La grande roue, un des symboles de la ville de Tianjin
On ne peut pas séjourner à Tianjin sans être impressionné par la coquetterie de la ville et ses gratte-ciels lumineux. Pour apprécier le génie créateur d’une métropole transformée en véritable objet de beauté, les journalistes participant au Programme de formation du Centre international de communication de la presse chinoise (CIPCC) ont été conviés le jeudi 28 mai 2026 à une sortie intitulée « Tianjin by night », une façon de découvrir la ville sous son visage nocturne.
Cette immersion nocturne, débutée à 20h, à bord d’un bus puis d’une croisière sur la Haihe, a permis de toucher du doigt le projet d’amélioration et de réaménagement de la rivière, considérée par les autochtones comme le cœur et l’âme de Tianjin. La nuit à Tianjin, c’est tout simplement le reflet d’une Chine qui a atteint le summum du développement et qui écoute et répond aux attentes de sa population.
Selon le guide de cette sortie, M. Xu Lei, la « culture fluvio-maritime » de Tianjin est particulièrement singulière. La Haihe, plus vaste réseau hydraulique du nord de la Chine, traverse la ville comme un dragon. Ses cinq grands affluents — les rivières Ziya, Daqing, Yongding, le Grand Canal du Sud et celui du Nord — se jettent dans la mer de Bohai, formant le magnifique paysage du « confluent des neuf rivières ». Cet avantage géographique a fait de Tianjin, depuis l’Antiquité, un carrefour majeur pour le transport fluvial par chalands et un hub maritime.
Les grandes rivières se rejoignent au confluent Sancha pour former un cours d’eau relativement large qui se jette dans la mer de Bohai. Longue de 73 kilomètres, la Haihe traverse la ville comme une élégante ceinture de jade, la divisant en deux et créant une structure urbaine unique d’«une rivière, deux rives », à l’image du fleuve Niger qui traverse Niamey.

Quand on parle de la Haihe, on ne peut pas ne pas mentionner ses ponts. Il y en a des dizaines, et chacun a sa propre histoire. Tianjin est vraiment un « musée des ponts ». Du pont Jiefang, qui peut s’ouvrir et se fermer depuis plus d’un siècle, au pont Shizilin avec ses lions de pierre aux postures variées. La grande roue communément appelé l’«œil de Tianjin », attire toutes les attentions car elle est l’une première à être construite au-dessus d’un fleuve et à intégrer roue et pont en un seul ouvrage. Cette grande roue n’est pas seulement un monument emblématique de Tianjin, mais aussi une merveille de l’histoire architecturale.
La croisière, une économie nocturne dynamique et durable
Au milieu de la balade, de l’ambiance des spectacles, c’est toute une économie qui tourne et se crée. Plus le bateau avance au cœur du paysage, plus l’expérience devient unique. Les rives illuminées, les multiples bateaux qui se croisent, créent une autre ambiance. Les passagers admirent, chacun à sa manière, le paysage nocturne de Tianjin et le projet d’aménagement et de rénovation des berges de la Haihe.
M. Xu Lei a rappelé que la croisière de la Haihe est gérée par un groupe touristique de Tianjin, fondé en 2009 et coté au marché des PME chinois. Il compte aujourd’hui 6 quais en service et 29 bateaux, accueillant 1,5 million de visiteurs par an. Le groupe résume le développement de l’économie nocturne de la Haihe en quatre points : « orientation politique, planification préalable, dynamisation des formats et valorisation culturelle ». En 2025, les activités de croisière ont affiché un chiffre d’affaires de 115 millions de yuans, soit 9,65 milliards de francs CFA, avec un bénéfice de 50 millions de yuans, soit 4,19 milliards de francs CFA. Pour répondre à la demande de loisirs qui augmente considérablement, les responsables ont affirmé que d’ici l’année prochaine, le nombre de bateaux passera à 36 et le nombre de places de 2 700 à 3 500.

La croisière utilise des bateaux à énergie électrique, écologiques, silencieux et plus confortables. Ces navires s’inscrivent dans une démarche de développement durable pour protéger l’environnement. « Tianjin appartient à la Haihe, et la Haihe appartient à ses emblèmes » rapporte le guide. Le long des rives, six siècles d’histoire ont laissé un patrimoine paysager exceptionnel. On découvre l’église Wanghailou, édifice gothique classé monument historique national construit en 1869, ou encore la Rue de la Culture Ancienne, site touristique 5A de 687 mètres de long.
Sur les rives, 877 bâtiments historiques sont protégés, formant une « exposition architecturale du monde en plein air ». Chaque pont accueille des artistes locaux qui animent la vie citadine. Et lorsque les bateaux passent les occupants ivrent de joie n’hésitent pas à danser.
Des confrères témoignent
Au fil de la navigation, les journalistes ont aussi admiré d’éléments et aspects qui sortent de l’ordinaires sur la Haihe notamment la ligne d’horizon, les tours lumineuses de Jinmen et Jinta, le pont Daguqiao avec ses deux arcs asymétriques, le pont Jiefangqiao emblème centenaire, et la Place Jinwan, considéré comme la vitrine urbaine de la ville. Pour certains confrères, la nui Tianjin devient un miroir, une autre ville que celle du jour.

Pour Nadège Yamego, journaliste à Sidwaya (Burkina Faso), cette émersion a été riche en expérience. « En tant que journaliste africain, j’ai été impressionnée par la richesse culturelle mais aussi par le dynamisme économique que l’on perçoit à travers le paysage urbain de Tianjin. Cette croisière de nuit a été pour moi bien plus qu’une activité touristique. Elle a constitué une véritable immersion dans l’identité de Tianjin. Je repars avec l’image d’une ville élégante, accueillante et moderne », confie-t-elle.
Pour M. Getahun Assefa Tessema, journaliste senior à Ethiopian Broadcasting Service, « la ville de Tianjin est tout simplement magnifique. Il faut saluer les efforts qui ont été consentis à tous les niveaux pour faire de cette ville ce qu’elle est devenue aujourd’hui ».
Avec l’aménagement continu des rives de la Haihe, la rivière devient de plus en plus le lien entre Tianjin et le monde. Les spectacles de lumières et les gratte-ciels scintillants de néons qui bordent la rivière ajoutent un charme infini à cette traversée nocturne.
Abdoul-Aziz Ibrahim,
à Tianjin
