samedi 31 octobre 2026

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Tontine des vivres à Niamey : Un moyen de subsistance pour de nombreux foyers

· ONEP NE
Des produits alimentaires au coeur de la solidarité sociale
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La tontine des vivres, appelée communément «atchi gwagwa» ou «atchi kwakwa», signifiant manger beaucoup ou à satiété, est une forme d’épargne collective très répandue à Niamey. Contrairement aux tontines classiques d’argent, son objectif est de garnir le panier de la ménagère pour sécuriser l’alimentation du foyer. Les membres se réunissent chaque semaine ou mois. Au lieu de cotiser uniquement de l’argent, elles apportent des denrées alimentaires et des produits de première nécessité, à savoir le riz, l’huile, etc.

Au quartier Banifandou 1 de Niamey, nous avons rencontré les membres du groupement de Mme Roukaya Moumouni Karimou. Avec 36 membres, le groupement a deux ans d’activités. Les membres ont une période de versement hebdomadaire. Le bénéficiaire est choisi selon un tirage au sort. Mme Roukaya Moumouni Karimou, la présidente, précise que la sélection des membres pour la tontine se base sur des critères stricts de confiance et chaque membre doit d’abord être de bonne foi. Chaque semaine, la présidente prend bien soin de noter dans un cahier ce que chaque participante a apporté comme aliment pour que la même chose lui soit remise quand son tour viendra.

« Cette tontine nous a permis de nous réunir dans un esprit de cohésion sociale au sein du quartier. Partant de cette initiative, nous avons eu un cadre social d’assistance mutuelle », a confié la présidente du groupe. « En cas de cérémonie chez un membre du groupe, nous nous organisons pour faire la cuisine, assurer le partage du repas et tous les travaux similaires, sans avoir recours au service des prestataires », a-t-elle ajouté. Cependant, elles rencontrent des obstacles dans la marche de leur activité. « Au début de la tontine, tout marchait bien quand certaines ont commencé à accuser du retard dans le versement, prétextant ne pas avoir de l’argent. Des fois, je suis obligée de faire le versement pour ne pas humilier la personne », a-t-elle déploré.

Mme Aichatou Issaka est membre de cette tontine. La tontine a été initiée avec elle. Avec deux années d’exercice, cette tontine lui a permis de garnir son panier en lui apportant des aliments de première nécessité tels que le couscous, le lait, la farine de blé, les boites de sardine. Elle profite également pour collectionner des couches pour son bébé. « Le seul problème que nous rencontrons est que certaines bénéficiaires dès qu’elles arrivent à prendre, elles disparaissent et ne participent plus à la cotisation », a expliqué Mme Aichatou Issaka.

Au quartier Djidda-Boukoki, toujours à Niamey, Mariama Maazou, gère un autre groupe depuis plus d’une année. Leur mode opératoire est la rencontre chaque décade. Leur groupement dispose également d’un critère d’adhésion basé sur la confiance. Les produits autorisés sont le savon, les spaghettis, le couscous, le lait en poudre, la mayonnaise. La présidente a interdit l’enregistrement de certains produits comme le riz, de peur que les femmes ne prennent dans leurs provisions familiales.

« Cette tontine nous permet de remplir nos paniers. Au besoin, la personne peut aussi donner à quelqu’un qui est dans le besoin. Le problème que nous rencontrons est que certaines bénéficiaires refusent de verser à leur tour. Nous avons sympathisé avec les femmes du quartier, au début chacun vivait dans son coin mais, grâce à cette tontine, il y a une bonne entente entre nous. A la fin de la tontine, nous organisons une fête au cours de laquelle nous portons un uniforme », a expliqué Mariama Maazou.

Djamilatou Sandagou

(ASCN)