A l’ouverture du Forum
Les travaux du Forum National de l’Initiative du Sahel pour la Paix ont débuté mardi 23 juin 2026 à Niamey. La cérémonie d’ouverture a rassemblé les forces vives de la Nation autour du renforcement de la paix, de la cohésion sociale et de la résilience des communautés face aux défis auxquels le Niger en particulier, et la région du sahel en général, sont confrontés. Elle a été présidée par le conseiller technique du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, M. Alassane Seiboun.
Le conseiller technique du ministre d’Etat chargé de l’Intérieur a salué cette initiative qui offre au Niger un espace privilégié de réflexion et de dialogue sur le renforcement de la paix et de la cohésion sociale chères au pays. Sans la paix, a-t-il dit, il n’y a ni développement, ni investissement, encore moins progrès social. « Sans la paix, les efforts de l’État, des collectivités territoriales, des partenaires et des communautés demeurent fragiles », a-t-il dit.
La paix véritable repose, a souligné M. Alassane Seiboun, sur la confiance entre les citoyens, le respect mutuel, la justice sociale et la capacité des communautés à résoudre leurs différends par le dialogue. Cette paix exige également une vigilance collective face aux discours de haine, aux manipulations identitaires et à toute forme d’extrémisme qui menace la cohésion sociale, a-t-il insisté. Les valeurs de solidarité, de tolérance et de fraternité, a déclaré le conseiller technique, doivent continuer à guider notre action collective. Il a demandé à la jeunesse de mettre son énergie, sa créativité et son engagement au service de la construction d’un Niger stable et prospère. « L’État, pour sa part, continuera à œuvrer pour créer les conditions favorables à l’épanouissement de la jeunesse et à la participation active de celle-ci au développement national », a-t-il assuré.
Pour le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), le Général de Brigade Amadou Diddili, la paix durable ne se limite pas à l’absence de violence, elle implique aussi la création d’opportunités économiques pour les jeunes, la participation effective des femmes à la prise de décisions, l’accès équitable aux ressources, la promotion du dialogue et le respect des différences culturelles et religieuses. « Elle exige également la lutte contre toutes les formes de stigmatisation, d’exclusion et de discours de haine qui fragilisent l’unité nationale », a-t-il affirmé.
Le Général de Brigade Amadou Diddili a demandé à la jeunesse nigérienne de refuser le discours de division ainsi que les manipulations et les idéologies de violence et de choisir le dialogue, la tolérance et la citoyenneté responsable. Il a également rendu hommage aux leaders religieux et coutumiers qui, au quotidien, œuvrent pour rapprocher les communautés, prévenir les conflits et promouvoir les valeurs de paix, de pardon et de fraternité. Leurs contributions, a-t-il ajouté, demeurent essentielles dans le contexte actuel.
Pour leurs parts, le coordonnateur national du Comité de Dialogue Inter et Intra- Religieux (CDIR), Cheikh Barham Aboubacar, et le président du groupe de travail Initiative du Sahel pour la Paix (SPI), l’Archevêque de Niamey, Mgr Laurent Lompo, ont axé leurs interventions sur la coexistence pacifique, la présence de la justice, du dialogue, de la dignité humaine et de l’espérance. Selon eux, aucune institution, aucune communauté religieuse, aucune organisation et aucun gouvernement ne peut relever seul les défis auxquels l’espace sahélien est confronté.
Seule une réponse collective, a expliqué les deux leaders religieux nigériens, permettra « d’unir nos forces, mutualiser nos ressources et construire ensemble une vision commune de l’avenir ». Ils ont appelé à un engagement renouvelé de toutes les bonnes volontés. « Faisons de la solidarité notre réponse à la vulnérabilité, de l’espérance notre réponse à la peur. Élevons nos voix et unissons nos efforts pour une paix durable au Niger et au Sahel. Ensemble, nous pouvons bâtir un Sahel où les différences ne divisent pas mais enrichissent, où la diversité devient une force et où chaque citoyen trouve sa place dans une société réconciliée et prospère », ont-ils souhaité.
Aïchatou H. Wakasso (ONEP)
