Maître Issa Boubé Ibrahima
La discipline sportive Kung fu wushu est un art martial chinois regroupant des techniques de combats attirantes. Cette pratique représente des valeurs de vie telles que la patience, le respect et la maîtrise de soi. C’est sans doute ce qui a séduit Issa Boubé Ibrahima, pratiquant et enseignant de wushu depuis le 4 février 2004. Il a découvert cet art martial alors qu’il était encore jeune, en regardant des films chinois et des démonstrations. Aujourd’hui, il dirige deux clubs, l’un de la catégorie senior regroupant 7 joueurs au Stade Général Seyni Kountché et l’autre de la catégorie junior avec 16 pratiquants au CSP Yanta.
Né en 1991 à Guidan Ider (région de Tahoua), Issa Boubé Ibrahima est marié, père de quatre enfants et comptable de profession. Mais au-delà de son métier, c’est dans le Kung-fu wushu qu’il a trouvé sa véritable vocation nourrie de passion.
Au fil du temps, cette passion s’est transformée en une véritable mission. Pour lui, le wushu est bien plus qu’un sport de combat, parce qu’il représente une école de vie qui lui a appris la patience, la maîtrise de soi et le dépassement de ses limites. « Je me suis rendu compte que je ne pouvais plus m’en passer », confie-t-il.
Diplômé de ceinture noire en 2010 à l’Association Nigérienne de Kung Fu wushu (ANI KUNG FU WUSHU), Issa Boubé Ibrahima remporte sa première victoire de la Ligue régionale de Niamey à la 1ere édition du championnat Régional de Niamey en “sanda” organisé en 2016 au lycée Bosso. En 2018, lors du 1er championnat national “Coupe Ambassade de chine” il est classé en première position avec une médaille en or dans la catégorie de 65 Kg.
A l’international, Issa Boubé Ibrahima a occupé la 3e place avec une médaille en bronze dans la catégorie de 65 Kg au cours du 6e championnat d’Afrique de wushu en 2017 à Cotonou (Bénin) et 1ere place avec une médaille en or lors de la 10e compétition internationale d’échanges de Taijiquan de jiaozuo en chine en 2019.
Néanmoins, le parcours de Issa Boubé Ibrahima n’a pas été exempt d’entraves. Cela dit, le manque de moyens, l’insuffisance des infrastructures, les blessures et les moments de doute auraient pu freiner son évolution, mais grâce à son engagement, sa persévérance ainsi qu’au soutien de ses maîtres et de ses élèves, il a su poursuivre son chemin avec détermination.
Aujourd’hui, il transmet à ses élèves une philosophie fondée sur trois piliers entre autres le respect, la discipline et l’humilité. «Le respect de soi et des autres, la discipline qui pousse à travailler même lorsque la motivation faiblit et l’humilité qui permet de continuer à apprendre », a expliqué Issa Boubé Ibrahima.
Selon lui, un bon pratiquant doit faire preuve de persévérance, respecter les règles, son maître et ses partenaires, maîtriser son corps et son esprit, tout en restant humble face à l’apprentissage. Sans ces qualités, la technique seule ne suffit pas, insiste cet athlète.
Il confie que le moment qui l’a le plus marqué reste celui où il a vu ses premiers élèves monter sur le podium lors des compétitions nationales et décrocher leurs premières médailles. « Le wushu a profondément transformé ma vie. Il m’a donné confiance en moi, m’a appris à gérer le stress et à maîtriser ma colère. Il m’a également inculqué la rigueur, l’organisation et le sens de la transmission », a fait savoir maître Issa Boubé.
Outre ces qualités, cette discipline a offert à Issa Boubé Ibrahima une véritable famille composée de ses élèves et de ses frères d’armes, ainsi que l’occasion de représenter le Niger dans des compétitions nationales, africaines et internationales. Mais, son plus grand acquis demeure la paix intérieure, a-t-il dit.
Malgré ces avancées, maître Issa Boubé Ibrahima estime qu’au Niger le développement du wushu est freiné par plusieurs défis, notamment le manque d’infrastructures adaptées engendré par les difficultés de financement pour participer aux compétitions internationales et l’incompréhension de cet art martial par certaines personnes. «Beaucoup continuent à assimiler le wushu à la violence, alors qu’il s’agit avant tout d’une école de paix, de discipline et de respect loin de toute idée de violence», tient-il à relever.
Maître Issa Boubé Ibrahima encourage les jeunes à pratiquer le wushu avec le cœur plutôt qu’avec l’ego, avec la discipline et la persévérance. «Travaillez avec sérieux, respectez vos maîtres, poursuivez vos études et croyez en vos rêves», lance-t-il.
Zouladeini A. Razinatou,
(Stagiaire)
