La nouvelle Saraounia de Lougou désignée ...
Après l’émotion suscitée par la disparition de la Saraounia Kambari Kahiya, la communauté de Lougou a immédiatement renoué avec la tradition en procédant à la cérémonie de Tarkama qui a consacré la désignation de son successeur le dimanche 12 juillet 2026.
À l’issue des rites, c’est Inataya Kahiya, la petite sœur de la défunte, âgée de 70 ans et sans enfants, qui a été désignée nouvelle Saraounia de Lougou. Un fait inédit dans l’histoire de succession des reines Azna, marquant à la fois une continuité familiale et une rupture symbolique.
Comme le veut la coutume, les notables de Lougou et de Bagagi ont organisé ce rituel où le corps de la défunte, posé sur un lit en tiges de mil et porté par les cousins de Lougawa, désigne lui-même la nouvelle saraounia et le lieu de son inhumation à travers des signes interprétés par les initiés. Les cousins, acteurs essentiels de la cérémonie, ont creusé la tombe, assuré l’enterrement et rappelé l’importance du cousinage comme ciment du vivre-ensemble.
Le préfet du département de Dogondoutchi, Capitaine Yaou Ada, accompagné du secrétaire général de la mairie, du Kona de Dogondoutchi et des responsables des Forces de défense et de sécurité, a présenté les condoléances officielles et exhorté les notables à soutenir la nouvelle reine dans l’exercice de ses fonctions.

La succession de la Saraounia rappelle la force des traditions Azna et leur rôle dans la cohésion sociale. Elle illustre la résilience culturelle du Sahel, où les rites ancestraux continuent de structurer la vie communautaire.
Il faut rappeler que la Saraounia Kambari Kahiya, intronisée le 9 janvier 2023, s’est éteinte le vendredi 10 juillet 2026 à l’âge de 82 ans. Gardienne de la justice traditionnelle et figure emblématique de la cohésion sociale, elle avait succédé à la Saraounia Aldjima Gado, disparue le 7 janvier 2023.
Héritière d’un titre ancestral transmis depuis Erkassa, la toute première Saraounia venue de Daoura au Nigeria, selon la tradition, Kambari Kahiya incarnait la sagesse et la spiritualité qui garantissaient la médiation et la solidarité au sein de la communauté. Associée dans la légende Azna de l’Arewa à Baoura, son gendre, elle formait une puissance mystique au service de la cohésion sociale. Considérée comme la haute instance de la justice, elle coordonnait les services de Toungouma, la pierre sacrée où se rendaient les jugements.
Son décès marque une perte immense pour Lougou et pour l’ensemble du patrimoine culturel nigérien. La mémoire de la Saraounia restera vivante à travers les récits, les rituels et les sites sacrés qui perpétuent son héritage.
Abdoul Moumouni Mahamane
ONEP Dosso
