Dr. Moustapha Ahoumadou
La recherche du savoir, surtout du savoir religieux, est une exhortation du Prophète de l’Islam. Pourtant, de nombreux musulmans ignorent certains préceptes religieux. C’est le cas du djihad, perçu et souvent confondu avec djihadisme (idéologie politique extrémiste). Pire, certains se font utiliser contre leur religion sous prétexte de combattre pour la loi. D’autres soumettent leur prochain par la force pour des intérêts mesquins ou pour semer la terreur.
D’après les explications du président de l’Association Islamique Faouziyya, Dr. Moustapha Ahoumadou, le djihad est généralement traduit par « Guerre Sainte ». Il dérive de la racine verbale arabe Jahada, qui signifie « se battre » ou « lutter », et pas seulement dans un sens militaire. Il signifie simplement lutter avec quelqu’un et peut être employé pour décrire une discussion ou un désaccord. Ainsi, l’interprétation « guerre sainte » du djihad ne vient pas simplement du fond linguistique du mot, mais de son utilisation historique. Le djihad est employé dans le Coran pour décrire les conflits auxquels le Prophète Mohamed (SAW) et la première communauté musulmane ont été confrontés. Son utilisation historique plus tard a été prolongée au-delà de la vie de Mohamed (SAW) et appliquée pour justifier les conquêtes expansionnistes de l’empire islamique précoce.
Étymologiquement, le mot djihad renvoie à « faire des efforts ». Cependant, selon les textes théologiques et juridiques, classiques et contemporains des auteurs musulmans, cet effort ne se limite pas à « l’effort guerrier ». Il comprend d’autres dimensions, à savoir une dimension « éthique et morale (le don de soi, être altruiste et généreux), une dimension communautaire (travailler et apprécier l’impact de son travail sur sa communauté) et une dimension personnelle (mener un combat contre les passions, purifier son âme et maîtriser ses désirs).
Oustaz Moustapha rappelle que le djihad commence à l’époque du prophète Mohamed (SAW) pendant laquelle lui et la première communauté musulmane ont été en conflit avec les deux tribus arabes païennes de la Mecque (« Awssi » et Hazireej », et avec les tribus juives autour de Médine. Cependant, observe-t-il, le but du djihad est le self-défense, qui est une loi naturelle. Le but n’est pas la propagation de la foi, car dans le Saint Coran, Allah (SWT) défend strictement la conversion par la force. Il précise ses dires par ce passage coranique : « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. Donc quiconque mécroit au rebelle tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide qui ne peut se briser. Et Allah est auditant et Omniscient », Sourate la vache, verset 256.
Le président de l’Association Islamique Faouziyya précise que l’ordre donné par Allah à son prophète de se battre est collectif : « Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes, Allah n’aime pas les transgresseurs », Sourate la vache, verset 190.
Cet ouléma indique que jamais, on ne trouve parmi les versets du Saint Coran la moindre justification de l’agression. « Au contraire, vous trouveriez des centaines de passages ou versets qui condamnent la violence et l’agression. Le message fondamental de l’islam, c’est la paix, la tolérance et la non-violence », note-t-il.
L’Islam, une religion de paix
« Le terme Salam ou paix et le même terme que les croyants utilisent pour se saluer lorsqu’ils se rencontrent. Cette digression n’a d’autre but que d’exposer que la doctrine islamique, loin d’être belliciste, est plutôt fondée sur la paix. Elle recommande et sanctifie la paix », explique le président de l’Association Islamique Faouziyya.
Oustaz Moustapha cite ce passage du coran : « (…) Et sauf en droit, ne tuez pas la vie qu’Allah a rendue sacrée. Quiconque est tué injustement, alors nous avons donné pouvoir à son proche (parent). Que celui-ci ne commette pas d’excès dans le meurtre, car il est déjà assisté (par la loi) », Sourate, le voyage nocturne, verset 33, pour expliquer que l’islam offre une solution pacifique aux problèmes sociaux. Il ajoute que cette religion donne également l’opportunité aux musulmans, aux savants et aux non musulmans de s’unir pour explorer des alternatives à la violence globale sous toutes ses formes, afin de construire une société sereine supportée par une conviction religieuse. Il soutient que l’islam crée une base confortable pour discuter des questions liées aux problèmes sociaux (injustice, inégalités sociales, l’ignorance, intolérance, excès de culte de leadership, etc.) dans une même communauté ou entre les belligérants de communautés différentes.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
