Rencontre avec les PTF sur le bilan de mise en œuvre de la Décentralisation au Niger : «Nous avons connu des avancées mais aussi des insuffisances qu’il va falloir instamment prendre en charge pour y apporter les correctifs nécessaires», déclare SEM. Brigi Rafini

Economie
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Mesdames et Messieurs ;

Je voudrais vous souhaiter la bienvenue à laprésente rencontre et vous exprimer les appréciations du Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Issoufou Mahamadou. Votre présence effective à cette réunion est le symbole de votre attachement au processus de décentralisation et à l’approfondissement de notre cadre démocratique.

La décentralisation, faut-il le rappeler, est une option politique du peuple nigérien depuis les accords de paix de 1995. Elle est également un choix de gouvernance du Président de la République pour qui, la décentralisation est un des leviers que nous devons actionner pour réussir notre pari : celui de l’émergence du Niger. Vous comprenez alors tout l’entrain avec lequel depuis 2011, le Gouvernement s’est investi fortement pour faire bouger les lignes. Les lignes ont commencé effectivement à bouger à travers la mise en œuvre de diverses initiatives. J’e citerai notamment l’adoption et la mise en œuvre du Plan quadriennal (2018-2021) de transfert de compétences et de ressources de l’Etat aux collectivités territoriales. Je pourrais aussi citer l’amorce de la mise en place de la Fonction Publique Territoriale.

Mesdames et Messieurs,

Il ne fait pas de doute que le Gouvernement a réuni les conditions de succès du processusde décentralisation avec le renforcement de l’arsenal juridico-administratif. Entre autres dispositifs que le Gouvernement a adoptés figurent :

– la Politique nationale de la Décentralisation ;

– la Politique nationale de la formation des acteurs de la Décentralisation ;

– la Fixation des règles relatives à la Déconcentration au Niger ;

– la Fixation de la répartition des produits de certains impôts et taxes rétrocédés par l’Etat aux collectivités territoriales ;

– la Fixation des modalités de répartition des recettes pétrolières et de raffinage concédées par l’Etat aux Communes et Régions concernées ;

– la Fixation des modalités d’alimentation et de gestion des fonds de péréquation.

Ce sont là desréformes majeures qui donnent au processus de décentralisation tout son sens et toute son utilité pour les populations qui attendent des services publics de proximité mais aussi de qualité.

Mesdames et Messieurs,

Après 15 ans de mise en œuvre de la décentralisation, le Gouvernement a senti la nécessité, j’allais dire l’impérieuse nécessité d’évaluer le chemin parcouru. Il s’agit pour le Gouvernement de disposer de supports pour asseoir les fondations d’une nouvelle politique de décentralisation plus ambitieuse en consolidant et en capitalisant les acquis jusque-là enregistrés. Cette évaluation a permis, plus spécifiquement :

• d’analyser le dispositif institutionnel de mise en œuvre de la décentralisation et d’apprécier sa cohérence avec les orientations stratégiques de développement de notre pays ;

• d’analyser le cadre juridique et apprécier les contraintes éventuelles qui limiteraient l’autonomie des collectivités territoriales y compris la maitrise d’ouvrage du développement local par ces entités ;

• d’apprécier les rôles des parties prenantes de la décentralisation et analyser le degré de fonctionnalité des organes de gestion, délibérants et exécutifs,  ainsi que les instances de concertation, locale et nationale, entre acteurs de la décentralisation et du développement local ;

• d’identifier les éléments de perspectives et faire des propositions, le cas échéant de recentrage de la politique de décentralisation ainsi que du cadre institutionnel qui sous-tend sa mise en œuvre.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais particulièrement me réjouir de ce que cette évaluation a été conduite de manière participative et itérative en impliquant l’ensemble des acteurs à tous les niveaux : national, régional et local. Le document final, une fois adopté par le Gouvernement, constituera un outil d’aide à la décision pertinent pour donner un nouveau souffle au processus de décentralisation. Nous avons connu des avancées mais aussi des insuffisances qu’il va falloir instamment prendre en charge pour y apporter les correctifs nécessaires. Un accent particulier sera mis sur la mise en œuvre du Plan de transfert de compétences et des ressources ainsi que l’accompagnement et l’appui conseil aux collectivités territoriales.

Nous devons nous atteler au renforcement des capacités des nouveaux élus qui seront installés bientôt en les outillant à mieux assumer leurs rôles et responsabilités.

Cette évaluation ne restera pas lettre-morte. Un plan d’action sera élaboré en vue d’opérationnaliser ses principales conclusions, et le cadre juridique mieux affiné. Ce sont autant de conditions nécessaires pour que les collectivités territoriales assument pleinement leur mission de délivrance des services publics de proximité au profit des populations à la base.

Avant de conclure monpropos, je voudrais réitérer tous mes remerciements et ceux du Gouvernement à nos Partenaires pour leur accompagnement constant dans la mise en œuvre d’un chantier particulièrement important pour renforcer les conditions de développement local, rapprocher l’administration des administrés et renforcer la démocratie à la base. Ce chantier est aussi un chantier du futur sur lequel nous devons continuer à investir. J’invite alors nos partenaires à continuer leur investissement dans ce secteur qui conditionne en partie le présent et le futur de notre pays.

Sur ce, je déclare ouverte la rencontre sur le bilan de mise en œuvre de la décentralisation au Niger.

Je vous remercie.

ONEP