L’air du temps : Agir avant qu’il ne soit trop tard…

L'air du temps
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L’installation de la saison pluvieuse vient relancer le débat sur la question de l’assainissement de nos villes. Il se trouve que, ces dernières années, il suffit d’une petite pluie pour plonger la ville de Niamey et bien d’autres villes du Niger dans un profond désarroi avec des mares et des flaques partout, des routes impraticables et des quartiers isolés. Nous-en avons déjà eu un avant-goût, mercredi dernier, avec la première pluie qui a arrosé la capitale.

Cette pluie a sans doute réveillé dans l’esprit des Niaméens quelques sombres souvenirs de la saison précédente, notamment ceux de cette pluie déferlante de 144 mm qui  s’est abattue sur la ville de Niamey, dans la nuit fatidique du 10 au 11 août 2021. Les images étaient celles d’un vrai chaos : des rues et des routes submergées d’eau, des ouvrages d’assainissement saccagés, n’épargnant même pas le grand collecteur de Gountou Yéna, des maisons et des murs effondrés, des voitures piégées, etc. Pire, il a même été déploré cinq (5) morts !

Pour les habitants des quartiers situés dans les zones à risque d’inondations, la situation est encore plus difficile, et la saison des pluies rime avec le calvaire. Malheureusement, depuis des décennies, la croissance galopante de nos villes n’a pas été suivie d’actions de mise en place d’infrastructures d’assainissement des nouveaux quartiers qui germent à un rythme effréné.  Devant une telle réalité, il est apparu une impérieuse nécessité pour nos hautes autorités et nos responsables municipaux de retrousser leurs manches pour agir avant qu’il ne soit trop tard.

La solution, on la connait tous ! La seule et la plus durable, (et ça urge !) passe par d’élaboration et la mise en œuvre d’un programme audacieux (vraiment grandeur nature !) de réalisation d’infrastructures d’assainissement des eaux, aussi bien à Niamey que dans les autres villes du Niger. Parce qu’en matière d’assainissement, trop de retard a été déjà accumulé par rapport au niveau d’expansion de nos villes. Aujourd’hui, on n’a pas besoin d’être un ingénieur en la matière pour savoir que Niamey a cruellement besoin de réseaux de grands collecteurs d’évacuation des eaux, et de relais de caniveaux de drainage bien conçus et entretenus.

Pour ce faire, il faudra une volonté politique farouche pour mobiliser des moyens financiers colossaux. Le jeu en vaut la chandelle, car, désormais, avec le déchainement de la nature inhérent aux effets du changement climatique, les infrastructures d’assainissement s’imposent comme des instruments de sécurité. En effet, comme l’expérience l’a déjà prouvé, avec toutes les catastrophes récurrentes occasionnées par les intempéries, leur inexistence (ou même insuffisance) peut se traduire en pertes en vies humaines et en dégâts matériels énormes. Les effets du changement climatique sont déjà dans nos murs, et il faudra nous préparer en conséquence !

Assane Soumana(onep)