Une vue de la table de séance et ...
Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba, assurant l’intérim du Premier ministre, a procédé, le mardi 25 novembre 2025 au Palais des Congrès de Niamey, à l’ouverture des travaux du forum national sur la communication inclusive et responsable sous le thème : « le rôle des radios communautaires dans la consolidation de la paix, la cohésion sociale et la gouvernance locale ». Ces échanges qui dureront trois jours, permettront aux participants de partager leurs expériences respectives et leurs réflexions afin de déboucher sur des perspectives concrètes d’amélioration de leurs performances.
A l’entame de ses propos, le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur a souligné que le réseau des radios communautaires, de par le nombre de radios qui le compose, soit plus de 200 à ce jour, leur dissémination sur l’ensemble du territoire national et leur proximité avec les communautés, est un puissant levier pour porter des messages en temps et en lieu à destination d’un auditoire cible, avec le maximum de chances que ces messages produisent leurs effets.
L’infrastructure communicationnelle étant en place, a-t-il expliqué, il appartient aux acteurs sur le terrain, qu’il s’agisse des autorités administratives et coutumières, des organisations de la société civile, ou des acteurs économiques, d’en faire bon usage pour passer les messages sur les différents aspects de la vie socio-économique et sécuritaire locale. Le Général de Division Mohamed Toumba a assuré que l’État veillera au respect, par tous les acteurs, du cadre législatif et réglementaire qui régit ce secteur, ainsi qu’à la préservation de l’espace médiatique nigérien, de l’intoxication informationnelle par les canaux étrangers au service d’intérêts sournois.
A l’échelle planétaire, l’information représente, depuis toujours et aujourd’hui encore plus, un enjeu majeur, car participant à la bataille d’influence entre les puissances et un moyen de manipulation des opinions à défense subversive. « C’est du reste à cela que nous assistons dans l’espace AES. Avec ces derniers temps, le véritable assaut médiatique mensonger sur la situation sécuritaire, le tout orchestré dans le seul but de déstabiliser nos institutions. Ce forum a une portée qui dépasse largement le cadre de la gouvernance locale et touche la communication globale », a-t-il soutenu.

Pour le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, la maîtrise de la communication de proximité, telle que portée par les radios communautaires, va de pair avec la vigilance face à la communication globale. « C’est cela même le sens de la démarche du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, qui, dernièrement encore, a choisi d’aller à la rencontre des populations à travers sa visite profonde de proximité et d’adresser depuis ces contrées les plus reculées du Niger un message puissant à la communauté nationale et internationale sur les nouveaux paradigmes des rapports du Niger avec le monde», a-t-il précisé.
Auparavant, le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, M. Adji Ali Salatou, a rappelé que le Niger fait face aujourd’hui à une montée préoccupante de la désinformation et de la manipulation en particulier sur les réseaux sociaux. Face à ces phénomènes qui fragilisent la cohésion nationale et alimentent parfois les tensions, a-t-il dit, les radios communautaires et les autorités locales sont la première ligne de défense. « Elles disposent d’une légitimité sociale, d’un ancrage territorial, d’une capacité unique à créer un dialogue permanent avec les populations », a soutenu le ministre en charge de la Communication.
M. Adji Ali Salatou a aussi rappelé que ce forum intervient à un moment où notre pays renforce sa diplomatie, son économie et son modèle de gouvernance. « Dans cette dynamique, il est indispensable que notre système de communication national se modernise, se professionnalise et s’outille pour relever trois défis majeurs : améliorer la qualité de l’information publique ; renforcer la cohésion sociale et la résilience communautaire ; placer les droits de l’enfant au centre de la communication locale », a insisté le ministre.
Pour sa part, la Représentante résidente de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahondé, a souligné l’importance de ces assises et a salué l’engagement du gouvernement du Niger à travailler constamment en faveur d’un paysage médiatique fort, inclusif et fidèle aux réalités du pays. Dans un pays où tant de citoyens vivent loin des centres urbains, les animateurs des radios communautaires sont, a-t-elle ajouté, les premiers relais, les premiers témoins, parfois même les premiers secouristes de conscience. « Grâce à eux, les droits de l’enfant ne sont pas seulement des textes, ils deviennent des gestes, des habitudes, des protections réelles, l’allaitement maternel est expliqué, la vaccination est comprise, l’éducation des filles est valorisée, les violences sont dénoncées et la cohésion sociale est assurée », s’est réjouie Mme Djanabou Mahondé.
Quant au gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, il a, dans son mot de bienvenue, souligné que l’évolution de nos sociétés au rythme des médias doit être contrôlée, car il est très facile de passer d’une culture où les normes sont clairement définies à une culture où les idées et les images peuvent être prises dans une mosaïque déconnectée, dénaturée et décivilisée.
Aïchatou H. Wakasso (ONEP)
