L’air du temps : Le froid et son cortège de calvaires

Edito
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Ces derniers temps, le mercure commence à descendre en répandant un froid glacial qui vous inonde le corps. En vrais Sahéliens qui sont habitués à vivre tout le reste de l’année sous 45° C à l’ombre, il y a bien de quoi se lamenter. La situation est vraiment rude le matin, surtout pour les élèves et les travailleurs qui doivent se réveiller très tôt pour faire la toilette avant de prendre le chemin de l’école pour les premiers, et du service pour les seconds.

La situation est surtout critique la nuit où, à 22 heures déjà, les rues sont quasiment désertes même au cœur de la capitale. Même les quelques rares noctambules qui circulent encore sont transits de froid. Aussi, on est littéralement ‘’givré’’ devant l’image de tous ces petits anges grelotant de froid sur le chemin de l’école, avec souvent pour seule protection la légère tenue scolaire.

Il n’empêche que les plaintes et les jérémiades viennent surtout des adultes et des plus vieux. Ceux-là mêmes qui s’entourent de tous les soins pour se prémunir contre les intempéries. Ainsi, pour certains d’entre eux, c’est l’occasion de dépoussiérer et d’enfiler la veste restée rangée, presque tout le reste de l’année, dans les armoires de l’oubli, pour se pavaner en ville aux allures de ‘’L’homme de Bordeaux’’, en allusion au fameux personnage de la pièce de la Troupe Yazi Dogo se distinguant par son style costume-cravate, même en pleine canicule. En tout cas, pour se prémunir contre le froid, tout passe : blouson, écharpe, bonnet, turban et autres vêtements lourds. Il n’empêche que, pour beaucoup de gens, les dégâts occasionnés par le froid restent immuables : toussotements sans fin, larmoiements, lèvres desséchées et fendillées, peau rugueuse, pieds lézardés, et une frimousse de… poisson frit !

Et c’est ces instants de calvaire que choisissent les indésirables rôdeurs de nuit pour troubler le sommeil des paisibles citoyens transis de froid. Ainsi, profitant des nuits glaciales où les rues sont quasiment désertes, les malfrats de tout acabit s’adonnent à leur sport favori qui consiste à se lever au milieu de la nuit pour escalader les murs, sauter les verrous des portes des habitations et déménager littéralement les biens des gens. Chaleur sahélienne, tu nous manques déjà !.

Assane Soumana(Onep)