Moustapha Alou
Les carottes sont donc cuites pour ORANO qui a été pris en flagrant délit de constitution d’une poudrière nucléaire, voire d’exposition au surplus d’abandon à l’air libre de quatre-cents (400) tonneaux contenant de la carotte radioactive qui est, pour ceux qui ne le savent pas, une matière hautement toxique et dont l’exposition met en danger la vie et la santé des populations.
Depuis le 26 juillet 2023, l’Etat du Niger, sous la guidance du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, ne jouant pas à « la carotte et au bâton » avec quiconque se hasarderait à tenter de mettre en péril la vie des filles et fils de la Nation, bafouer leur dignité, afficher une attitude condescendante frisant le paternalisme, a décidé d’utiliser, uniquement, une fois de plus, le bâton.
En effet, ces faits étant constitutifs de délits prévus par la loi cadre relative à l’environnement et au code pénal, l’Etat du Niger a pris toutes les dispositions pour poursuivre ORANO et obtenir réparation de tous les préjudices subis par les populations, après en avoir évalué, avec les acteurs nationaux, l’ampleur sur les plans environnemental, social, sanitaire, éducatif et pastoral.
Ainsi donc, après avoir été arrêtée net dans ses velléités impérialistes et visées néocolonialistes par la détermination du peuple nigérien et de ses dirigeants à affirmer l’autorité de l’Etat sur les ressources naturelles du sol et du sous-sol, et en représailles, la France a changé de fusil d’épaule comme le dirait le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, en jetant son dévolu, cette fois- ci, sur l’air que les Nigériens respirent et l’écosystème, non pas dans la logique d’exploitation éhontée et sans discernement de nos biens naturels comme l’eau du fleuve Niger et l’uranium, mais pour les polluer, les dégrader ! Dans l’espoir perfide de créer un crime de masse.
C’est dans l’après-midi d’avant-hier, mardi 2 décembre 2025, que le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, a fait savoir à la nation et à l’opinion internationale la découverte de cette poudrière nucléaire constituée de 400 tonneaux contenant de la carotte radioactive laissée en l’état et à l’air libre par ORANO.
Pour avoir un aperçu clair sur cet acte criminel posé par la France à travers ORANO, sachez que, selon une étude géologique de terrain, les mesures de doses effectuées sur ces tonneaux pleins de carottes radioactives révèlent une toxicité dont le taux varie entre 7 et 10 micros sievert par heure, alors que la dose normale est de 0,5 micro sievert.
Ensuite, les échantillons prélevés ont mis en évidence l’association de deux produits à savoir le BISMUTH 207 et le CHROME X, susceptibles de contaminer une personne se trouvant, tenez-vous bien, à dix (10) mètres avec évidemment pour conséquence le risque de troubles respiratoires aigus.
Ce n’est pas fini ! À plus grande échelle, et c’est d’ailleurs ce qui est inquiétant et prouve une fois encore la perfidie de la France, il est à craindre que des actes similaires non-découverts à ce jour produisent des conséquences incalculables.
Voici donc ce que ORANO, pourtant prompt à saisir la justice internationale à tout bout de champ, même lorsque le Niger exploite son propre sous-sol pour y extraire son uranium et le vendre à qui il veut, a goupillé par ingratitude et méchanceté contre la population d’Arlit s’attendant certainement à une déflagration ou l’explosion d’un ou plusieurs de ces tonneaux radioactifs.
D’ailleurs, et c’est un secret de polichinelle puisque la France dans sa désinvolture ne le cache point, ORANO refuse même d’obtempérer à des décisions de justice rendues par les tribunaux qui lui enjoignent de procéder à l’enlèvement ou au traitement de plusieurs millions de tonnes de déchets radioactifs laissés à l’air libre avec toutes les conséquences que les populations subissent au quotidien. Au vu de la planification de ce crime de masse, les carottes sont cuites pour ORANO qui va devoir répondre de ses actes devant la justice internationale qui a, là, une occasion pour démontrer au Niger et au reste du monde qu’elle n’est pas une véranda de certaines puissances impérialistes dont naturellement la France.
Moustapha Alou (ONEP)
