Le Président de la République (gauche) et le Chef d’Etat-major des armées
En visite de travail dans la région de Diffa, dernière étape de sa tournée nationale, le Président de la République du Niger, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, s’est rendu le jeudi 20 novembre 2025 à la zone de Défense nᵒ 5, où il a tenu un rapport général. À cette occasion, le Chef de l’État, Chef suprême des Armées s’est adressé aux officiers, aux sous-officiers et aux hommes de rang des différents corps pour les motiver, mais aussi pour saluer leur constance et leur sacrifice quotidien au service de la patrie. Le Chef de l’État était accompagné des hauts responsables des FDS, notamment le ministre d’État, ministre de la Défense Nationale, le Général d’Armée Salifou Mody, le Chef d’état-major des armées, le Général de Division Moussa Salaou Barmou, le Chef d’état-major particulier du Président de la République, le Général de Brigade Ibroh Amadou Bacharou, des membres du CNSP et ceux du gouvernement.
À l’entame de son adresse, le Président de la République a félicité le travail abattu par les FDS afin de garder le Niger debout et pour que l’ensemble du peuple nigérien continue à vivre libre et souverain. Il a aussi ajouté que d’énormes sacrifices ont été consentis. « Nous avons enregistré, nous enregistrons et nous enregistrerons certainement des martyrs. Nous exprimons ici et aujourd’hui à l’ensemble des Forces, des Défenses et de Sécurité et aux familles éplorées la reconnaissance de la nation, sympathie et le soutien de l’État », a déclaré le Chef de l’État.

Le Chef suprême des armées a rappelé aux FDS que depuis plus de 13 ans, le pays fait face à une situation d’insécurité qui n’a d’autre fondement que la volonté de certaines puissances néocoloniales à préserver leur prospérité, leurs intérêts et leur domination sur les États du Sahel. « Ils se trompent certainement d’époque, ce qui a eu cours il y a 130 ans de cela ou 150 ans n’aura plus lieu, Inch’Allah. Pour beaucoup de membres de ma délégation, nous connaissons le terrain sur lequel vous évoluez, nous connaissons les difficultés auxquelles vous êtes confrontés pour avoir parcouru ce même terrain qui a certainement changé avec le retour du lac, mais les limites restent les mêmes », a indiqué le Général d’armée Abdourahamane Tiani.
Le Président de la République a aussi déclaré que cette guerre à laquelle le Niger fait face est une guerre totale voulue par la France avec Emmanuel Macron en tête, car a ajouté le Chef de l’Etat, la France veut par tous les moyens dresser l’Occident contre les pays du Sahel comme elle l’a fait en novembre 1884 et en février 1885 avec la fameuse conférence de Berlin où ils ont partagé l’Afrique comme un champ d’héritage. « C’est ce même esprit de partage que la France sous la houlette d’Emmanuel Macron veut imposer à nos pays. Mais qu’ils comprennent que l’heure est révolue. Les acteurs de 2025 en Afrique ne sont plus les mêmes que ceux de 1884. Nous avons compris qu’ils nous ont suffisamment pillé et que ce pillage doit cesser. Face à cette décision, responsable face à ce changement de cap, Emmanuel Macron s’est affolé, il a voulu utiliser la CEDEAO pour nous porter la guerre. Malheureusement les esclaves de salon au sein de la CEDEAO ont répondu au garde-à-vous », a expliqué le Chef de l’Etat.

Le Président de la Republique a, par ailleurs précisé que la France a continué à faire croire aux Africains que ses troupes s’étaient retirées du territoire africain, mais ce n’est qu’un mensonge. Ce n’est qu’un jeu de dupe. « Des cinq territoires africains où les Français ont des bases, ils ont décidé de se redéployer sur 15 pays africains. Et on nous parle de retrait. Ce n’est pas un retrait, c’est un redéploiement de plus grande envergure. Ils ont créé ce qu’ils ont appelé le Commandement pour l’Afrique pour tricher un peu Africom des Américains. C’est la France qui finance, c’est la France qui recrute, c’est la France qui forme, c’est la France qui équipe, c’est la France qui dote pour déstabiliser nos pays. Malheureusement avec une naïveté déconcertante de certains chefs d’État Ouest africains. La France ne reculera devant rien pour atteindre son objectif. Je dis à Emmanuel Macron qu’il va échouer », a appuyé le Chef suprême des armées.

Le Président de la République a relevé que la France ayant constaté la réticence de certains pays européens à l’accompagner dans son entreprise funeste au Sahel, a décidé à travers ces mêmes mercenaires d’enlever systématiquement les ressortissants des pays occidentaux ou asiatiques, se trouvant dans l’espace confédéral. « C’est l’œuvre de la France parce qu’elle pense qu’en agissant ainsi, elle peut décourager tous ces pays qui sont encore présents sur notre espace confédéral. On peut rappeler l’enlèvement, il y a moins d’un mois de cela, de deux émiratis et d’un iranien. Dès que la France constate que ces mercenaires perdent du terrain, elle trouve l’opportunité de provoquer des enlèvements pour exiger des paiements de rançon », a-t-il exposé.

Le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a, par ailleurs, martelé qu’aucun Nigérien ne sera esclave de salon, en dehors de ceux qui le sont déjà et qui ne sont plus Nigériens, puisque déchu de leur nationalité. « Donc, je ne les considère pas comme des esclaves des salons nigériens. Ce sont des esclaves de salons français puisque les Français leur ont donné la nationalité. Eux, ils se connaissent, vous, vous les connaissez, les Français les connaissent, nous laissons à l’histoire de les juger. Allez-y voir, écoutez ce qui se passe en France du fait que le Niger ait décidé tout simplement de reprendre son destin en main », a appuyé le Président de la République.
Enfin, le Chef de l’Etat a rappelé que la détermination du Niger est sans fin et que si Emmanuel Macron ne l’a pas compris qu’il le comprenne, car le Niger se défendra, puisqu’il en va de sa survie en tant que peuple, en tant que nation. « C’est de notre dignité qu’il s’agit, c’est de notre souveraineté qu’il s’agit alors que de l’autre côté il s’agit de leur prospérité qui a toujours été caractérisée par un esprit cupide et mesquin sans limite, un esprit sournois. La France toujours fait preuve de sournoiserie et elle continuera à utiliser de la sournoiserie, mais tant pis pour les âmes et les esprits faibles », a conclu le Président de la République.
Hamissou Yahaya (ONEP), Envoyé spécial
