Dévoilement de la plaque de baptême de la rue Zarmakoye Karanta Gabèye ...
L’administrateur délégué de la Ville de Niamey, le Colonel Boubacar Soumana Garanké, a présidé, le mardi 30 juin 2026, la cérémonie de baptême de plusieurs rues de la capitale. Ce geste symbolique vise à honorer la mémoire de ces figures ayant marqué de leurs empreintes l’histoire du pays.
Les rues nouvellement baptisées sont l’avenue Zarmakoy Karanta Gabeye qui relie le rond-point Baré au rond-point Moussa Salla dans l’arrondissement communal Niamey 2, la Place Garu Mélé dans l’arrondissement communal 3 en face de la station Ola Energie en allant vers le rond-point Salou Djibo, le Boulevard Idriss Alaoma dans l’arrondissement communal Niamey 3, le Boulevard Mohamed Elkanemi dans l’arrondissement Communal Niamey 2 et 3 au niveau du rond-point Kokorba et la Rue Dunama Dibalami dans l’arrondissement Communal 2.
Zarmakoye Karanta Gabèye, ont affirmé ses ayants-droit, est né vers 1859 à Sakadamna et décédé en 1915 à Niamey. L’illustre disparu, ont-ils fait savoir, avait incarné pour sa génération des valeurs intellectuelles et morales supérieures « de courage et de bravoure, d’organisation et de stratégie, d’esprit de prévision et de réalisme, de rassemblement et d’unification, de développement et de progrès de sa communauté aux prises avec les velléités quotidiennes d’un environnement difficile et hostile ».

Maï Dunama Dibalami (1210-1248), était un membre de la famille des Sayfawa qui dirigea l’empire du Kanen-Bornou, puis celui du Bornou jusqu’au milieu du XIXè siècle. Son règne fut marqué par une nouvelle spiritualité, l’islam, la puissance militaire et la domination politique, indique sa descendance.
Maï Idriss Alaoma (1564-1596), lui, dirigea l’empire du Bornou jusqu’au milieu du XIXè siècle. Sous son règne, l’empire du Bornou est monté en puissance grâce à une profonde reforme administrative et la modernisation de son armée qui commença à utiliser pour la première fois des armes à feu.
Quant à Shehu Mohamad Elkanémi (1814-1835), c’est grâce à sa réputation de fervent musulman et de stratège militaire qu’il réussit à regrouper les forces du Bornou dispersées et à aider les Seyfawa à reconquérir leur capitale en 1808. Il était défenseur d’un islam pur, loyaliste, et était un diplomate reconnu.
Garu Mélé est un site qui se trouve à 25 km au sud-ouest de l’actuelle ville de N’Guigmi. C’est sous le règne de Maï Ali Gaji (1465-1497) que cette ancienne ville perd son statut de capitale du nouvel empire du Bornou. Ce vestige historique, par absence de fouilles archéologiques, cache encore ses secrets.
En marge de cette cérémonie, le Sultan du Damagaram, Son Altesse Aboubacar Oumarou Sanda, a offert un sabre à l’administrateur délégué de la Ville de Niamey, le Colonel Boubacar Soumana Garanké. Ce présent symbolise les liens de respect, de fraternité et de coopération entre les autorités traditionnelles et administratives.
L’organisatrice de l’évènement, Dr Aïssata Binta Laoula, a révélé que des pierres datant du XIVᵉ siècle, soit environ 700 ans, ont été remises au Musée national par l’intermédiaire du ministre chargé de la Culture. « Les pierres taillées, sur lesquelles sont encore visibles des traces de doigts, ont servi à ériger les murailles de l’ancienne cité de Garou Mélé, tandis que les pierres cuites rouges ont été utilisées pour la construction des bâtiments intérieurs. Le nom ‘’Mélé’’ fait référence à la diversité des couleurs de ces matériaux », a-t-elle conclu.
Abdoussalam K. Mouha (ONEP)
