Climat/La COP26 maintient le seuil de 1,5°C et finalise l’Accord de Paris : Allocution du Président Mohamed Bazoum, lors de la COP26

Discours

La COP26 (the UN Climate Change Conference) s’est achevée le 12 Novembre 2021 à Glasgow avec l’adoption par près de 200 pays du Pacte de Glasgow pour le Climat.Ce Pacte est le résultat de deux longues années de travaux, les négociations de Glasgow comprises.  Il s’agit d’un accord historique qui maintient à portée de main l’objectif essentiel de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels. Il finalise également les éléments en suspens de l’accord de Paris de 2015.

La COP26 a été le plus grand rassemblement politique de toutes sortes jamais organisé au Royaume-Uni.  Glasgow a accueilli les représentants de 194 pays, 120 chefs d’état et leaders mondiaux, et 38 000 délégués accrédités. S.E.M. le Président Mohamed Bazoum a conduit la délégation nigérienne comprenant quatre ministres et une quarantaine de techniciens.  La société civile et la jeunesse nigériennes étaient également fortement représentées à Glasgow. 

Pour de nombreux pays, dont le Niger, l’enjeu était énorme à Glasgow.  Les négociations ne portaient pas seulement sur la limitation de l’augmentation de la température, mais aussi sur la protection de la vie et des moyens de subsistance de ceux qui sont en première ligne de la crise climatique.  C’est le cas du Niger, où le régime pluvial de plus en plus imprévisible de ces dernières années a entraîné de fortes inondations en 2020, mais aussi des pluies insuffisantes et, par conséquent, une mauvaise récolte en 2021.  Le changement climatique ne reconnaît pas les frontières nationales et d’autres pays du Sahel et d’Afrique sont confrontés aux mêmes insuffisances de récolte que le Niger. 

Le Pacte de Glasgow pour le climat accélérera le rythme de l’action climatique. Tous les pays ont accepté de revoir et de renforcer déjà en 2022 leurs objectifs actuels en matière de réduction d’émissions jusqu’en 2030, connus sous le nom de « contributions déterminées au niveau national » (CDN). Ce processus sera combiné à une table ronde politique annuelle destinée à examiner un rapport d’avancement mondial et à un sommet des dirigeants en 2023.

Le règlement de Paris a également été finalisé après six années de discussions. Il permettra la mise en œuvre complète de l’accord historique, après un accord sur un processus de transparence qui obligera chaque pays à rendre des comptes sur la réalisation de leurs objectifs. Cela inclut l’article 6, qui établit un cadre solide permettant aux pays d’échanger des crédits carbones par l’intermédiaire de la CCNUCC.

Et pour la première fois, répondant aux appels de la société civile et des pays les plus vulnérables aux impacts climatiques, la COP26 a convenu d’une action sur l’élimination progressive des combustibles fossiles.

En dehors des négociations, lors de la COP26, nous nous sommes félicités des annonces, notamment de la part du Royaume-Uni, d’objectifs nets zéro, ce qui signifie que certains pays ont accepté de mettre en œuvre des mesures visant à éliminer de l’atmosphère autant d’émissions qu’ils en produisent. Certains pays se sont engagés à accélérer le passage à l’électricité et aux voitures propres, à mettre un frein à la déforestation et à accroître le financement de l’action climatique.  Grâce à ces accords, le monde doit accélérer le rythme en réponse à l’immense défi mondial que représente le changement climatique pour maintenir la limite de 1,5 degré.  Les tendances actuelles nous laisseraient sur la voie d’une augmentation dévastatrice de la température. Mais les travaux réalisés par Climate Action Tracker, montrent qu’avec la mise en œuvre complète des nouveaux engagements collectifs, la hausse des températures pourrait être limitée à 1,8°C.

Lorsque le Royaume-Uni a assumé la responsabilité de la COP26, en partenariat avec l’Italie, il y a près de deux ans, seuls 30 % du monde étaient couverts par des objectifs de réduction nette zéro. Ce chiffre est aujourd’hui d’environ 90%. Au cours de la même période, 154 pays ont soumis de nouveaux objectifs nationaux, représentant 80% des émissions mondiales.

Les objectifs nationaux du Niger ont été élaborés dans ses CDN récemment publiés, qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 35% dans le secteur de l’agriculture et de l’utilisation des terres, et jusqu’à 55% dans le secteur de l’énergie d’ici 2030.

Pour le Niger, la COP26 a été l’occasion de reconnaître que le changement climatique peut avoir un impact sur la sécurité, notamment au Sahel où la concurrence pour les ressources naturelles, en particulier l’eau, conduit à des conflits. L’engagement de 130 pays, dont le Niger, en faveur de la protection des habitats naturels a également été important, avec 90 % des forêts du monde couvert par un engagement à mettre fin à la déforestation d’ici 2030.Les décisions de la COP d’aller plus loin que jamais dans la reconnaissance et la prise en compte des pertes et des dommages dans les pays les plus vulnérables et les plus touchés par le changement climatique, comme le Niger, ont également été cruciales. Des engagements ont également été pris pour augmenter de manière significative le soutien financier par le biais du Fonds d’adaptation. Les pays développés étaient invités à doubler leur soutien aux pays en développement d’ici 2025. Le Niger a l’occasion de trouver un soutien pour l’adaptation dans le secteur agricole et de réaliser l’important potentiel de l’énergie solaire, les deux secteurs étant ciblés dans la NDC révisée du Niger.

Glasgow a été un accord collectif historique, mais c’est une victoire fragile.  Nous pouvons dire avec crédibilité que la limite de 1,5°C est vivante. Mais son pouls reste faible. Il appartient maintenant à chaque pays, y compris le Niger, de la protéger et de la renforcer au cours des prochaines années. Nous devons maintenir une pression constructive et nous appuyer sur la confiance et la bonne volonté générées par la COP26.

C’est pourquoi le travail du Royaume-Uni à la présidence de la COP26 ne fait que commencer.  Au cours de l’année prochaine, nous travaillerons avec les pays, en les exhortant à prendre des mesures et à honorer leurs promesses énoncées dans le Pacte de Glasgow pour accroître l’ambition climatique jusqu’en 2030 et au-delà. Au Niger, nous travaillerons avec le gouvernement ainsi que les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile pour appuyer l’action climatique de manière transversale. Ensemble, saisissons ce moment, pour le bien des générations futures de Nigériens.

SEM Catherine Inglehearn Ambassadrice du Royaume-Uni de la Grande Bretagne et d’Irlande du Nord