Au Niger, les accidents de la circulation routière constituent une véritable préoccupation pour les autorités et les usagers. Et, il suffit de faire un tour dans les rues de la capitale pour s’en convaincre. En effet, il ne se passe une journée sans qu’on assiste à des scènes souvent horribles d’accidents.
Mieux, les statistiques du Service de constat des accidents de la circulation (SCAC) confirment cette évidence. En effet, rien que dans la Ville de Niamey, ce service a relevé 5 124 cas d’accidents corporels avec 96 décès entre le 1er et le 31 janvier 2024.
Déjà, en 2023, l’Agence Nigérienne pour la Sécurité Routière (ANISER) a enregistré 7 671 accidents corporels avec 1 075 décès, 4 393 blessés graves et 8 163 blessés légers. Aussi, d’après cette agence spécialisée de l’Etat, les causes humaines représentent plus de 80% des causes d’accidents de la circulation. Elles se résument au non-respect du code de la route qui se manifeste principalement à travers l’excès de vitesse, la fatigue, la somnolence, la surcharge, l’usage du téléphone au volant, le non port de la ceinture et du casque de sécurité.
Ainsi pour mieux comprendre ces causes et protéger les usagers de la route (conducteurs, passagers et même les piétons), le Ministère des Transports et de l’Aviation civile en collaboration avec l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) ont entrepris une campagne nationale de dépistage de drogue sur les conducteurs routiers dénommée ‘’Sabka Lahiya’’ en haoussa et ‘’Zoumbou Bani’’ en zarma.
Et, les autorités ne se sont pas trompées en initiant cette action. En effet, le lundi 8 décembre 2025, lors du lancement de cette campagne, 123 conducteurs ont été testés positifs aux stupéfiants sur un total de 1.115 conducteurs testés.
Mais, le plus inquiétant est que les cas testés positifs concernent des conducteurs de véhicules de transport en commun. En effet, les résultats dévoilés par les autorités relèvent que, sur ces 123 cas testés positifs, 63 sont des conducteurs de Hiace, un véhicule communément appelé 19 places ; 14 sont des conducteurs de bus ; 16 conduisent d’autres types de véhicules de transport en commun ; 23 sont des conducteurs de camion et 5 sont conducteurs de tricycles.
Et, les drogues en cause sont, entre autres, le crack, le cannabis, le tramadol, le diazépam, l’amphétamine et le benzhexol.
Cette situation doit interpeller tous les acteurs de la sécurité routière, principalement les conducteurs, les propriétaires de véhicules et les services de sécurité. Cela, parce qu’un conducteur dopé aux stupéfiants est un danger pour tous les usagers de la route.
Siradji Sanda (ONEP)
