La table de séance à l’ouverture du dialogue
Le Girls Engaged in Medicine and Other Sciences (GEMS) a organisé, le vendredi 13 février 2026 à Niamey, un dialogue national sur la santé Reproductive, Maternelle, Néonatale, Infantile et Adolescente (RMNCAH). L’objectif étant de formuler des recommandations à l’endroit des autorités afin de renforcer la prise en charge des questions liées à la RMNCAH, politiques, climatiques et sécuritaires du Niger. À cette occasion, le GEMS a réuni des cadres sectoriels venus des huit régions du pays pour débattre de la thématique et proposer des pistes de solutions.
Une journée durant, les participants ont échangé sur plusieurs thématiques se rapportant aux violences basées sur le genre et les maladies maternelle, néonatale, infantile et adolescente. Deux conférences panels animées respectivement sur les thèmes « changement climatique et santé maternelle au Niger : impacts des crises climatiques sur l’accès aux soins pour les femmes et les nouveaux nés » et « insécurité, déplacements forcés et risques accrus de VBG : quelles stratégies de protection communautaire » ont également permis de tenir des échanges sur les différents défis auxquels sont confrontées les couches sociales vulnérables.
Au terme des échanges, plusieurs recommandations convergentes ont été formulées par les différentes délégations régionales. Celles-ci sont articulées autour de trois « axes prioritaires » à savoir la santé de la reproduction, la sécurité et le changement climatique. Elles ont relevé l’urgence de prendre en compte plusieurs aspects cruciaux tels que l’amélioration des prises en charge sanitaire, la prévention sanitaire face aux risques climatiques et des initiatives de mesures atténuantes pour les zones d’insécurité.
Dans son mot de clôture, la directrice exécutive du GEMS, Dr Samiratou Boubacar Amadou, a précisé que les échanges leur ont permis de comprendre que les crises au Niger ne sont pas cloisonnées. Selon elle, le changement climatique, l’insécurité, les déplacements forcés et les chocs économiques et sanitaires s’entremêlent et touchent en premier lieu les femmes, les adolescentes et les enfants. « Quand une inondation détruit un centre de santé, quand une sécheresse aggrave la malnutrition d’une femme enceinte, quand l’insécurité coupe une commune de ses services essentiels, ce sont des vies qui basculent, ce sont des accouchements sans assistance qualifiée, ce sont des adolescentes privées d’informations et des services de santé reproductive, ce sont des nouveau-nés qui payent le prix d’une crise qu’ils n’ont pas créée », a-t-elle fait savoir.
Les engagements internationaux, souligne la directrice exécutive du GEMS, qu’il s’agisse de l’Accord de Paris ou des ODD, rappellent que l’action climatique doit être centrée sur l’humain. Elle a salué l’approche adoptée par le Niger qui se traduit par des politiques et stratégies portées par les Ministères sectoriels qui « démontrent déjà une volonté forte d’améliorer la santé et la protection des populations vulnérables ».
Selon elle, leur appel ne porte plus sur les actions parallèles, mais sur une intégration systémique. « Intégrer la RMNCAH dans les politiques climatiques et sécuritaires, c’est planifier des infrastructures sanitaires résilientes aux chocs climatiques, garantir la continuité des services de santé reproductive en contexte d’urgence et d’insécurité, inclure des indicateurs spécifiques aux femmes, adolescentes et enfants dans les plans d’adaptation climatique, former les acteurs humanitaires et sécuritaires à la prise en compte des besoins spécifiques en santé reproductive, allouer des budgets dédiés et traçables pour la RMNCAH dans les plans nationaux d’adaptation et de gestion des crises », a indiqué Dr Samiratou Boubacar Amadou. « Mais au-delà des politiques, c’est une question de volonté collective », a-t-elle mentionné.
Bachir Djibo et Razinatou Zouladeini (stagiaire)
