Au cours des échanges
Le ministre de la Justice, et des droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, poursuivit la série de visites qu’il a entreprises depuis quelques semaines dans les institutions relevant de son département ministériel. C’est ainsi qu’il s’est rendu, le lundi 2 mars 2026, au tribunal de commerce de Niamey pour s’enquérir du fonctionnement des services, identifier les principales difficultés de fonctionnement du tribunal et envisager des solutions à court, moyen et long termes.
Après la visite des locaux, le ministre en charge de la Justice a partagé avec le personnel des constats de dysfonctionnement sur la base du vécu, des rapports et des témoignages reçus ainsi que des plaintes et des dénonciations des usagers et des services publics de la justice qui parviennent au cabinet.
Selon lui, les principaux dysfonctionnements, nonobstant la complexité des affaires commerciales au Niger et qui nécessite une meilleure définition des compétences pour éviter les incompétences, incluent des incompétences matérielles soulevées lors des procédures ; des retards de traitement dus à la prise en charge des dossiers et des conflits de compétence avec le tribunal de grande instance.
Les échanges ont également porté sur le fonctionnement du tribunal de commerce, notamment le traitement des dossiers, le rapport de travail et de collaboration entre les différents acteurs de la justice, le contrôle hiérarchique, les comptes rendus à des niveaux supérieurs, les rapports avec les usagers du service public de la justice, le respect des horaires, etc.
Le ministre a insisté sur le respect de la hiérarchie car, selon lui, les magistrats se comportent comme des électrons libres et ne prennent pas souvent le soin d’informer de manière formelle la hiérarchie. Il a également mentionné le refus par les magistrats et les greffiers de rejoindre leurs postes en cas d’affectation. A ce niveau, dans les discussions il ressort que 68% du personnel greffier servent à Niamey pendant que les autres régions sont en sous-effectif.
Le tribunal de commerce, a expliqué le ministre de la Justice, est la vitrine de l’Etat, car c’est avec celui-ci que l’extérieur juge l’économie du pays. C’est pourquoi, il appelle le personnel à un changement de comportement compatible avec les exigences de la refondation prônée par les autorités du pays.
Le président du tribunal de commerce de Niamey a présenté de manière succincte le travail abattu par le personnel. En ce qui concerne les affaires contentieuses, sur 375 affaires, 52 ont été conciliées, 38 radiées, 240 jugées et 228 rédigées. S’agissant des affaires référées sur 206 affaires, 19 ont été radiées, 182 sont jugées et 168 sont rédigées. Il a exposé au ministre les difficultés pour lesquelles le tribunal a souhaité la mise à disposition d’un agent informatique et le remplacement de deux magistrats affectés récemment.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
