Sur la ligne de départ
Parmi les activités de la journée du vendredi 13 février 2026, figurent cinq courses hippiques à l’hippodrome de Filingué qui ont incontestablement captivé le public, enflammant cette 9e édition du Festival Dokin Iska et transformant le site en un véritable théâtre de vitesse, d’endurance et de tradition. En fin d’après-midi, ce site s’est animé sous les couleurs éclatantes du festival. En présence du ministre de la Jeunesse, des Sports et de la culture, M. Sidi Mohamed Almahmoud, et de plusieurs autres invités de marque, les cavaliers, jockeys et chevaux ont rivalisé d’élégance et de maîtrise, sous le regard attentif d’un public passionné.
L’hippodrome, lieu symbolique de la culture équestre de Filingué, est depuis toujours un espace où tradition et performance sportive se rejoignent. Pour les habitants de ce terroir et des localités voisines, ces courses, bien plus qu’un spectacle, célèbrent l’histoire, la noblesse et la place des chevaux dans le terroir. Les organisateurs avaient prévu un programme varié dont une course de vitesse sur une courte distance pour départager les chevaux les plus rapides.
La première course, dénommée prix du Sarkin Gobir de Isa (1 200 m, Aréwa), a réuni 21 chevaux de Filingué et de ses environs. A l’arrivée, la victoire est revenue à ‘’un Coup KO’’ qui remporte 350 000 FCFA, suivi par ‘’Télé Sahel’’ qui empoche 200 000 FCFA, tandis que ‘’Dan Garka’’ ferme le podium avec le prix de la troisième place qui s’élève à 150 000 FCFA. A la course de demi-fond de 1 200 m (Aréwa), une autre épreuve exigeante d’endurance et de stratégie où chaque foulée compte, 21 partants ont disputé le second tour remporté par le cheval ‘’Dan Racha’’ qui remporte ainsi 350 000 FCFA. ‘’Bagoné’’, s’est classé deuxième (200 000 FCFA), et ‘’Gouré’’ a pris la troisième place (150 000 FCFA). Ce tour a mis en valeur la maîtrise technique et la stratégie des cavaliers.
Pour la troisième épreuve de 1 400 m (Talon, Open), 9 partants au total se sont affrontés. L’épreuve est remportée par le cheval ‘’Messi’’ qui empoche 400 000 FCFA. ‘’Free-my Heart’’ a terminé deuxième et gagne 240 000 FCFA, tandis que ‘’Miyéti Allaha’’, a décroché la troisième place et repart avec 160 000 FCFA. À la quatrième épreuve de 1 400 m (Aréwa), 17 chevaux se sont affrontés lors de cette course très disputée. C’est ainsi que ‘’Charlatan’’ se classe 1er et remporte la dotation de 400 000 FCFA, suivi successivement de ‘’Doubouzga’’ (240 000 FCFA) et AES (160 000 FCFA).
La dernière course, longue de 2 400 m (Aréwa), a mis en avant l’endurance et la technicité des cavaliers. Pendant que les spectateurs applaudissaient les efforts et la maîtrise de chaque cavalier, les chevaux donnaient le meilleur d’eux-mêmes sur la piste. Cette course qui a tenu toute ses promesses a mis aux prises dix chevaux. A l’issue de la course, la victoire est revenue au célébrissime cheval ‘’Martaba’’ qui a dejà remporté plusieurs grands prix. Ce cheval dont le propriétaire est Salim Sani Buhari, petit-fils de l’ancien président du Nigeria, permet de repartir avec la cagnotte de 2 000 000 FCFA. Il a été suivi par ‘’No-Mercy’’ d’Elh Faruk Maazu Mayana, venu aussi de Sokoto du Nigeria (1 200 000 FCFA), tandis que ‘’Bahago’’ de Oumarou Ouseini, toujours du Nigeria, s’adjuge la troisième place (800 000 FCFA). Le suspense et l’adrénaline ont tenu le public en haleine jusqu’à l’arrivée.
Il faut rappeler que derrière la splendeur du spectacle, se cache un travail rigoureux. Les chevaux ont été préparés avec soin, entre alimentation équilibrée, exercices progressifs, soins vétérinaires et entraînement sur la piste pour s’habituer au parcours. Au-delà de l’aspect sportif, ces courses hippiques incarnent un véritable enjeu culturel et économique car, elles permettent non seulement de valoriser l’élevage équin local, mais aussi et surtout de favoriser la rencontre entre les éleveurs et les potentiels acheteurs, ainsi que la transmission intergénérationnelle du savoir-faire lié au cheval.
Ces distinctions et primes attribuées aux vainqueurs renforcent le prestige des propriétaires et encouragent la filière équine à se développer davantage.
Adamou I. Nazirou, ONEP Tillaberi
