Kazim Lamine, éleveur de cheveaux
Passionné des chevaux, Kazim Lamine est un éleveur de chevaux de race soudanaise de renom. Très engagé dans les courses hippiques, il ne quitte jamais ses jumelles lors des compétitions afin de ne rater aucun détail. Sur les pistes du festival Dokin iska dan Hilingué, il inspecte chaque foulée, chaque saut, chaque hennissement de ses chevaux. Avec ses jumelles, il s’assure que ces poulains sont notés correctement par les juges.
Kazim Lamine explique que ses chevaux sont tous d’origine soudanaise, et qu’ils ont l’habitude de compétir, en plus du Niger, au Nigéria et au Cameroun. « L’année dernière, au Nigeria, mes poulains ont raflé tous les prix des compétitions. Et ici, à Filingué, je peux m’assurer que chaque victoire est méritée. Vraiment ces jumelles confirment ce que je sais déjà : mes chevaux donnent le meilleur d’eux-mêmes », a-t-il déclaré.
Pour ce passionné, élever un cheval n’est pas seulement un loisir, mais un engagement quotidien et une passion d’enfance. « Chaque cheval à sa personnalité. Si tu ignores un détail, il te le fera payer sur la piste. Mes enfants qui entretiennent ces chevaux aussi passent des journées en ajustant leur alimentation. Ils surveillent quotidiennement les étalons, et surtout les préparent pour les compétitions pour qu’ils soient prêts », a-t-il souligné.
Les journées de Kazim Lamine commencent avant même le lever du soleil. Chaque jour, il passe son temps à inspecter les couchettes, vérifier les sabots et ajuster les rations de ses chevaux. « Je connais chaque cheval par cœur : celui qui s’impatiente, celui qui hésite devant un obstacle, celui qui a besoin d’un mot doux pour se calmer », indique-t-il.
Au moment des courses, l’éleveur se précipite sur la piste, en levant ses jumelles. Il arrive toujours à trouver le meilleur point d’observation pour ne manquer aucun détail. « En regardant avec ces jumelles, c’est comme si tout se passe tout prêt de toi », dit-t-il. Lorsqu’un poulain franchit la ligne d’arrivée et que les juges annoncent les résultats, Kazim hoche la tête, tout en restant silencieux. Car, dit-t-il, chaque victoire est la récompense de beaucoup de travail, de patience et d’observation. « Même en tant que particulier, ce que je ressens est immense. C’est ma façon de vivre l’élevage avec amour, rigueur et respect pour mes chevaux », affirme-t-il.
A Filingué, Kazim Lamine donne l’image d’un éleveur moderne qui est toujours aux côtés de ses chevaux. Pour lui, les festivals et les courses ne sont pas uniquement des compétitions. C’est là que sa passion d’enfant, l’héritage familial et son œil vigilant prennent vie. Kazim et ses chevaux soudanais continuent de marquer l’histoire des cours hippiques du Niger.
Adamou I. Nazirou, ONEP Tillabéri
