Mme Djanabou Mahondé (au centre) présidant l’ouverture de l’atelier
Le Bureau de la coordination des Nations unies au Niger, sur financement du Fonds des Nations Unies pour la Sécurité Humaine à travers son programme Illimi Niger, organise, du 1er au 12 juin 2026 à Niamey, un atelier de renforcement des capacités de cent-quarante acteurs en intelligence artificielle appliquée à la sécurité humaine. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de transformation du Système des Nations Unies à travers l’approche UN 2.0, qui encourage une utilisation plus stratégique des données, du numérique, de l’innovation et de l’intelligence artificielle, pour accélérer l’atteinte des Objectifs de Développement Durable.
Durant les douze jours de formation, les participants repartis en quatre cohortes verront leurs compétences renforcées dans l’utilisation des données pour la prévention, l’atténuation et la réponse aux crises. Les participants proviennent des structures partenaires de mise en œuvre du Programme Illimi au Niger, notamment le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, la Direction Générale de la Planification et de la Programmation du Développement, la Cellule d’Analyse Stratégique Economique, Financière, Sociale et Environnementale, l’Institut National de la Statistique et l’Agence Nationale pour la Société de l’Information.
Dans son intervention à la cérémonie officielle de lancement des travaux de l’atelier intervenue hier, lundi 9 juin 2026, la Coordinatrice résidente du Système des Nations Unies par intérim au Niger, Mme Djanabou Mahondé, a indiqué que cette activité marque une étape importante dans la mise en œuvre du programme Illimi Niger. « Nous vivons une époque de transformations profondes. Les crises que traversent nos sociétés, qu’elles soient sécuritaires, humanitaires, climatiques ou alimentaires sont de plus en plus complexes, de plus en plus rapides, et de plus en plus interconnectées. Face à cette réalité, la capacité à collecter, analyser et utiliser les données de manière intelligente n’est plus un luxe. C’est une nécessité stratégique », a-t-elle insisté.
Mme Djanabou Mahondé a indiqué que Illimi Niger s’attache à construire une plateforme de données multisectorielles, un espace de référence partagé entre le gouvernement et le Système des Nations Unies, pour mieux anticiper les crises, orienter les politiques publiques, et protéger les populations les plus vulnérables. « En quatre cohortes de vingt-cinq participants, réunissant des expertes et experts des institutions nationales et du Système des Nations Unies, nous allons explorer ensemble comment l’intelligence artificielle peut devenir un véritable outil de travail quotidien au service de la sécurité humaine », a-t-elle poursuivi.

Elle a aussi indiqué que les participants à la formation représentent l’avenir de la prise de décision fondée sur les données au Niger. « Ce que vous allez apprendre ici, vous ne le garderez pas pour vous : vous deviendrez des relais, des formateurs, des ambassadeurs de cette nouvelle manière de travailler au sein de vos institutions. C’est en cela que cette formation est stratégique : elle ne forme pas seulement des individus, elle construit une communauté de pratique durable. En investissant aujourd’hui dans les compétences, les données et l’innovation, nous investissons également dans une gouvernance plus efficace, une meilleure prévention des crises et un avenir plus résilient pour les populations du Niger », a-t-elle précisé.
Le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, le Général de Brigade Amadou Didili, a souligné que la formation vise à placer la connaissance, les données et l’intelligence collective au cœur des réponses aux défis sécuritaires. « Notre pays fait face à des défis économiques, sociaux et sécuritaires. Pour mieux les comprendre, les analyser en vue d’anticiper et d’apporter des réponses adaptées et efficaces, la mise en place d’outils modernes s’avère nécessaire », a-t-il ajouté. L’intelligence artificielle, a-t-il souligné, peut permettre d’apurer les données stratégiques afin de contribuer efficacement à la mise en œuvre et au suivi évaluation du Programme de la Refondation de la République.
Cette formation, selon le Général de Brigade Amadou Didili, renforcera la collaboration entre les institutions nationales et le Système des Nations Unies. Il a exhorté à tirer le meilleur profit des échanges afin que les connaissances acquises contribuent à améliorer et renforcer l’efficacité des interventions sur le terrain. « Veuillez utiliser l’intelligence artificielle avec éthique, rigueur et responsabilité, afin qu’elle serve d’outils au service du progrès », a-t-il martelé.
Outiller les cadres des institutions partenaires de Illimi Niger
Pour l’ingénieur en génie civil Ibrahim Abdoul Majid, Chargé de programmes à la Banque mondiale, le premier aspect de l’approche IA est de savoir sa dimension. « Une fois qu’on connait la dimension, on pourra prendre les dispositions pour l’intégrer dans nos activités de tous les jours. C’est vrai que les gens ont des tonnes de documents, et au fur et à mesure qu’on les utilise, l’intégration de l’outil l’IA pourra permettre un temps de parcours assez limité. Ça permettra d’orienter les patrons en tant que décideurs à prendre les bonnes décisions, parce que les documents ont été synthétisés grâce à une IA qu’on amène à contribution avec des prérequis pour une meilleure assimilation et une prise de décision », a-t-il dit.
La chargée de programmes de l’UNFPA Diffa, Mme Falmata Yacouba, a soutenu qu’étant une plateforme nationale, ‘’ILLIMI’’ donne accès à des informations réelles pour les réalisations que les acteurs ont eu à faire sur les plans national, régional, communal et départemental. « Son déploiement au niveau local, ça va nous permettre d’avoir les données fiables qui reflètent la réalité de ce qui a été fait. Ça va permettre aussi aux bénéficiaires d’avoir une vue exacte de ce que les acteurs ont eu à faire. Ça va leur permettre d’orienter les futures actions », a-t-elle souhaité.
Selon le consultant international en intelligence artificielle, M. Idriss Laouali Abdou, le potentiel des cadres nigériens est énorme. « Sur les deux jours où on a eu à échanger sur les possibilités et les opportunités … j’ai vu beaucoup qui s’y sont appropriés. Mais, ce qui est hyper important, on a vu des gens venir sceptiques sur ces outils là, mais aussi à Perreux par l’impact que ça peut avoir sur le métier … D’ici six mois, on espère avoir une adoption de cet outil ‘’ILLIMI’’ qui aide à avoir des données, des informations sur la sécurité humaine auprès des institutions. On espère avoir une cohorte de personnes qui ont implémenté les solutions dans leurs métiers, qui ont gagné en temps et aussi en productivité qu’avant cette formation. C’est comme ça qu’on espère avoir de l’impact », a-t-il expliqué.
Farida. A. Ibrahim (ONEP)
