Au cours de l’exposé du ministre du Commerce et de l’Industrie
Le Conseil Consultatif de la Refondation a poursuivi le mardi 28 juillet 2026 la première session ordinaire, au titre de l’année 2026. Devant les conseillers, le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, a exposé la situation commerciale et industrielle, sous la présidence du premier vice-Président du CCR, Pr Issoufou Katambé.
Il a souligné cinq projets majeurs sur lesquels travaille le Ministère. Ces projets représentent ensemble un potentiel d’investissement de plus de 1 820 milliards FCFA et la création de plus de 2 000 emplois industriels directs. Parmi eux figure en premier la cimenterie intégrée de KAO, celle de Keita, l’unité d’assemblage de tracteurs agricoles, la zone économique spéciale de Yawaré et la seconde zone industrielle de Bougoum.
Dans le second volet de sa présentation portant sur l’attractivité économique, M. Abdoulaye Seydou a présenté les résultats enregistrés depuis l’avènement des autorités de la Refondation, sur plusieurs plans se rapportant au domaine. Ainsi, sur le plan industriel et entrepreneurial, il a souligné que ce sont 235 unités industrielles fonctionnelles recensées, 8 353 nouvelles entreprises créées en 2025 et 114,769 milliards de FCFA d’avantages fiscaux accordés au bénéfice du Code des investissements et 34 unités industrielles en arrêt. Le ministre a également cité plusieurs résultats sur le plan du commerce, des prix et de la sécurité alimentaire, du contrôle des marchés et de la protection des consommateurs et la diplomatie économique.
A propos de l’environnement des affaires, il est reparti en deux sous points, à savoir le régime des zones économiques spéciales et d’autres réformes et leviers d’amélioration du climat des affaires. Sur cet aspect, le ministre en charge du Commerce a mentionné l’ordonnance portant régime juridique dérogatoire applicable aux zones économiques spéciales au Niger, qui représente un saut qualitatif majeur dans le dispositif d’attractivité.
Sur la problématique de la transformation locale, M. Abdoulaye Seydou a exprimé la volonté du Ministère d’inverser la tendance de l’exportation des matières premières brutes. Dans le domaine de l’agro-industrie, il a présenté plusieurs projets visant l’amélioration et la transformation de plusieurs aliments tels que l’oignon violet de Galmi, la gomme arabique et le bétail-viande-cuirs et peaux. S’agissant des industries extractives, l’Etat vise à valoriser les ressources dont le pays dispose telles que l’extension du raffinage pétrolier et la création d’un comptoir national de transformation de l’or. Il a également présenté plusieurs projets visant la promotion du « Made in Niger » et Projets régionaux de transformation prioritaires pour l’année 2026.
Pour le développement industriel, le ministre Abdoulaye Seydou a d’abord présenté une vision à l’horizon 2036, où le Niger dispose d’un tissu industriel national dynamique, diversifié, compétitif et respectueux de l’environnement, valorisant les produits locaux et les ressources naturelles extractives, tout en créant des emplois décents et durables pour ses citoyens. Cette vision repose sur trois axes stratégiques complémentaires. Le premier se base sur le renforcement de la gouvernance du secteur industriel, le second sur le développement des chaînes de valeur industrielles et le troisième axe sur le renforcement de la compétitivité industrielle. Il a ensuite mis en lumière l’importance d’un Fonds de Développement Industriel (FDI) dont le projet en cours prévoit ses modalités d’intervention, les sources de financement, la gouvernance et contrôle et les articulations avec les mécanismes existants.
Enfin, le cinquième point qui a porté sur la politique commerciale du Niger. Le ministre a présenté la « Vision commerciale 2036 » qui vise à faire du Niger un pays émergent par un commerce moderne et dynamique, source de création de richesse et d’emplois à l’horizon 2036. Elle est articulée autour de trois axes, à savoir le renforcement du cadre institutionnel et juridique, le renforcement des capacités du secteur privé et le renforcement de la compétitivité des exportations.
Dans la phase de questions et réponses qui a suivi cette présentation, plusieurs préoccupations ont été soulevées par les conseillers. Il s’agit, entre autres, de la pénurie de certains produits de grande nécessité et le non-respect de certaines mesures de réduction de prix. Les conseillers ont fait des propositions qui encourageront l’entrepreneuriat et faciliteront la consommation locale.
Bachir Djibo (ONEP)
