Il existe plusieurs types de réseaux sociaux
Depuis quelques temps, de nombreux créateurs de contenus diffusent sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, des vidéos aux propos et images choquants, souvent accompagnés de musique ou de paroles indécentes. Cette plateforme centrée sur le partage de courtes vidéos est devenue le théâtre de scènes contraires aux valeurs culturelles et religieuses du Niger. Des jeunes filles nigériennes, majoritairement de confession musulmane, y apparaissent parfois habillées de manière suggestive. Ces contenus, qui font rapidement le buzz, banalisent les comportements déplacés et contribuent à l’érosion des bonnes pratiques et des mœurs.
Dans un monde de plus en plus digitalisé, les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans la diffusion de l’information ; mais ils deviennent également des vecteurs de dépravation des mœurs, notamment chez les femmes et les jeunes filles. Sur TikTok, certaines se livrent à des danses suggestives, remuant le ventre, la poitrine ou les fesses, dans des mises en scène explicites.
Tout a commencé avec une émission de «test de fidélité», où des jeunes appellent le partenaire d’une autre pour vérifier sa loyauté. Cette tendance a vite évolué vers des contenus de plus en plus osés, avec des influenceurs qui arpentent les rues, téléphone à la main, posant des questions futiles sans réel apport pour le développement du pays.
Récemment, une vidéo devenue virale montre un jeune garçon, Abdoul, déclarant : «Je suis heureux, mon amoureux m’a dit de faire ce que je veux ». À la question «qui est ton amoureux ?», il répond : « Soumaila ». Un couple mal exposé sans retenue, choquant une grande partie de l’opinion. Sur ce sujet, un Tiktokeur de la page «227 Mécanique» a réagi, interpellant directement l’influenceur concerné en ces termes « Abdourahamane, je te parle parce que l’autre ne sait plus ce qu’il fait. Petit frère, je t’en supplie, ces genres de personnes, quand vous les croisez, si vous ne pouvez pas les recadrer, pour l’amour de Dieu, ne réalisez pas de micro-trottoirs avec elles. Vous savez que ces vidéos ternissent l’image du pays. Nous ne connaissons pas le Niger comme ça. De grâce, ne les approchez pas, ne les questionnez pas. Ce que vous voyez est une mauvaise chose que le Créateur des cieux et de la terre condamne. Si vous continuez à les exposer, vous porterez aussi une part de responsabilité ».
Dans une autre vidéo, une jeune fille déclare « On ne prend pas l’argent des hommes sans contrepartie, c’est du donnant-donnant ». Une autre relate un cas où une fille s’est donnée à un homme en échange de 20 000 FCFA, uniquement pour acheter l’uniforme de mariage de son amie. Une autre jeune femme, après avoir reçu un cadeau de son copain, s’exprime ainsi : « J’ai un gars qui m’a dit de faire ce que je veux. Je ne réalise pas des vidéos dans les téléphones des autres. Les hypocrites et les putes stagiaires, laissez tomber».
Face à ces propos, plusieurs internautes ont vivement réagi. L’un d’eux commente : « Les hommes qui vous donnent ce que vous voulez le font par intérêt. Pourquoi ne pas leur demander de mobiliser cet argent pour vous épouser? »
Des pratiques qui ne reflètent pas nos réalités
De nombreuses femmes mariées ou célibataires se mettent sur leurs 31, non pas pour le mari mais pour sortir ou faire des vidéos et poster sur les réseaux Whatsapp, Tik tok et consorts. Ce qui, selon le Président de l’Association Islamique Faouziyya, Assistant Technique du Conseil Islamique du Niger, Dr Moustapha Ahoumadou, est interdit par l’islam et sévèrement puni par Allah. D’après cet ouléma, Allah a permis l’existence des réseaux sociaux pour nous faciliter la vie, notamment dans la recherche du savoir, la communication, les déplacements et autres aspects utiles. Mais, beaucoup les utilisent à mauvais escient. « Que les femmes sachent qu’elles sont des créatures extrêmement sensibles et précieuses. Allah n’accepte en rien qu’elles s’exhibent comme si elles étaient des objets banals. C’est extrêmement dangereux et mauvais », a-t-il averti.
