Au cours de la visite de Pr Farmo Moumouni à Agadez
A la tête d’une délégation composée de cadres de son département ministériel, de représentants de parents d’élèves, de représentants du secteur privé et de syndicats, le ministre de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels, Pr Farmo Moumouni a effectué, du 30 septembre au 3 octobre 2025, une mission dans la région d’Agadez. Ce déplacement a été consacré à une série de visites dans les services relevant de son département ministériel et dans les établissements de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels d’Agadez et de Tchirozérine. Le ministre était accompagné des autorités régionales, notamment le gouverneur de la région, le Général de Division Ibra Boulama Issa, le Directeur Régional de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels et des Responsables des Forces de Défense et de Sécurité.
Ainsi, après Tillabéri, Zinder, Niamey, Maradi, Dosso et Tahoua, le ministre s’est fixé comme objectif, à travers cette mission, de s’enquérir des conditions de travail et d’apprentissage dans les établissements de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels. Il s’agit également d’apprécier les préparatifs de la rentrée scolaire prévue le 15 octobre 2025. Dégageant la synthèse, y compris pour toutes les autres régions, Pr Farmo Moumouni a relevé que les défis sont les mêmes et le Ministère travaille déjà pour les relever. Sans être exhaustif, ces défis sont d’ordre technique, administratif, l’insuffisance du personnel formateur, l’insuffisance et ou le manque d’équipements, etc.
Ainsi, à partir de la capitale de l’Aïr où il achève cette mission qu’il a conduit dans toutes les régions du Niger, le ministre de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels, Pr Farmo Moumouni, a saisi l’occasion pour annoncer des perspectives dans ce secteur. Il s’agit pour le ministre d’ouvrir des pistes de solutions qui permettront à l’école technique et professionnelle de prendre son envol. « Un vent favorable souffle désormais en faveur de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels. L’Etat et les partenaires de l’école (enseignants, directeurs, inspecteurs, parents, collectivités territoriales, et associations diverses) ont compris combien ce secteur peut contribuer au développement du pays, à son indépendance et à sa souveraineté. Ils y fondent, par conséquent, des espoirs légitimes. Ces espoirs riment avec une responsabilisation de l’école. Les défis sont nombreux et les attentes pressantes », a souligné le ministre.
C’est pourquoi, il a lancé un appel à tous les acteurs de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels pour se joindre à l’initiative du gouvernement dans les actions à mener pour relever les défis et pour répondre aux attentes.
Des attentes énumérées en cinq (5) points essentiels
Le premier point concerne l’appropriation effective de l’école par les partenaires. « L’école étant l’affaire de tous, il faut désormais que la communauté entière en fasse son affaire. Il faut que tous les partenaires, sans distinction, sans exclusion, se sentent concernés par l’école et participent effectivement à son essor. A cette fin, je veillerai à la mise en place, dans toutes nos écoles, des organes de gestion conformément aux dispositions de l’arrêté no 45 du 12 février 2022. Ledit arrêté fixe leur composition et les modalités de leur fonctionnement. Parmi ces organes figure l’association des parents d’élèves qu’on a tendance à oublier. Sous ce chapitre, j’évoque, en vue de la résoudre, la question cruciale de la sécurisation de nos écoles. J’entends par là la construction de murs d’enceinte. C’est pourquoi, en concertation avec tous les partenaires, je lancerai dans les jours à venir l’initiative ‘‘Zéro école aux quatre vents’’ », a souligné le ministre.
Le deuxième point porte sur la discipline, le patriotisme et le civisme. « L’école est par excellence le lieu où se cultivent l’obéissance aux règles, le respect des institutions ainsi que le dévouement à la patrie. Dans cette perspective, le recours au chant de l’hymne national et à la montée du drapeau peut rendre de grands services. A cette fin l’Honneur de la patrie sera chanté et le drapeau levé par les élèves, tous les matins avant le début des cours. Il sera aussi chanté chaque jour, avant la sortie des classes », a-t-il dit.
Le troisième point est axé sur l’éducation sportive et culturelle dans les établissements de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels. « Les temps de refondation seront mis à profit pour réhabiliter et promouvoir les pratiques sportives et culturelles de chez nous. De ce point de vue, le ‘’langa’’ et le ‘’dara’’, présentent des avantages, parce qu’ils sont connus dans toutes les huit régions et parce que leur pratique ne nécessite aucun équipement particulier. Le ‘’langa’’ relevant à la fois de la lutte et de la course apporte tous les bienfaits du sport. Plus intellectuel, le ‘’dara’’, jeu de stratégie et de réflexion, fait appel à la logique et aux mathématiques, favorise la concentration, stimule le cerveau. Dans ces disciplines qui auront droit de cité dans nos écoles, on organisera des compétitions, qui favoriseront le brassage, la confiance en soi, l’esprit d’équipe, la discipline et la persévérance, le raffermissement des liens sociaux et une saine émulation chez nos élèves », a précisé le ministre.
Le quatrième point porte sur l’approche participative. Pour le ministre Farmo Moumouni, les compétences, les capacités, le savoir et le génie de nos élèves seront pris en compte lors des conventions, contrats, marchés que le Ministère passera avec les fournisseurs, ONGs et autres partenaires, dans le bâtiment, la menuiserie bois et métallique, dans la mécanique et toute autre filière qui requiert de la main d’œuvre provenant de nos écoles. « Un pourcentage déterminé (entre 5 et 10%) de la réalisation de ces ouvrages sera réservé à la main d’œuvre provenant de nos écoles. L’attribution du marché, la signature des conventions et des contrats devraient être tributaires de ce principe participatif. Une telle mesure contribuera à l’amélioration des compétences de nos élèves et à leur préparation pour le marché du travail. Elle créera pour nos écoles une source de revenus qui concourra à leur autonomisation », a soutenu le ministre.
Enfin, le cinquième point est lié aux travaux pratiques utiles dans les établissements de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels. Le ministre a mentionné que l’usage à bon escient de la matière d’œuvre exige que l’on rompe avec les pratiques obsolètes et inefficaces jusqu’ici en cours : jupes démodées, habits pour enfants déphasé, tabourets inesthétiques, etc. « Il faut désormais penser et faire utile. La matière d’œuvre doit sévir à fabriquer ou à confectionner des objets utiles pour l’école et pour la communauté. La filière couture devrait s’inspirer du code vestimentaire local ; les filières soudure, menuiserie bois et métallique fabriqueront des fournitures et équipements scolaires (Bureaux, tables, tables bancs, tableaux, chaises, règles, équerres, compas) que nous n’aurons plus à commander à l’extérieur. Ils pourront également fabriquer des outils agraires, des outils de boucherie », a-t-il indiqué, sans oublier la filière maçonnerie qui, par exemple, au lieu de faire et défaire sempiternellement lors des travaux pratiques, pourra construire des murs de l’enceinte », a indiqué le ministre Farmo Moumouni.
Ali Maman, ONEP Agadez
