L’air du temps : Ces réjouissances budgétivores…

L'air du temps
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Même si les difficultés se trouveraient enfouies à mille pieds sous terre, to Incha Allahou, l’être humain irait les déterrer, quitte à en souffrir après ! C’est le constat qui se dégage quand on observe de près ce qui se passe lors des réjouissances de mariage et de baptême à Niamey. Il se trouve en effet que, pour certains (surtout les femmes !), ces cérémonies constituent une occasion idéale pour exhiber leurs signes extérieurs de richesse aux yeux des autres.

Tant et si bien que de nos jours, l’institution du mariage a carrément coulé en perdant ses valeurs d’antan. Jadis, le mariage n’était pas tant une question d’argent, l’essentiel étant de créer un foyer viable à toutes épreuves pour les jeunes mariés, mieux une alliance très forte entre des familles, voire entre les tribus. A cette époque-là, la formule consacrée du mariage ‘’pour le meilleur et pour le pire’’ trouvait toute son essence.

Mais de nos jours, le mot ‘’mariage’’ rime avec dépenses ruineuses, stress et incertitude pour les familles des futurs mariés. Dire que le pire n’est pas tant les dépenses essentielles, à savoir la dot et le traditionnel cadeau offert aux parents de la jeune mariée qui grèvent les budgets ! En réalité, la bête noire des candidats au mariage, ce sont ces solennités inutiles et autres dépenses accessoires propres à déstabiliser le budget des jeunes mariés.

Aussi curieux que cela puisse paraître, dans certains cas, ce sont ces mêmes futurs jeunes mariés qui se mettent la corde au cou en voulant tout bonnement jouer aux plus fortunés. Aussi, on a vu des cas où l’unité de compte de la dot symbolique s’élève au million. Qu’à cela ne tienne, c’est leur argent ! Cependant, ce qu’il faut craindre, c’est l’effet du mimétisme. Car le risque est très élevé de voir une de ces ‘’waïgna’’ gloutonnes, comme en trouve beaucoup, exige à son tour qu’il en soit ainsi pour la dot de sa fille.

Le drame dans tout cela, c’est que toutes ces dépenses exorbitantes ne servent même pas de caution pour la pérennité aux liens sacrés du mariage. Quoi de plus écœurant que de voir quelqu’un engager toute sa fortune dans un mariage, puis d’assister, quelques jours ou semaines seulement d’après, à la dislocation totale du couple ? De tels cas de figure étant devenus de nos jours monnaie courante, on est bien en droit de se demander si, quelque part, ces dépenses ostentatoires ne seraient pas pour quelque chose dans la précarité des mariages. A titre d’exemple, on pourrait bien comprendre l’intolérance d’un jeune marié ayant dilapidé toute sa richesse dans le mariage face à une jeune mariée chichiteuse, et déjà perçue comme un véritable… ‘’gouffre à sous’’ ! Là, il est possible que la première brouille conjugale entraine le divorce.

Allons-nous rester indifférents et laisser l’argent défaire l’institution sacrée du mariage, au risque de condamner nos sœurs et nos jeunes frères au célibat perpétuel ? A méditer…

Assane Soumana(onep)