A l’ouverture des travaux de l’atelier
Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des Sceaux, Chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a procédé, le lundi 23 mars 2026 à Niamey, à l’ouverture d’un atelier national sur la promotion de la judiciarisation des opérations militaires dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Cet atelier qui a rassemblé les acteurs des différents maillons de la lutte contre le terrorisme a pour objectif d’améliorer les compétences et les outils des acteurs judiciaires et sécuritaires pour traiter les affaires liées au crime organisé transnational et au terrorisme.
Cette rencontre mise en œuvre par IDLO à travers le financement du Royaume Uni s’inscrit dans le cadre du projet « Justice pour la stabilité au Niger : renforcer les capacités judiciaires face à l’extrémisme violent et la criminalité transnationale organisée ». L’atelier permettra d’harmoniser les pratiques entre forces armées, forces de sécurité intérieure et autorités judiciaires ; de renforcer les capacités techniques des acteurs en matière de procédures pénales applicables au terrorisme.
A l’ouverture des travaux, le ministre en charge de la Justice a précisé que le Niger fait face à un terrorisme plus mobile, plus diffus et de plus en plus structuré dans ses modes d’action et ses relais. Pour lui, la lutte contre le terrorisme impose une articulation parfaite entre les acteurs du terrain et les acteurs judiciaires. La chaîne pénale doit être comprise comme un continuum structuré autour de cinq étapes essentielles dont l’interpellation sur le terrain, la collecte et la préservation des éléments de preuve, la formalisation rigoureuse des actes de procédure, la transmission diligente aux services spécialisés, en particulier le Service Central de Lutte Contre le Terrorisme et l’exploitation judiciaire par le parquet ainsi que les juridictions compétentes, a-t-il dit.

« La judiciarisation des opérations militaires constitue un pilier fondamental de leur stratégie nationale de lutte contre le terrorisme. Elle repose sur un principe simple mais déterminant et s’inscrit dans le respect du Code pénal et du Code de procédure pénale nigérien ; des textes spécifiques relatifs à la lutte contre le terrorisme ainsi que des engagements internationaux de notre pays », a-t-il déclaré.
Pour l’Ambassadrice du Royaume Uni, Mme Catherine Inglehearn, le projet de renforcement des capacités judiciaires du Niger est un projet catalyseur qui donnera un coup d’accélérateur aux initiatives déjà en cours dans ce domaine. C’est une coopération qui renforcera le programme pluriannuel mené conjointement par les Pays-Bas et le Niger.
Pour sa part, le Représentant Résident de l’IDLO, M. Moctar Alhousseini, a déclaré que l’IDLO est la seule organisation qui se consacre à la promotion et au renforcement de l’État de Droit dans le monde, en renforçant les institutions afin de promouvoir la justice, la paix et le développement durable. « Dans le cadre de ce projet, quelques activités ont été déjà mises en œuvre, dont deux sessions de la chambre correctionnelle de jugement du Pôle Judiciaire Spécialisé (PJS) en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Une session criminelle de la chambre criminelle de jugement de la cour d’appel de Niamey du pôle judiciaire spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme. L’appui à la chambre de contrôle de la cour d’appel de Niamey pour des missions de contrôle des cabinets d’instruction du pôle judiciaire anti-terroriste », a-t-il rappelé.
Auparavant, le Procureur de la République du Pôle Judiciaire Spécialisé (PJS) a indiqué que la réponse militaire bien qu’indispensable, ne peut pas à elle seule éradiquer le terrorisme. Pour être efficace, la réponse militaire doit être accompagnée par la justice. Au cours de leurs interventions, les forces collectent des informations, des indices, des objets et parfois des aveux, qui constituent des éléments essentiels dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. « La judiciarisation n’est pas une simple formalité technique. Elle est au cœur de l’État de droit. Elle constitue le pont indispensable entre l’action militaire ou sécuritaire et la réponse judiciaire », a-t-il précisé.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