Dr Moustapha Ahoumadou rappelle que le Prophète Mohamed (PSL) a dit, dans un hadith, que toute partie du corps féminin exposée constitue une forme d’exhibition. «La femme doit faire très attention, elle n’est pas comme les autres, et elle ne peut pas se comporter comme elle veut, surtout si elle expose son corps sur les réseaux sociaux », a-t-il insisté. Il estime que ces pratiques, auxquelles certaines filles s’adonnent aujourd’hui, ne correspondent pas à nos valeurs, et que celles qui s’y livrent sont dans l’égarement. Il rappelle aussi que les relations entre personnes du même sexe sont strictement condamnées par l’islam. « Ces personnes sont semblables à des créatures que l’on ne connaît même pas. C’est comme s’ils étaient des porcs, sans conscience ni âme. Allah les a exclus de la Oumma du Prophète. Elles sont alignées parmi les bêtes féroces à abattre, elles sont najas (impures). Le Coran le dit que ce sont des saletés qu’il faut rejeter. Et elles seront punies par Allah », a-t-il déclaré.
Dr Moustapha Ahoumadou a également précisé que l’Islam interdit à la femme musulmane portant le hijab de s’exposer sur les réseaux sociaux, encore moins de danser ou de prononcer des paroles déplacées, car ces actes peuvent avoir des conséquences irréversibles. Dans un prêche, Cheikh Nader Abou Anas avait d’ailleurs déclaré : « Wallahi Al Adhim, je n’aurais jamais imaginé, il y a dix ou quinze ans, qu’il pourrait y avoir des sœurs qui auraient le courage et l’audace de s’afficher en hijab, en train de danser sur de la musique ou des clips de rap sur TikTok. »
Des mesures pour atténuer la situation
D’un point de vu sociologique, les réseaux sociaux sont venus accentuer ce qui existe déjà car c’est un espace ouvert et accessible à tous. Du coup, quiconque veut exprimer son identité, son éducation, ses valeurs pense qu’il peut utiliser les réseaux sociaux pour diffuser ce qu’il veut. D’après le sociologue Bello Adamou Hamadou, chercheur au Laboratoire d’Etude et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local (LASDEL), la problématique des échanges entre jeunes, notamment les filles qui peuvent offrir des faveurs en contrepartie d’un présent souligne leur désir d’appartenir à la modernité et d’être à jour sur tous les plans.
Ainsi, pour réglementer les contenus diffusés sur tik tok, le sociologue recommande de régler à l’avance certains logiciels et applications. « Aujourd’hui, l’ARCEP peut par exemple mettre en place des dispositifs pour contrôler les réseaux sociaux, voir quelle genre de vidéos on peut diffuser, contrôler l’âge aussi de la personne qui se connecte. L’ARCEP peut décider, aujourd’hui, que toute personne qui n’a pas 13, 17 ou 18 ans ne peut pas avoir accès à Tiktok », a-t-il dit. La société a-t-il précisé, n’a pas mis en place de garde-fous pour limiter l’évolution de la communauté LGBT, ce qui a contribué à l’acceptation accentuée de l’homosexualité, malgré les lois et les réactions sociales conservatrices.
Ainsi, pour limiter les dégâts sur les réseaux sociaux, le sociologue préconise de mettre à contribution la brigade des mœurs, de contrôler ce qui se passe sur les réseaux, sensibiliser les jeunes influenceurs qui réalisent les micros trottoirs dans la ville et surtout les jeunes filles à garder les valeurs dans toutes situations. Malgré l’interdiction de réaliser des vidéos au sein et aux alentours du Stade Général Seyni Kountché, des vidéos sont réalisées dans la Ville de Niamey donnant la parole à n’importe qui, n’importe comment et sans filtrer les mots qui sortent de leur bouche.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
