Le jeune Mountaka Yahouza dans un jardin à Madatchi
Situé dans la commune rurale de Bandé, le village de Madatchi connaît depuis quelque temps un changement profond dans les habitudes économiques de sa jeunesse. Longtemps connu pour l’exode massif de ses jeunes vers les pays voisins, notamment le Nigeria, le village voit aujourd’hui émerger une nouvelle génération d’agriculteurs qui ont choisi de miser sur les cultures de contre-saison comme alternative.
Dans ce village, il y a des jeunes de moins de trente (30) ans qui ont opté pour l’agriculture comme moyen de sortir de la précarité. M. Mountaka Yahouza fait partie de ces jeunes qui voient dorénavant l’avenir en rose, sans pour autant quitter leurs terroirs et en restant dans la légalité. Deux ans auparavant, il a décidé de tourner le dos à son activité principale, la vente de carburant fraudé à partir du Nigeria qui, certes rapporte gros, mais est illégal sur l’ensemble du territoire du Niger.
Aujourd’hui, l’ancien ‘’Rouwa Rouwa’’ est devenu un maraîcher modèle : il cultive la terre de ses ancêtres et produit de la pastèque qui lui apporte stabilité sociale et richesse. « L’année passée, ma première récolte était d’une valeur de 900 000 Fcfa. Et pour la deuxième année, j’en ai eu pour 700 000 Fcfa », confie-t-il, fier de son accomplissement. La culture de la pastèque, selon lui, est particulièrement adaptée à la période sèche dans cette zone fertile de la commune rurale de Bandé. « En saison chaude, on peut récolter deux mois après la mise en terre, tandis qu’en période froide, la récolte prend jusqu’à trois mois », explique-t-il.
Le jeune maraîcher Mountaka Yahouza met désormais son expérience au service des autres jeunes du village, convaincus eux aussi par les avantages qu’apporte le maraîchage dans leurs vies ; surtout qu’il est fortement encouragé par l’autorité coutumière locale, le chef de canton de Bandé, l‘honorable Aboubacar Yahaya Louché, qui multiplie les séances de sensibilisation.
Côté emploi, Mountaka fait appel à deux jeunes du village qui l’aident dans l’arrosage de son jardin et dans les autres travaux que nécessite le maraîchage, créant ainsi des opportunités d’emploi au niveau local. Cette dynamique contribue peu à peu à réduire le départ massif des jeunes vers l’étranger, un phénomène qui a longtemps vidé Madatchi de sa main-d’œuvre active.
Grâce à ces initiatives, le paisible village de Madatchi se transforme peu à peu en un pôle agricole prometteur, où les cultures de contre-saison redonnent espoir et joie à toute une communauté dont elle fait la fierté. Pour beaucoup, ce revirement positif des jeunes marque le début d’une ère nouvelle dans laquelle la dignité est plébiscitée par les jeunes du village face à l’aventure et les humiliations de l’exode. Ils ont choisi de rester chez eux et bâtir leur avenir sur la terre qui les a vus naître, plutôt que de chercher fortune ailleurs et revenir sur leurs pas avec des mésaventures à raconter.
Rabiou Dogo, ONEP Zinder
