Le ministre Alio Daouda à une étape de sa tournée à Maradi
Le ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Garde des sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a entamé le lundi 06 juillet 2026, une tournée d’inspection des juridictions et établissements pénitentiaires relevant de la Cour d’Appel de la région de Maradi. L’objectif de ce déplacement est d’évaluer le fonctionnement des services judiciaires et pénitentiaires, identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et échanger avec les différents acteurs du secteur de la justice. Il s’agit également de s’enquérir des conditions de travail des personnels judiciaires et pénitentiaires, mais aussi d’examiner les conditions de détention des personnes privées de liberté.
La visite du ministre Alio Daouda, qu’accompagne le gouverneur de la région de Maradi, le Contrôleur Général de Police Mamane Issoufou, a débuté par Tessaoua où il a visité la maison d’arrêt, un établissement créé en 1921 et rénové en semi dur en 2004. Il ressort des constats que cet établissement est surpeuplé, avec une population carcérale de 204 personnes pour une capacité de 150 places. Après une visite guidée des lieux, le ministre s’est rendu au tribunal où il s’est entretenu avec le personnel sur les réformes visant à simplifier les procédures et accélérer les traitements des dossiers judiciaires. Il a effectué les mêmes visites au centre pénitencier d’Aguié et au tribunal d’Instance de cette localité.
Mayahi a constitué la deuxième étape de ce périple où le ministre Alio Daouda et sa délégation ont visité la maison d’arrêt, créée en 2003. Pour une capacité de 80 personnes, ce centre héberge 118 détenus répartis dans trois quartiers -un pour mineurs, un pour les femmes et l’autre pour hommes. L’établissement compte 39 condamnés et 76 prévenus. Selon le régisseur, Lieutenant Jules Pascal, la maison d’arrêt de Mayahi, qui dispose d’un site agricole de 2 ha, adhère à la vision moderne de l’administration pénitentiaire qui considère que la détention doit être une étape de transition permettant aux personnes privées de liberté de préparer leur retour au sein de la société. Les détenus sont initiés à la pisciculture, à la fabrication de grillages, à la couture-tricotage et à la fabrication des cosmétiques.
Le ministre Alio Daouda a annoncé la création prochaine d’une laiterie qui, en plus des détenus, accueillera les travailleurs non détenus. Il a demandé la relaxe de certains détenus pour délits mineur qui ont dépassé la durée de leur détention. Au Tribunal d’Instance de Mayahi, le ministre a visité tous les bureaux pour s’imprégner des conditions de travail et recueillir des informations sur le fonctionnement des services.
Selon le président de ce Tribunal d’Instance de Mayahi, M. Ibrahim Hama, entre 280 à 300 dossiers sont traités annuellement en matière pénale, 65 dossiers en matière coutumière.
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des relations avec les Institutions, a rappelé qu’après six ans de mise en œuvre des recommandations issues des états généraux de la justice, les mêmes problèmes sont d’actualité et ont été portés devant la table des assises nationales, lesquelles assises ont réitéré l’attachement du peuple nigérien à la justice sociale. « Avant ces assises, en visionnaire, le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdouramane Tiani, nous a adressé une lettre de mission axée sur quatre actes stratégiques. Il s’agit d’entreprendre des réformes tendant à la simplification des procédures et à accélérer le traitement des dossiers judiciaires ; de promouvoir des réformes visant à la valorisation des modes alternatifs de règlement des litiges ; la promotion des réformes visant à garantir l’indépendance de l’appareil judiciaire et le professionnalisme de ses acteurs ; la lutte contre la surpopulation carcérale, la promotion des droits humains et la promotion d’activités productrices au sein des établissements pénitentiaires », a-t-il expliqué. C’est pourquoi, le ministre a demandé aux juges d’observer une certaine célérité dans le traitement des dossiers et a rappelé que la rédaction du jugement est une obligation professionnelle. « Pour rédiger, il faut éviter l’absentéisme, il faut être sur le lieu de travail et c’est pour cela que nous vous rappelons que vous êtes des fonctionnaires de l’Etat comme d’autres fonctionnaires soumis aux mêmes obligations professionnelles », a-t-il affirmé.
Le ministre Alio Daouda a rendu une visite de courtoisie aux sultans de Katsina-Maradi et de Tibiri-Gobir où il s’est entretenu avec eux sur des questions d’actualité.
Tiémogo Amadou
ONEP-Maradi
