Le Niger a franchi hier, mardi 15 septembre 2026, une étape importante de son processus de modernisation des documents officiels au service de la souveraineté, de la sécurité et de la mobilité des citoyens avec le lancement de l’enrôlement de masse pour la production du passeport biométrique nigérien-AES. Un processus qui vient consolider la volonté des autorités de l’espace confédéral de disposer d’un document de voyage commun. La cérémonie a été présidée par le secrétaire général adjoint du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, M. Abdoul Kader Garba Moussa.

Dans un environnement où la fraude documentaire, l’usurpation d’identité et les menaces transnationales constituent des préoccupations réelles pour les États, la modernisation des documents de voyage apparaît comme une nécessité. Selon le secrétaire général adjoint du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le passeport biométrique AES constitue une nouvelle génération de document de voyage qui repose sur l’intégration de données biographiques et biométriques, ainsi que sur des dispositifs techniques destinés à renforcer l’authenticité, la fiabilité et la sécurité du document. « Ses caractéristiques s’inscrivent dans le respect des exigences et des normes internationales applicables aux documents de voyage, notamment celles de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale », a-t-il déclaré.
M. Abdoul Kader Garba Moussa a, en outre, indiqué que la mise en œuvre de ce nouveau système de production de passeports exige méthode, rigueur et progressivité et implique la préparation des équipements, l’installation des systèmes, la configuration des applications, la réalisation des essais techniques, la formation des agents et la vérification du fonctionnement de l’ensemble de la chaîne de production.
À l’issue de cette cérémonie, M. Abdoul Kader Garba Moussa, accompagné du gouverneur de la région de Niamey, a visité le bloc des formalités de la Direction de la Surveillance du Territoire, où sont installés les nouveaux systèmes d’enrôlement biométrique du passeport AES. Cette visite a permis à la délégation de découvrir les équipements, de mieux comprendre les différentes étapes de la procédure d’enrôlement et d’apprécier les dispositions techniques mises en place pour assurer le fonctionnement du nouveau système.
Le DST édifie les usagers sur les nouvelles innovations
Dans une conférence de presse peu après la cérémonie de lancement, le directeur de la Surveillance du Territoire, le Commissaire divisionnaire de Police Abdoulaye Mamane Mijinyawa, a donné plus de précisions sur les nouvelles dispositions qui encadrent le nouveau passeport et expliqué la hausse constatée des prix pour ce service, soit 9 000 F de plus par rapport à l’ancien tarif.
Le Commissaire divisionnaire de Police Abdoulaye Mamane Mijinyawa a expliqué que le dispositif prévoit différentes catégories de passeports, correspondant aux besoins spécifiques des usagers et aux exigences de l’administration. À cet égard, il a indiqué que les catégories officiellement retenues comprennent le passeport ordinaire, le passeport de service, le passeport diplomatique, le titre de voyage pour réfugié et le passeport spécial Hadj. Le directeur de la DST a noté que chacune de ces catégories répond à une finalité particulière qui repose sur un même objectif : celui de garantir un document fiable, sécurisé et conforme aux exigences de délivrance. « Le passeport spécial Hadj est un passeport ordinaire, mais qui est destiné uniquement à voyager vers l’Arabie Saoudite et permet aux demandeurs, candidats pour le Hadj, de bénéficier des facilités de procédures pour l’obtention du passeport. Sa durée de validité est de deux (2) ans et le nombre de pages de visa est réduit à 18. Donc, la seule destination, c’est l’Arabie Saoudite. Pour le reste, c’est la même caractéristique que le passeport ordinaire et c’est le même coût », a-t-il détaillé.

Il a ensuite expliqué et justifié l’augmentation du coût d’établissement du nouveau passeport par le coût de la matière utilisée pour sa confection. « Le polycarbonate est une matière qui a un coût. En plus de cela, les pages de visas sont personnalisées avec des images des monuments culturels nigériens. Ce qu’il faut encore préciser à ce niveau, c’est que le coût intègre également tous les équipements et les investissements dans le cadre de ce nouveau passeport. En réalité, quand on regarde le coût d’acquisition du passeport nigérien, même à 45 000 FCFA il est l’un des coûts les plus compétitifs de la sous-région », a-t-il dit.
Pour l’enrôlement des demandeurs, le Commissaire divisionnaire de Police Abdoulaye Mamane Mijinyawa a annoncé que, dans un premier temps, le dispositif d’enrôlement sera à Niamey, puis au niveau des régions où il est prévu d’installer le dispositif d’enrôlement biométrique et ensuite au niveau de la diaspora.
Par ailleurs, le directeur de la DST a fait savoir que les délais d’établissement relativement longs observés se produisent en période de forte demande, mais aussi de la disponibilité des imprimés de voyage, ce qui impacte le délai de traitement. « Cette année, comme nous sommes en transition d’un ancien à un nouveau passeport, il y a eu des périodes où, effectivement, le stock d’imprimés a connu une baisse significative. Cela a aussi impacté le temps de traitement. Mais l’élément essentiel que nous avons constaté, c’est surtout la qualité des pièces que le demandeur introduit. Lorsque vos pièces d’état civil comportent des insuffisances, cela impacte fortement le temps de traitement », a-t-il fait savoir.
Dans le contexte géopolitique actuel du Niger et de la Confédération des États du Sahel, le Commissaire divisionnaire de Police Abdoulaye Mamane Mijinyawa a assuré qu’avant cette phase de lancement, des dispositions ont déjà été prises par le ministère en charge des Affaires étrangères pour la vulgarisation des spécimens de ce document de voyage au niveau des différents pays avec lesquels le Niger entretient des relations diplomatiques et des organisations internationales.

Il a enfin annoncé qu’une procédure premium sera mise en place pour une certaine catégorie d’usagers qui permettra à ceux qui le souhaitent de bénéficier, en renouvellement, de bénéficier d’un traitement sous 48 heures en payant le double du prix du passeport. « On a prévu une procédure de pré-enrôlement en ligne qui va permettre à l’usager d’introduire sa demande en ligne, de pouvoir même procéder au paiement en ligne et de télécharger ses documents d’état civil en ligne. Cela va faciliter par la suite la présence physique et l’enrôlement biométrique. Donc, moins de perte de temps, plus de gain », a-t-il conclu.
Hamissou Yahaya (ONEP)
