Vente de pommes de terre à la foire
Le prix du kilogramme de la pomme de terre a chuté passant de 600 FCFA à 400 ou 450 F cfa grâce à l’arrivée massive des produits maraîchers d’Agadez sur le marché. Au petit marché de Niamey, depuis le dimanche 18 janvier 2026, les portes de la foire s’ouvrent officiellement. C’est une occasion annuelle qui vise à promouvoir les produits locaux et à soutenir les producteurs de la région.
Triées par taille et par couleur, les pommes de terre captivent les regards dès l’entrée de la foire. L’ambiance est saisissante et le marchandage entre vendeurs et acheteurs est visible. Des arguments qui fusent de part et d’autre : ‘’ réduis sur le prix’’, ‘‘c’est la meilleure qualité’’, ‘‘vous ne trouverez pas mieux’’, les clients sourient, les commerçants rient et, au final, un prix est convenu. C’est cette dynamique de négociation qui anime les échanges sur ce marché temporaire.
Amoumoune Aboutali, un producteur et revendeur de pomme de terre originaire de la commune rurale de Timia, qui participe à cette 15è édition de la foire des maraîchers pour la troisième fois avec près de cinquante sacs de 50 kg de pomme de terre. « Il y’a d’autres sacs qui sont en cours d’acheminement. C’est la récolte de mon propre champ. J’amène aussi avec moi les pommes de terre de mes amis qui ne peuvent pas se déplacer », a-t-il dit.
Ce producteur précise également que la culture de la pomme de terre s’étend sur une période de trois à quatre mois selon les variétés et les conditions climatiques. « Ce que nous cultivons à Timia est de très bonne qualité. C’est de la pomme de terre qui a un goût particulier et sa résistance à la chaleur est exceptionnelle », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que la commune rurale de Timia est une zone favorable à la culture de la pomme de terre, mais les conditions de travail font défaut.
De plus, Amoumoune Aboutali souligne que toutes les conditions sont réunies par l’Etat pour le stockage de leurs produits à la foire. « Nous passons les nuits avec nos produits, dans nos différentes tentes. Jusqu’aujourd’hui, tout se passe comme nous l’avons souhaité », a-t-il exprimé.
Un autre revendeur de cet aliment fortement consommé par la population de Niamey a souligné que, pour les clients qui achètent en gros, le kilo de la pomme de terre est vendu à 400 FCFA au lieu de 450 Fcfa. « Nous sommes là pour permettre à toute la population de Niamey et environnants de se procurer nos produits locaux. C’est une occasion que tout le monde doit saisir avec l’approche du mois béni de Ramadan », a-t-il indiqué.
Venue pour remplir son panier, une ménagère qui a requis l’anonymat a expliqué que la pomme de terre est un aliment de base dans beaucoup de plats. « Je suis venue m’approvisionner en produits maraîchers et, vu la disponibilité de la pomme de terre, j’ai profité pour acheter une bonne quantité. Elle est souvent préparée de différentes manières comme en purée, en frite, en salade ou en accompagnement de plat traditionnel », a-t-elle déclaré.
Un peu devant, un homme en compagnie de son enfant se faufile entre les vendeurs de pomme de terre, négociant avec insistance pour obtenir le meilleur prix. « Cette foire est une belle occasion que je saisis toujours et je profite pour lancer un appel à l’Etat qui doit encourager tous les producteurs nigériens à faire de la consommation des produits locaux une priorité nationale. Si tous les produits qu’on consomme étaient cultivés sur nos terres, on atteindrait l’autosuffisance alimentaire et cela est possible si nous nous armons de volonté, de détermination et d’engagement », a-t-il conclu.
Salima H. Mounkaila (ONEP)
