Moustapha Alou
Adapter les valeurs héritées aux réalités actuelles de notre pays pour alimenter le processus de la refondation à travers des échanges entre les aînés et les jeunes, et créer un écosystème sinon un environnement harmonieux entre la tradition et la modernité qui fait des valeurs ancestrales des outils vivants au service du développement, tels sont, en résumé, les objectifs du dialogue national intergénérationnel qui s’est tenu il y a quelques jours à Niamey.
A l’issue des échanges, on se rend à l’évidence qu’aujourd’hui, dans le Niger nouveau, le dialogue national intergénérationnel n’est plus dans l’événementiel, il n’est plus une activité ponctuelle au cours de laquelle les participants viennent, débattre, discuter, discutailler, partager uniquement des idées, mais un cadre éducatif formel, coordonné et structuré de transmission des valeurs, du savoir et des expériences au service de la refondation.
C’est du reste, ce que le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a effectivement demandé aux animateurs de ce grand rendez-vous entre générations et au surplus exigé du ministre de la Jeunesse et des Sports à qui il a donné des instructions pour renforcer le dialogue intergénérationnel afin de bâtir, in fine, une jeunesse résiliente et proactive.
Au demeurant, et c’est le lieu de le mettre en relief, le dialogue national intergénérationnel, tel que voulu par le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, est sorti du schéma des débats classiques, des communications plates et des longues discussions pour s’orienter vers la transmission des connaissances, valeurs et expériences.
A ce sujet, les aînés n’ont pas été que de simples figurants, ils ont été des messagers, la jeunesse n’a pas été que spectatrice, elle a été actrice, animatrice et responsable.
C’est à juste titre qu’à l’ouverture de cette rencontre de portée nationale, le Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, Ali Mahaman Lamine Zeine a relevé qu’en vérité, la transmission des valeurs relève de la responsabilité collective et garantit la paix sociale des Nigériens.
S’agissant de la jeunesse, qui a été fortement représentée au cours de ce dialogue national entre générations, le Premier ministre a comme de juste indiqué que le gouvernement entend en faire le fer de lance de l’indépendance politique et économique de notre pays à travers une formation de qualité et la promotion des valeurs civiques fortes.
Quant aux aînés, le ministre de la Jeunesse et des Sports dira « présentés comme dépositaire de la sagesse, de l’histoire et des valeurs fondamentales de la société nigérienne, les aînés sont appelés à assumer pleinement leur rôle de guide pour les jeunes, leur parole demeure essentielle pour orienter la jeunesse face aux défis contemporains et préserver l’identité culturelle nationale ».
Ainsi donc, le dialogue intergénérationnel s’impose comme une initiative nigérienne de transmission des valeurs culturelles positives des aînés vers la jeunesse et qui permet, à terme, de doter les jeunes de repères solides leur permettant de jouer pleinement leur rôle dans la construction du Niger nouveau.
« Une jeunesse sans racine est comme un arbre sans ancrage », indiquera à son tour le Secrétaire Général de l’Association des Chefs Traditionnels du Niger.
En définitive, cette rencontre est le début d’un processus irréversible de lutte contre les antivaleurs, le désespoir, l’individualisme, l’égoïsme, voire de redéfinition de mécanismes plus efficaces de transmission de valeurs entre les aînés et la jeunesse dans un Niger libre, souverain et prospère.
Moustapha Alou (ONEP)
