Le lutteur Nouhou ‘‘Mai Korya’’ célébrant une victoire
Nouhou Ousmane, dit ‘‘Maï Korya’’, est un célèbre lutteur nigérien originaire de la région de Diffa. Dans cette discipline, il n’est ni le plus fort, ni le plus technique, encore moins le plus habile, mais il demeure aussi célèbre que les plus grands lutteurs de son époque. Muni de son chapelet, de sa calebasse et exécutant sa célèbre danse qui fait vibrer le public, Nouhou Ousmane « Maï Korya » a conquis le cœur de ses fans. Ces derniers le trouvent admirable et le qualifient de lutteur sympathique, certains l’appellent même le lutteur-comédien.
Son surnom « Maï Korya », qui signifie littéralement en haoussa « le détenteur de la calebasse », lui a été attribué lors de sa première apparition à Maradi en 2019, lorsqu’il est entré dans l’arène avec cette calebasse. Depuis lors, il est particulièrement apprécié du public pour son style de combat atypique, qui allie techniques de lutte et performances théâtrales.
Au fil des éditions, il réveille et anime le public, fait revivre plusieurs valeurs culturelles et, par son fair-play et ses comédies, rend les spectateurs heureux, ce qui lui a valu plusieurs fois le titre du « Lutteur fair-play ». Ses fans rient rien qu’en l’apercevant. Même hors de l’arène, ils courent derrière lui, le taquinent et cherchent à prendre des photos avec lui.
Nouhou Ousmane est, en quelque sorte, un héros des arènes. Avant, pendant et après ses combats, il offre un véritable spectacle au public. Parfois, il danse et taquine le public et les arbitres. Lors d’une édition, il a même brisé sa célèbre calebasse après une défaite. À la 44ème édition du Sabre national à Agadez, après avoir remporté sa première victoire, il a rempli sa calebasse de bonbons qu’il a distribués autour de l’arène et dans le public. Ces célébrations, exécutées avec malice, sont devenues sa signature et un symbole de fair-play.
Âgé de 27 ans, Nouhou Ousmane Maï Korya en est à sa sixième participation. Ce qui l’a poussé à pratiquer la lutte traditionnelle, c’est avant tout le désir de représenter sa région et de contribuer à la cohésion sociale.
Les éditions passées, Maï Korya quittait la compétition très tôt. Mais cette année, il a surpris les spectateurs. Lors de la 46ème édition du Sabre national de lutte traditionnelle, tenue à Tahoua en décembre 2025, il est venu sans sa calebasse, sans son chapelet et sans ses bonbons. Cette fois-ci, il est arrivé avec une seule intention « remporter le sabre ». Il s’est illustré comme l’un des leaders de l’écurie de Diffa. Durant cette compétition, il a déjoué les pronostics, s’est montré plus concentré, plus affûté et a marqué les esprits en terrassant des favoris locaux, notamment Bello Illa de Tahoua et Abdoul Rachid Chagon Yacouba de Niamey. Malheureusement pour lui, il a été battu au bout de la 3ème journée. Victoire ou défaite, ses célébrations sont toujours exécutées avec créativité, faisant sourire le public et rappelant que la lutte traditionnelle est aussi une fête et une école de valeurs.
« Cette année, j’ai essayé de mettre la comédie de côté. Et pas seulement moi, nous étions tous venus avec l’intention de remporter le Sabre national. Personnellement, je suis venu avec une grande détermination. Ce que j’ai réalisé cette année m’a non seulement mis en valeur, mais a aussi mis en valeur ma région. Je suis fier d’avoir accompli cet exploit. Tout vient de Dieu, c’est la part qu’Il nous a réservée », a-t-il confié.
Nouhou Ousmane indique n’avoir jamais rencontré de problème dans cette activité et affirme que, tant qu’il sera en bonne santé, il restera prêt à participer aux compétitions jusqu’à sa retraite. Il a précisé qu’il sera bel et bien présent à la prochaine édition à Zinder et qu’avec l’aide de Dieu et les prières, il espère faire honneur à sa région.
Bien qu’il n’ait pas remporté le titre suprême, Nouhou Ousmane reste une figure emblématique de la lutte traditionnelle au Niger. Sa popularité dépasse les frontières et certains le surnomment avec humour ‘‘roi des comédiens’’ pour ses animations mémorables lors des compétitions et bonne humeur.
Assad Hamadou (ONEP)
