Séminaire Scientifique de l’Association Nigérienne de Droit Constitutionnel : Les spécialistes dissèquent les liens entre le droit, le pouvoir et la politique

Société
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Le Recteur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey Pr Saidou Mamadou a présidé, hier matin à l’hôtel Bravia de Niamey, la cérémonie d’ouverture du Séminaire Scientifique organisé par l’ ’Association Nigérienne  de Droit Constitutionnelle (ANDC) sous le thème « droit, pouvoir et politique ». C’était en présence du représentant de la Fondation Hanns Seidel, des responsables de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, de l’Université de Tahoua et des partenaires.

Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le Recteur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey  a d’abord rappelé que ces assises vont permettre  entre autres objectifs d’identifier les différents  mécanismes par lesquels le droit est instrumentalisé par le pouvoir politique, cerner les situations politiques dans lesquelles le droit a une  vocation sinon purement, du moins largement, instrumentale ; comprendre les mécanismes par lesquels le droit encadre le pouvoir et la politique ; identifier les mécanismes par lesquels le droit  contrôle le pouvoir et la politique dans leurs dimensions institutionnelles ; relever les mécanismes par lesquels le droit contrôle l’activité normative des pouvoirs politiques. Il a souligné que les rapports entre droit, pouvoir et politique sont animés par une tension dynamique qui peut être considérée comme congénitale du fait que le pouvoir, pour être stable,  doit  s’exprimer  à travers le droit ; de même que la politique emprunte les voies du droit pour atteindre  ses objectifs, tandis que le droit se pose comme la mesure et la  limite du pouvoir et de la politique.

Auparavant, le représentant régional  Afrique de l’Ouest/ Sahel  de la Fondation Hanns Seidel Dr Klaus Grûtjen  a noté que le droit, le pouvoir et la politique constituent trois pôles de la vie en société, en communauté pouvant quelque fois  paraître  comme des éléments opposés, mais qui sont en fait complémentaires, interdépendants et même indispensables. En outre, il a indiqué qu’au niveau de l’Etat, le regard sur leur structuration, leur fonctionnement et leurs interactions  a un dénominateur commun qu’est la constitution. En tant que loi fondamentale, la constitution  a pour mission de déterminer les relations et interactions, d’établir  l’équilibre, de définir les rapports de force et même une « pondération  fonctionnelle » entre ces facteurs a-t-il déclaré. Il  a par ailleurs souligné que les impacts des travaux scientifiques de l’ANDC se manifestent dans la rédaction continue  des constitutions des Etats de la région dont il assure la représentation. Dr Klaus Grûtjen  a par ailleurs dit que certains problèmes constitutionnels relevés  au cours des conférences de l’ANDC et des travaux  de recherche menés  autour de son action  ont laissé de leurs empreintes  dans la rédaction des nouvelles  constitutions ou de leurs amendements. «  La Fondation Hanns Seidel  est fière d’être  en partenariat  avec l’ANDC pour accompagner cette démarche  de soutenir le constitutionnalisme  et l’évolution continue du droit constitutionnel sur notre continent voisin et partenaire, l’Afrique » a-t-il indiqué.

Quant au président  de l’ANDC Pr. Oumarou Narey, il a rappelé que «   pouvoir, droit, politique » sont consubstantiels à toute société  humaine organisée autour des valeurs qui en constituent les outils nécessaires de sa gestion ou de sa régulation dans l’objectif de l’atteinte du bien commun de ses composantes. Ils divergent de par leur nature, mais s’entremêlent bien souvent a-t-il précisé. « Ainsi, si le pouvoir politique peut exister  dans toute société ou association humaine, le pouvoir politique, qui nous préoccupe ici, est intimement  lié à l’Etat » a-t-il déclaré.

 Laouali Souleymane(onep)