensemble et des textes fondamentaux de la République. Nous nous devons d’agir ensemble avec la ferme volonté de préserver l’Unité et l’indépendance du pays.

 Il s’agit ce faisant, de nous inspirer du comportement exemplaire de SEM ISSOUFOU MAHAMADOU dont la conscience patriotique et le dévouement à la cause nationale sont reconnus au-delà de nos frontières ce qui lui a valu de nombreuses distinctions internationales. Il s’agit notamment du prestigieux PRIX MO IBRAHIM qui vient de lui être décerner, le mettant ainsi dans le même rang que l’illustre NELSON MANDELA.

Bien évidemment, tous les Nigériens en sont fiers, même si, bien avant ce prix, ils ont su reconnaître et apprécier l’excellence du Leadership du Président ISSOUFOU MAHAMADOU. Ils savent que dix années durant, sa plus grande préoccupation a été la recherche des voies et moyens pour améliorer leur bien-être et accélérer le décollage économique véritable de leur pays. Il s’est dévoué corps et âme à sa mission dans le respect sacré des exigences de la démocratie et de l’Etat de droit. Comme je l’ai naguère dit, laissons à l’histoire le soin de lui élever un piédestal à sa hauteur.

Pour en revenir à vous, chers collègues, je voudrais, à nouveau, vous remercier pour tout ce que vous avez fait de grand et d’utile pour le Niger au cours de la législature qui s’achève. A l’heure où nous nous séparons, je puis témoigner que chacun d’entre vous, au cours de cette législature n’a jamais eu d’autres motivations que celles d’être utile à ce pays qui nous est cher ; je puis témoigner qu’en toute circonstance vous aviez été réellement des députés nationaux qui ne décidaient qu’en toute conscience, avec le plus grand patriotisme.

 En toute humilité, je pense que vous avez mérité de la République et de nos concitoyens. Puissent-ils ne pas l’oublier !

Pour finir, je voudrais, encore une fois souhaiter le meilleur pour le Niger et son peuple, je voudrais souhaiter la meilleure chance possible pour la prochaine législature. Je voudrais également remercier le personnel de l’Assemblée nationale qui nous a discrètement accompagné pendant ces cinq exaltantes années. Je me dois aussi de rendre hommage à la presse pour avoir intelligemment et efficacement relayé les résultats de nos travaux à nos compatriotes.

Je vous dis, à tous, au revoir en vous rappelant, avec Shakespeare, que ‘’les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation’’.

 Sur ce, je déclare close la première session extraordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2021.

Vive la République,

Vive le Niger,

Je vous remercie, la séance est levée.

ONEP