Cérémonie de levée du corps de Feu Abdallah Wafy, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Niger à Washington : Hommage national à un homme qui a servi la police et la diplomatie nigérienne avec dignité et honneur

Société
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Le Président de la République, SEM Issoufou Mahamadou, a assisté, hier matin à l’Hôpital Général de Référence de Niamey, à la levée du corps de Feu Abdallah Wafy, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Niger à Washington, décédé le 16 décembre 2020 à Niamey. A cette occasion, son frère et ami ancien ambassadeur de la République du Niger à Ankara (Turquie) M. Adam Abdoulaye Dan Maradi, lui a rendu un dernier hommage à travers l’oraison funèbre qu’il a lue en présence des présidents des Institutions de la République, de plusieurs membres du gouvernement, de l’ambassadeur des Etats Unis au Niger, des membres de la famille du défunt et plusieurs invités.

Apres la Fathia dite par le président de l’Association Islamique du Niger pour le repos de l’âme de Feu Abdallah Wafy, le Président de la République s’est recueilli devant la dépouille du défunt. Par la suite la délégation présidentielle s’est rendue au domicile du défunt afin de présenter des condoléances à la famille.

Dans l’oraison funèbre, l’ancien ambassadeur de la République du Niger à Ankara Adam Abdoulaye Dan Maradi a indiqué que ce grand commis de l’Etat qu’est Feu Abdallah Wafy a servi la police et la diplomatie nigérienne avec dignité et honneur, comme en témoigne, a-t-il dit, les nombreux messages qui fusent de partout. En effet, a-t-il poursuivi, Feu Abdallah Wafy, marié et père de 5 enfants, a toujours été un homme sociable et dévoué, bien que souvent mal compris, car très exigeant. «Exigeant il l’était, vis-à-vis de lui-même et de sa famille, il fut un père rigoureux, très soucieux de l’éducation de ses enfants» a précisé M. Adam Abdoulaye Dan Maradi.

Né le 24 février 1955 à Niamey, le Commissaire Général de police à la retraite, Abdallah Wafy est titulaire d’une maitrise en droit de l’université du Benin au Togo, option carrière judiciaire. Apres quelques hésitations entre le barreau et la police, il finit par se résoudre à respecter sa programmation. Première promotion d’Universitaires programmée après le Bac pour la police, il effectue un stage de formation de commissaire de police à l’école supérieure de Police de  Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, dans le Grand Lyon en France d’où il sort nanti d’un diplôme. De retour de sa formation, feu Abdallah Wafy fut versé dans le cadre de l’administration générale, en qualité de directeur administratif le 23 Mai 1981, et nommé directeur de l’Ecole Nationale de la police de Niamey.

Malgré son jeune âge, il fut très vite remarqué par le Président de l’époque, Seyni Kountché qui décida de lui confier la direction de la coordination à la Présidence de la République du Niger. «Oui à cette époque Abdallah, tu faisais peur, pourtant il suffisait juste de t’approcher pour découvrir ta grande bonté, ton sens de l’humour unique suffisait pour décrisper les situations les plus tendues. Hélas, tu seras victime de ton innocence et ceci te vaudra un limogeage, un éloignement momentané de l’administration après un court passage à la direction administrative et financière de la Sureté Nationale» a-t-il  rappelé. A la grande satisfaction du Vieux Wafy, tu t’es reconverti dans les affaires, une situation dans laquelle il se sentait très mal à l’aise tellement l’Etat et la chose publique lui collait à la peau.

Ce qui d’ailleurs n’échappa pas au Président Ibrahim Baré Mainassara, qui fera de nouveau appelle à ses compétences en le nommant conseiller en matière de sécurité à la présidence dès 1996. Ainsi reversé dans le cadre de la police, il gravit les échelons ci-après : Commissaire Principal de police le 23 juin 1992, Commissaire Divisionnaire le 23 juin 1998, Contrôleur Général de la Police le 23 juin 2004, Inspecteur Général de police le 23 juin 2006, Commissaire Général de police le 23 juin 2016.

Elevé au grade de Chevalier de l’Ordre de Mérite du Niger le 19 octobre 2010, infatigable serviteur de l’Etat, selon l’ancien ambassadeur du Niger à Ankara, Abdallah Wafy accepta en 1999 de s’essayer dans la diplomatie par sa nomination en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Niger en Lybie. En effet, souligne M. Dan Maradi, il s’agissait à cette époque, d’un poste très délicat et particulièrement difficile. «Il s’est acquitté de cette fonction de façon remarquable et mémorable. A son retour il fut nommé coordinateur du Projet Carte d’identité national avant d’occuper le poste d’inspecteur général de la police» a-t-il salué.

A partir de 2006, Feu Abdallah Wafy est parti pour une nouvelle aventure dans le système des Nations Unies, d’abord à l’ONUCI en Côte d’Ivoire, puis détaché auprès de la mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO), où il finit par être adjoint au représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en charge de l’Etat de droit et des opérations à l’Est de la RDC. Ainsi, la consécration de cette riche expérience cumulée aux relations personnelles qu’Abdallah a su tisser dans la sphère des Nations Unis fut sa nomination en 2015 en qualité d’ambassadeur représentant permanant du Niger auprès des Nations Unis à New York.

«Assurément, sa parfaite connaissance des rouages du Système des Nations Unies, et son sens élevé des relations humaines ont été d’une contribution indéniable pour l’élection avec brio du Niger au Conseil de Sécurité en qualité de membre non permanent» a soutenu M. Adam Abdoulaye avant d’ajouter «à la faveur de la redynamisation de la coopération entre le Niger et les Etats Unis d’Amérique, le Président de la République du Niger SEM Issoufou Mahamadou a pensé à toi pour l’intensification et la diversification des relations avec les Etats Unis en te nommant en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Niger à Washington, poste que tu occupas jusqu’à cette date fatidique du 16 décembre où la mort t’arracha à l’affection de ta famille, de tes collègues et  amis. Au moment de t’accompagner à ta dernière demeure je te dis va, va sans te retourner avec la conviction d’avoir bien joué ta partition ici-bas», a conclut M. Adam Abdoulaye Dan Maradi.

Par Aminatou Seydou Harouna(onep)