Au cours du point de presse
Le journalisme de solutions intègre de plus en plus les rédactions au Niger. Cette nouvelle pratique est malheureusement méconnue par la plupart des journalistes qui l’utilisent sans le savoir le plus souvent. Face aux nombreuses incompréhensions soulevées par ce concept nouveau dans le pays, surtout autour de la nouvelle association qui lui est consacrée, l’Association Nigérienne des Professionnels du Journalisme de Solutions (ANP/SoJo) a animé, le vendredi 2 janvier 2026 à Niamey un point de presse pour expliquer sa mission et sensibiliser les acteurs des médias sur cette approche journalistique encore peu maîtrisée au Niger.
Dans cette sortie médiatique, l’Association Nigérienne des Professionnels du Journalisme de Solutions (ANP/SoJo) regrette l’interprétation erronée de sa mission par certains professionnels du milieu. « Cette confusion est principalement liée au mot « solutions », qui conduit certains à penser que l’association aurait pour vocation de résoudre les problèmes des journalistes ou des organes de presse. Cette interprétation est compréhensible, mais elle est totalement éloignée du sens réel du Journalisme de Solutions », précise l’ANP/SoJo.
Selon l’association, le Journalisme de Solutions est une approche journalistique reconnue à l’échelle internationale qui ne doit être confondue ni avec le journalisme promotionnel, ni avec le militantisme, encore moins avec la communication institutionnelle ou le reportage émotionnel. Il ne s’agit pas non plus d’un journalisme complaisant ou positif à tout prix, se défendent les membres de l’ANP/SoJo. « Le Journalisme de Solutions consiste à enquêter de manière rigoureuse sur des réponses apportées à des problèmes sociaux, à en analyser les résultats, les limites et les enseignements. Autrement dit, il complète le journalisme classique en apportant une perspective constructive, fondée sur les faits et les épreuves », précise la déclaration rendue publique lors du point de presse.
Ce rappel de l’Association Nigérienne des Professionnels du Journalisme de Solutions intervient dans un contexte, où le paysage médiatique nigérien fait face à de multiples défis dont, entre autres, la faible professionnalisation de certains acteurs, la précarité économique des entreprises de presse, l’influence grandissante des réseaux sociaux favorisant la désinformation, ainsi que le déficit d’approches constructives dans la collecte et le traitement de l’information. Dans ce contexte, a indiqué l’ANP/SoJa, les médias se concentrent souvent sur la description des problèmes au détriment de la valorisation des initiatives, projets et solutions qui émergent pourtant au sein des communautés.
Pour l’association, l’enjeu est d’autant plus crucial que le Niger est engagé, depuis le 26 juillet 2023, dans une phase de refondation, de reconquête de sa souveraineté et de sa stabilité. « Le pays a plus que jamais besoin d’un journalisme responsable, constructif et orienté vers la recherche de solutions », estime les membres de l’ANP/SoJo, qui voient dans le Journalisme de Solutions un levier pour mettre en lumière des réponses locales, innovantes et concrètes aux défis socio-économiques et culturels du pays.
À l’issue du point de presse, l’association a appelé l’ensemble des professionnels des médias à s’impliquer activement dans cette démarche, soulignant que le Journalisme de Solutions représente une opportunité pour enrichir les contenus médiatiques, renforcer la crédibilité des médias afin de restaurer la confiance du public et contribuer positivement au débat public.
Adamou I. Nazirou (ONEP)
